Les Mers et Océans

Dans toutes les traditions païennes l’eau a toujours eu une importante valeur symbolique. L’eau est la source originelle de toute vie. Dans les mythes germano-nordiques, l’eau naquit de la rencontre violente entre le monde du feu et celui de la glace. Et c’est donc de cette eau primordiale que surgit la vie. C’est une eau obscure, profonde et mystérieuse.Elle est l’origine de tout principe de fécondité. 

 

L’océan et la mer ressemblent à des étendues sans limites, et sont pour cette raison des images de l’indistinction primordiale. La traversée de telles eaux fut de tous temps associée à de grands périls, car le marin s’affronte à l’inconnu et au danger dans cette immensité qui n’est pas son élément naturel. La profondeur des océans est le symbole de l’inconscient humain, le symbole de cette partie occulte de notre esprit qui est dominé par les pulsions et par l’instinct. Cet inconscient occulte est figuré dans les mythes païens par les monstres marins et autres dragons aquatiques. Dans le panthéon celte des Irlandais, le Dieu Manannan est fils de l’océan, du Dieu Lir. Plus qu’une Divinité aquatique, Manannan représente justement la primordialité et la partie occulte de l’être divin, celui qui ouvre entre autres les portes de l’autre monde. 

 

Par son mouvement perpétuel, l’océan figure la dynamique de la vie, car le mouvement est l’étincelle de la vie. L’océan est un état de transition et de transformation. Tout vient de la mer, et tout y retourne. C’est le lieu de naissance, mais aussi celui de la mort et de la renaissance. En cela, on retrouve les principes de la Déesse-Mère qui donne la vie et qui la reprend. Ce dernier aspect se retrouve par exemple avec la Déesse germano-nordique Ran, épouse d’Aegir le Géant des Océans. Ran possède un profil assez lugubre car c’est elle qui attire dans son sombre royaume les marins morts par noyade. 

Mais cela ne devrait pas occulter le fait que l’océan est avant tout source de vie et d’abondance, ne serait-ce que par la pêche. C’est là une fonction principale du Dieu germano-nordique Njördr, non un Dieu de la haute mer, mais un Dieu des zones côtières. Il est responsable des bonnes pêches et de l’abondance. Dans la tradition gréco-romaine, on sacrifiait aux eaux de la mer des chevaux et des taureaux afin d’obtenir la fécondité nécessaire pour perpétuer la vie. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

"Dictionnaire des symboles", Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

«Animal-chamán – La sabiduría y los poderes mágicos y espirituales del mundo animal», Ted Andrews

 

Mercredi 1 Novembre 2017