Le Lierre

De nos jours, le lierre est surtout connu pour décorer les façades de certaines maisons. Grâce à ses racines qui fonctionnent comme des ventouses, le lierre grimpe aisément le long de nos murs. Mais le lierre est bien plus que juste une plante décorative. Il était jadis également connu pour ses vertus médicinales, principalement comme un puissant purgatif. Aujourd’hui il continue à être utilisé au niveau médicinal car il entre dans les ingrédients de sirops contre la toux. Dans la Grèce ancienne, on faisait macérer des feuilles de lierre dans du vin, ce qui donnait un remède contre les empoisonnements et la dysenterie. Les Celtes et les Vikings s’en servaient pour conserver et clarifier la bière. Durant l’antiquité grecque, on disait aussi du lierre qu’il protégeait contre l’ébriété, ce qui est certainement une des raisons pour lesquelles on décorait les statues du Dieu Dionysos avec cette plante. On disait du Dieu qu’il se servait de lierre, comme de la vigne, pour plonger dans une transe mystique les femmes qui se refusaient à son culte. 

Mais, la relation très étroite entre le lierre et le culte au Dieu Dionysos, Dieu du vin et de l’extase, va bien au-delà de cette simple protection contre les effets du vin. Tout comme le Dieu qui représente la pérennité de la vie au travers de la saison morte, l’hiver, le lierre est une plante qui reste toujours verte, figurant ainsi la vie qui perdure en hiver et l’espoir de la force vitale qui renaîtra au printemps. Le lierre est la persistance du désir vital, du pouvoir de fécondation qui donne la vie. Ce lien entre Dionysos et le lierre est la marque symbolique d’une communion entre la plante et les forces vives de la terre. Cette connexion avec la terre est confirmée dans l’antiquité par le fait que l’on retrouve souvent des statues de Déesses ornées de lierre, ce qui représente le lien avec la Terre-Mère. Dans un autre contexte chtonien, le lierre est également consacré à Attis, dont Cybèle, la Déesse de la terre et des moissons, était amoureuse. Ici aussi, le lierre représente la promesse de la force vitale, et de plus, il symbolise le cycle sacré de la mort et des renaissances, le mythe de l’éternel retour. 

Hathuwolf Harson

Source :

« Dictionnaire des symboles », Jean Chevalier et Alain Gheerbrant