Millepertuis

Le millepertuis se caractérise par ses fleurs jaunes et ses propriétés médicinales connues depuis plus de 2400 ans. Les fleurs cueillies durant l’été sont mises à macérer dans de l’huile d’olive. Les fleurs libèrent une substance rouge qui finit par colorer l’huile. Cette potion est efficace à plusieurs niveaux : anti-inflammatoire, cicatrisant, contre lesdépressions et contre les troubles de l’humeur, mais incompatible avec les problèmes cardiaques. 

On dit de cette substance rouge du millepertuis que ce serait le sang de saint Jean, élément confirmé par le nom allemand de cette plante : Johanniskraut, l’herbe de saint Jean. Comme tout le monde le sait, la Saint-Jean est la récupération chrétienne de la fête païenne su solstice d’été. Le Millepertuis est donc intimement lié aux forces solaires du solstice d’été. Il fait partie de ces nombreuses plantes qui donnent toute leur force magique durant la période du solstice d’été. Les anciens Grecs appelaient la plante le sang des hommes, la reliant symboliquement au sang et à la santé. Paracelsus au début du 16è siècle disait qu’il fallait porter sur soi le millepertuis, le mettre la nuit sous l’oreiller, et même en décorer la maison, car son influence est hautement bénéfique. Ce n’est pas pour rien que les anciens lui donnaient le nom de «chasse-démons» étant donné que le millepertuis avait la réputation de contrecarrer les mauvais esprits. Ceci rejoint la symbolique solaire et ouranienne du millepertuis qui combat les forces chaotiques venues du monde obscur et chtonien. 

On disait aussi de cette plante qu’elle protégeait contre la foudre. Il fallait pour cela accrocher des branches de millepertuis aux fenêtres de la maison. Dans la région allemande du Sachsen-Anhalt existait l’histoire de foudres terribles qui s’abattaient sur une bonne partie du territoire. Les gens désespérés ne savaient plus quoi faire pour se protéger. C’est alors qu’une voix majestueuse sortie des nuées demanda «N’y-a-t-il donc plus aucune sage femme qui connaisse le millepertuis ?». Tous les habitants se mirent à cueillir du millepertuis, et, peu de temps après, le soleil brilla à nouveau. 

Cette plante joua aussi symboliquement un rôle dans les rites magiques liés à l’amour. En Bohème par exemple les jeunes filles frottaient dans leurs mains du millepertuis, mettaient ensuite le tout dans un tissu afin de le presser, tout en récitant une formule magique :

«Walcher-, Walcher-, Walchermut,

Bist mer gut, gibst mer Blut.

Bist mer gram, gibst mer Schlam».

(Pressage, pressage, pressage courageux,

Si tu es bon avec moi, tu me donneras du sang.

Si tu n’es pas bon avec moi, tu me donneras de la boue».

Si le jus pressé était rouge, la jeune fille savait que l’élu de son cœur l’aimait, et, si le jus était blanc, alors le jeune homme ne l’aimait point.

Hathuwolf Harson

Source :

«Kleines Lexikon des Aberglaubens», Ditte und Giovanni Bandini.