Le Sureau

Le sureau, en particulier le sureau noir, est une plante qui a été tenu en grande estime dans les traditions du centre et du nord de l’Europe. Son nom latin, Sambucus, vient probablement du grec Sambukê qui désignait une flûte, car les tiges creuses du sureau, évidé de leur moelle, permettaient de faire de la musique. Jusqu’à des dates récentes, avant l’apparition des portables et autres Ipads, les enfants avaient pour habitude d’utiliser ces tiges creuses comme sarbacanes. De nos jours encore, les tiges de sureau servent à fabriquer des flûtes en Slovaquie. 

Les baies noires du sureau sont comestibles. Dans les pays nordiques, il existe le vin et le sirop de sureau fait à partir des fruits et des fleurs. Le sureau possède aussi des propriétés médicinales connues depuis l’antiquité. Il est notamment apprécié pour ses vertus purgatives, diurétiques, laxatives, et analgésiques. Les fruits ont également pu être utilisés comme encre pour l’écriture. 

Le sureau est un arbuste qui pousse dans les villages de manière abondante. Il se fait surtout remarquer lorsqu’il est en fleur ou bien lorsqu’il porte ses fruits. Cette plante avait la réputation d’abriter un génie ou une fée, des êtres surnaturels qui protègent les foyers auprès desquels se trouve le sureau. Les anciens Prussiens croyaient que leur Dieu de la terre et de la nature verdoyante, Puschkaitis, vivait sous un sureau. Cette croyance était également répandue au Danemark où Andersen en fit le sujet d’un de ses contes. Ce lien entre un Dieu de la terre et le sureau, nous donne un clair indice quant-à la relation symbolique entre cette plante et les notions sacrées de fertilité et d’abondance. En Allemagne et dans les pays nordiques, on n’aimait pas du tout devoir abattre un sureau, c’était même devenu un véritable tabou car ça ne pouvait qu’apporter du malheur. Une personne qui s’attaquait à un sureau pouvait voir sa maison brûler ou sa vie et celle de sa famille en danger. Pour s’approprier les faveurs de l’esprit vivant près du sureau, il était coutume de lui faire des offrandes de lait, de beurre, ou de bière. Ce génie ou cette fée donnait alors en échange ses pouvoirs de guérison et de protection à tous les membres du foyer. Sa protection était très efficace contre les mauvais esprits. Le sureau ornait durant le solstice d’été portes et fenêtres des maisons, un rite magique lui aussi en connexion avec la protection. Pendant le solstice, on préparait du saindoux avec des fleurs de sureau, un met censé éloigner les maladies durant le reste de l’année. 

Hathuwolf Harson

Source :

«Kleines Lexikon des Aberglaubens», Ditte und Giovanni Bandini