Le Noisetier

Noisettes chez les Celtes et les Germains...

Alors que chez les Grecs et Romains le noisetier ne semble pas avoir joué un grand rôle au niveau de la symbolique sacrée, dans la tradition païenne des Celtes et des Germains, oui, il a eu un rôle important. Dans ces deux traditions, le noisetier et ses fruits revêtent un caractère hautement magique. 

Les anciens textes irlandais confirment cet aspect magique du noisetier chez les Celtes. Les druides et les poètes employaient comme support cet arbre pour leurs incantations rituelles, élément qui nous plonge au plus profond de la magie des Celtes et de leurs druides. Il est fort probable qu’en Irlande le bois du noisetier servait aussi à graver des Oghams, ces caractères magiques de la tradition celte. Un des caractères de cette écriture est d’ailleurs nommé d’après le noisetier, c’est le «Coll» (Voir lien à la fin). Les noisettes étaient considérées comme des fruits de la science et de la connaissance. Le noisetier symbolisait la patience et la constance dans le développement de l’expérience mystique, un rapport généré par ses fruits qui se font attendre. C’est une approche très spirituelle qu’offre l’aspect magique de cet arbre. Il devait donc très certainement exister un contact physique entre l’officiant et le bois du noisetier lors de certains rites du type méditation, pratiques chamaniques, ou incantations magiques. On peut facilement s’imaginer une amulette en bois de noisetier, ou même des noisettes, que l’officiant manipulait durant ses pratiques rituelles. Ce lien physique favorisait ainsi la connexion entre les différentes parties au niveau spirituel. 

Chez les Germains, on retrouve également cet aspect magique du noisetier, élément qui est nettement mis en avant. Les anciens lieux de culte païen des Germains, les bosquets sacrés (die heilige Haine) étaient marqués par la présence de nombreux noisetiers. Un véritable culte lui était probablement rendu tellement son caractère magique était fort. Le noisetier était connu pour sa puissante protection contre les mauvais esprits. Les forces du chaos cherchant toujours à causer des dégâts, il était bon d’avoir une branche de noisetier afin d’être protégé contre cette menace permanente. Certaines pratiques rituelles des anciens Germains ont survécu au travers des siècles dans la tradition populaire, et nous révèlent certains aspects de ces anciens rites dont les racines se perdent dans un passé très lointain. Dans certaines régions de l’Allemagne profonde, on croyait encore jusqu’à des dates récentes que porter avec soi un bout de noisetier ou une noisette, protégeait contre les influences néfastes, contre les accidents, et contre le risque de se perdre. Accrocher une branche de noisetier à l’entrée de la maison ou de l’étable permettait même d’être protégé contre les risques de foudre. Tout ce qui relevait en fait d’une force violente pouvait être freiné grâce à la force tranquille qui émane du noisetier. Cet arbre était aussi présent dans les rites dont le but est la réalisation d’un souhait. Un exemple de ceci se trouve durant la nuit du solstice d’été, nuit magique pendant laquelle il fallait entre autres marcher à reculons vers un noisetier, en prendre une brindille après avoir brisé par trois fois une branche. Sur cette brindille il fallait faire une incantation où l’on invitait le noisetier à réaliser avec force tous les souhaits exprimés. Par ailleurs, la tradition populaire germanique a également gardé le souvenir de l’utilisation des noisettes comme pièces divinatoires. Les noisettes semblent ainsi avoir servi dans des pratiques magiques pour connaître le sort que réservent les Nornes du destin. Mais contrairement aux runes, l’aspect divinatoire des noisettes semble s’être limité aux domaines de l’amour et du climat. Il est d’ailleurs encore coutume de croire que si les branches d’un noisetier portent beaucoup de noisettes, alors l’hiver sera rude. Il s’est aussi maintenu la coutume qui dit que six noisettes sur une branche sont un signe d’un prochain mariage.

Hathuwolf Harson

Sources :

«Kleines Lexikon des Aberglaubens», Ditte und Giovanni Bandini

«Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

Les Oghams=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.306259932846155.1073741845.230064080465741/411177389021075/?type=3&theater