Le Pin

Le pin est un arbre qui appartient à la famille des «ever green», des «toujours-verts». Tout comme le sapin ou le houx, le pin reste vert en hiver alors que les autres arbres perdent leur feuillage. Il est à ce titre un symbole d’immortalité, il est le reflet de la vie qui ne meurt pas en hiver et de la promesse du printemps à venir. Le pin est selon la tradition lié au culte solaire et solsticial, ce qui semble confirmé par l’iconographie occidentale qui figure une pomme de pin entourée de deux coqs. Le coq est un symbole solaire dont le chant matinal salue le soleil levant, et dans ce contexte, il pourrait bien figurer les deux solstices. La sève du pin qui brûle particulièrement bien, fut souvent employée pour des offrandes de feu, un feu relié au culte des solstices. 

Dans la tradition gréco-romaine, la pomme de pin est un des attributs du Dieu Dionysos qui le tient tel un sceptre. La pomme de pin exprime dans ce contexte la permanence de la vie végétative dont le Dieu a la charge. Cette permanence est ici aussi liée au concept du «toujours-vert». De plus, elle représente l’exaltation de la puissance vitale et la glorification de la fertilité et fécondité qui sont les principales fonctions de Dionysos. 

Une nymphe que le Dieu Pan aurait aimée, fut transformée en pin et représenterait ainsi l’immortalité des végétaux et des animaux. Le pin était également consacré à Cybèle, Déesse de la fécondité. Dans le culte de Cybèle à Rome, le pin avait une place de choix où il symbolisait Attis, le Dieu mort et ressuscité, Attis étant l’époux de la Déesse Cybèle. L’historien et archéologue Franz Cumont décrivit la cérémonie romaine de la manière suivante :

«Un pin était abattu et transporté dans le temple du Palatin par une confrérie qui devait à cette fonction son nom de dendrophores (portes-arbres). Ce pin, enveloppé, comme un cadavre, de bandelettes de laine et enguirlandé de violettes, figurait Attis mort (l’époux de la Déesse) : celui-ci n’était primitivement que l’esprit des plantes et un très ancien rite des campagnards phrygiens se perpétuait, à côté du palais des Césars, dans les honneurs rendus à cet arbre de mars. Le lendemain était un jour de tristesse où les fidèles jeûnaient et se lamentaient auprès du corps du Dieu… Veillée mystérieuse… résurrection attendue… On passait alors brusquement des cris de désespoir à une jubilation délirante… Avec le renouveau de la nature, Attis s’éveillait de son long sommeil de mort et, en des réjouissances déréglées, des mascarades pétulantes, des banquets plantureux, on donnait libre cours à la joie provoquée par son retour à la vie.»

Hathuwolf Harson

Source :

«Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant