Ail

L’ail est connu pour ses vertus médicinales depuis l’antiquité, et à ce titre il fut utilisé de manière thérapeutique mais aussi sur le plan magique. L’ail avait comme vertu de repousser les maladies. Il fut par ailleurs surtout une plante magique qui était censée repousser les mauvais esprits ainsi que toutes les forces du chaos. La magie de l’ail permettait de faire fuir toute influence néfaste. Cette approche de l’ail prend ses racines dans la tradition gréco-romaine, une approche qui s’étendit aux traditions germaniques et slaves. C’est chez ces derniers d’ailleurs qu’est née la célèbre image du vampire repoussé par l’ail, le vampire n’étant rien d’autre qu’un mauvais esprit hérité d’anciennes traditions païennes. En Transylvanie jusqu’à des dates récentes, on mettait dans les berceaux des bébés trois gousses d’ail afin de protéger le nouveau-né. À partir du 15è siècle, cette coutume évolua quelque peu, car on prit alors l’habitude d’accrocher un collier d’ail au cou des enfants. 

Chez les Germains ont survécu quelques coutumes magiques liées à l’ail. On y constate le rôle important que pouvait jouer l’ail pour maintenir éloignés les mauvais esprits. En Brandenburg les parents avaient pour coutume de crier «Knoblauch Knoblauch» (ail ail) car ainsi ils protégeaient leurs enfants contre tout mauvais esprit. En Saxe, on avait l’habitude d’accrocher aux portes et un peu partout dans la maison des couronnes d’ail, protégeant ainsi le foyer et ses habitants contre les maladies et les influences chaotiques. Le mercredi de la semaine de pentecôte, il était recommandé de manger de l’ail car cela permettait de rester en bonne santé tout au long de l’année à venir. À Draguignan dans le Var, il existe une ancienne coutume très certainement héritée de l’époque gallo-romaine. Durant le solstice d’été, des gousses d’ail étaient rôties sur le feu que l’on partageait ensuite entre tous les foyers. 

Le symbolisme lié à l’ail remonte principalement à la tradition gréco-romaine. Pline avait noté que l’ail éloigne les serpents et protège de la folie. Chez les Grecs, pour faciliter la pratique de la chasteté durant les fêtes, les femmes mangeaient de l’ail. Le simple fait de prononcer le mot «ail» était un acte magique car ainsi on conjurait le mauvais sort. Il faut souligner ici que les Grecs de l’antiquité détestaient l’ail. Durant les fêtes rituelles du renouveau, fêtes à caractère dionysiaque, le principal personnage portait une couronne d’ail à la main comme on le ferait de nos jours avec un chapelet. À Rome, il était interdit d’entrer dans le temple de la Déesse Cybèle si l’on avait auparavant mangé de l’ail. 

Hathuwolf Harson

Sources: 

„Kleines Lexikon des Aberglaubens“, Ditte und Giovanni Bandini

„Dictionnaire des symboles“, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant