Les Pléiades

Au-delà de la Constellation...

Les Pléiades sont une constellation composée de sept étoiles. Rares sont les traditions païennes du monde qui ne font pas mention de cette constellation dans leurs mythes. En orient, en Amérique chez les Aztèques, les Mayas, et les Incas, au proche orient chez les Sumériens, les Babyloniens, les Assyriens et d’autres cultures païennes du même secteur géographique, en Océanie, en Inde, et, bien-sûr chez nous en Europe. Comme d’habitude, nous allons nous consacrer à notre héritage car c’est bien ce qui nous intéresse pour mieux comprendre toute la richesse de notre identité européenne antique. Dans le cas des Pléiades, nous pouvons être particulièrement fiers, car la plus ancienne représentation historique de cette constellation est européenne, elle nous vient de l’âge du bronze proto-germanique. Plus loin dans cet article, nous reviendrons bien-sûr en détails sur ce dernier point de cruciale importance. Mais dans un premier temps, c’est vers la tradition païenne de l’ancienne Grèce que nous allons nous tourner, car c’est elle qui nous offre l’un des plus beaux mythes concernant les Pléiades. Ensuite, nous verrons que cette constellation était une véritable horloge pour le calcul des cycles annuels.

 

Le titan Atlas et la nymphe marine Pléioné eurent sept filles…les Pléiades qui tirent leur nom de leur mère. Elles étaient sœurs de Calypso ainsi que des Hespérides. Ces premières données nous indiquent que ce mythe doit être très ancien, car il met en scène des Divinités antérieures aux Olympiens. Les sept Pléiades sont les suivantes :

  • Maïa, l’ainée, et mère du Dieu Hermès
  • Alcyone
  • Astérope
  • Céléno
  • Électre
  • Tagyète
  • Mérope, la benjamine.

Ces sept nymphes marines participaient du cortège d’Artémis, la Déesse vierge de la chasse. Comme cette dernière, elles cherchaient à préserver leur virginité. Elles étaient donc à l’origine très liées à l’aspect jeune de la Terre-Mère, ce que représente entre autres la belle Artémis. Les Pléiades devaient très certainement être de toute beauté car plusieurs Dieux les séduisirent, ce qui leur valut de perdre la virginité. Zeus, Arès, et Poséidon par exemple eurent des relations charnelles avec elles. Mérope fut la seule à ne pas avoir une relation avec un Dieu. Comme représentantes de l’aspect jeune de la grande Déesse, il était normal que les Dieux veuillent s’accoupler avec elles pour les féconder, et de perpétuer ainsi la loi cyclique de la vie. 

 

Atlas, leur père, fut châtié par le destin, lorsqu’il fut obligé de porter le monde entier sur ses épaules. Ses filles, les Pléiades, furent alors poursuivies durant cinq ans par Orion, un Géant chasseur lié également à la Nature dans son aspect jeune et indompté. Pour consoler les sept sœurs, Zeus, le roi des Dieux, les transforma d’abord en oiseaux, puis en étoiles. C’est dans ce ciel étoilé que l’on dit d’Orion qu’il les poursuit encore et toujours comme constellation stellaire. 

Lorsqu’on observe les Pléiades, seules 6 étoiles apparaissent de forme claire et évidente, la 7è est nettement moins visible, il s’agit de Mérope, car elle tente de s’occulter en raison de la honte après avoir maintenu des relations sexuelles avec un mortel du nom de Sisyphe, le fondateur de Corinthe. Selon d’autres versions, ce ne serait pas Mérope, mais Électra qui aurait délaissé sa place dans le firmament parce qu’elle était inconsolable de la défaite et destruction de la ville de Troie ; son fils Dardanus en avait été le fondateur. 

 

À présent nous allons voir que les Pléiades étaient bien plus qu’une simple constellation. C’est un des plus grands écrivains de l’antiquité grecque, Hésiode, qui, au 8è siècle avant l’ère commune, va nous mettre sur la piste. Voici sa citation tirée de son œuvre mythologique «Les Travaux et les Jours» :

 

«Commence la moisson quand les Pléiades, filles d'Atlas, se lèvent dans les cieux, et le labourage quand elles disparaissent ; elles demeurent cachées quarante jours et quarante nuits, et se montrent de nouveau lorsque l'année est révolue, à l'époque où s'aiguise le tranchant du fer. Telle est la loi générale des campagnes pour les colons qui habitent les bords de la mer ou qui, loin de cette mer orageuse, cultivent un sol fertile dans les gorges des profondes vallées.»

 

Cette citation nous permet de constater que les Pléiades servaient de repère céleste pour calculer les périodes cycliques liées à l’agriculture. Et en effet, l’astronomie nous confirme que cette constellation est visible dans l’hémisphère nord uniquement durant la période estivale, de Mai à Novembre, c’est en tous cas ce qui est visible de nos jours. 

 

Jusqu’à la fin du siècle dernier, il était admis que la plus ancienne représentation connue des Pléiades était d’origine sumérienne, une des plus ancienne civilisations du moyen orient. Ceci fut complètement bouleversé lorsque fut découverte une pièce archéologique majeure et de vitale importance pour notre passé européen. C’est en effet dans la région allemande du Sachsen-Anhalt que fut mis à jour le célèbre disque céleste de Nébra. On peut l’observer sur la gauche de l’image qui accompagne cet article. Cet objet cultuel de l’âge du bronze proto-germanique fut daté vers 2000 avant notre ère. Il est composé d’une barque solaire (sur le bas du disque), d’un soleil, d’un croissant de lune, et de nombreux points. Un de ces groupes de points qui se trouve sur le haut entre le soleil et le croissant de lune, fut clairement identifié par les archéologues comme une représentation de la constellation des Pléiades. 

 

C’est l’astronome de Hamburg-Bergedorf, Ralph Hansen, qui eût l’idée géniale d’observer de plus près le croissant de lune qui se trouve sur le disque. La largeur de ce croissant de lune est la première clé du mystère car cette largeur correspond au 4è jour après la nouvelle lune. Quelle signification pouvait donc bien avoir cette indication pour les anciens de l’ère du bronze ? Après une reconstitution au planétarium de Hamburg reproduisant ainsi le ciel nocturne de cette époque lointaine, Ralph Hansen s’est concentré sur la position de la lune par rapport aux étoiles. Il est apparu qu’un mince croissant de lune se trouvait près de la constellation des Pléiades. Si l’on rapporte la position de la lune à la position des Pléiades comme indiquée sur le disque, il ressort que 12 jours plus tard avec la pleine lune commençait le printemps. Nous sommes donc en présence d’une indication précieuse permettant de marquer exactement le début du printemps. 

 

Mais la réflexion de l’astronome ne s’arrête pas là. Car c’est un ancien texte en cunéiforme de Babylone qui allait lui donner une autre clé pour résoudre un des mystères du disque de Nébra. Ce texte, en effet, nous permet de comprendre un élément essentiel pour déchiffrer le disque. Il fait référence au problème qu’ont eu toutes les cultures dont le calendrier était basé sur la lune : le décalage entre année lunaire et année solaire. L’année solaire comporte 365 jours alors que le calendrier lunaire n’en comporte que 354. Le texte babylonien dit donc la chose suivante : durant le mois de printemps, lorsque les Pléiades et la lune se rencontrent après 4 jours suivant la nouvelle lune, il faut rajouter au calendrier lunaire un mois supplémentaire. C’est exactement ce que représente le disque de Nébra dans sa 1è phase : les Pléiades au 4è jour après la nouvelle lune. 

Grâce à cette précision dans le calendrier lunaire, il fut possible d’indiquer un moment crucial pour nos lointains ancêtres : celui qui annonce le temps des semences. 

 

Tout ceci piqua au vif la communauté des spécialistes de l’histoire des civilisations, car depuis le disque de Nébra, l’adage « Ex oriente lux » doit être remis totalement en question. L’archéologue Meller dit d’ailleurs à ce propos : « Nous avons dramatiquement sous-estimés les peuples de la préhistoire ! » Le détail qui dérange ceux qui veulent à tout prix faire passer nos ancêtres européens pour des brutes incultes, c’est que1000 ans avant ce texte babylonien, les « barbares » du Nord avaient déjà immortalisé en images sur le disque de Nébra la réponse-clé au problème du calendrier lunaire. Le génie européen est donc une réalité historiquement prouvée, n’en déplaise aux ennemis de l’identité culturelle européenne. Nos ancêtres du Nord construisaient en bois, leurs traditions étaient orales, et certes, cela pose évidemment de gros problèmes aux historiens. Mais ce n’est pas parce que cette culture leur échappe en partie, que cela voudrait dire qu’elle n’ait pas existé. Depuis trop longtemps, la mauvaise foi de certains historiens atteignait des sommets en tentant de faire passer l’idée que les Européens de l’âge du bronze auraient été des êtres culturellement inférieurs. 

 

Ainsi, nous pouvons mesurer toute l’importance que peut avoir un simple détail de nos mythes anciens, un détail qui nous met en émerveillement devant toute la profondeur symbolique que peut revêtir une constellation comme celle des Pléiades, un détail qui n’aura pas échappé au lecteur, et qui, je suis sûr, ne verra plus cette constellation avec les mêmes yeux. Car c’est tout naturellement que s’établit une relation sacrée entre le Païen et ces étoiles qui nous parlent d’un âge d’or de notre lointain passé. Et celui qui comprend son passé, seul celui-là, est clairement préparé pour affronter l’avenir et ses incertitudes.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • «Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
  • «Hoch und heilig», Friedrich Sander
  • Wikipedia - Pléyades

 

Lien :

  • Le Disque Céleste de Nébra=>https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305912312880917/312885882183560/?type=3&theater

 

Mardi 20 Novembre 2018