Le Charbon

C’est en lisant un livre sur la géologie que je suis tombé sur des remarques très intéressantes sur le charbon, car ces dernières rejoignent des principes païens. Ceci a éveillé ma curiosité, et, je suis allé voir un peu ce que l’on dit du symbolisme du charbon. J’ai trouvé des données qui sans aucun doute sont de notre intérêt. Je les partage donc avec vous.

 

Ce n’est pas la première fois que j’ai pu constater que la science vient confirmer certaines connaissances de nos anciennes sagesses païennes. À propos de la géologie par exemple, on peut lire la chose suivante : «Probablement la meilleure définition que l’on puisse donner à la Terre est celle de «planète vivante». Et pas seulement à cause de la présence de la vie, mais aussi en raison de la dynamique géologique qu’elle exhibe. Une part de cette dynamique est la conséquence de l’existence d’une atmosphère et d’une hydrosphère qui sont chauffées par la radiation solaire. De cette forme se mettent en marche les processus externes comme les vents, la formation des nuages, et le mouvement des masses océaniques. Pendant ce temps, les processus internes comme les tremblements de terre, les volcans et l’élévation des cordillères sont le résultat de l’énergie apportée par l’intérieur de la planète. Ces deux sources de chaleur – le soleil et l’intérieur terrestre -, avec la collaboration de la gravité, sont la cause ultime de toute activité géologique de notre planète.» 

Ici la science reconnaît donc que notre Terre est vivante, ce qui rejoint des approches «scientifico-païennes» comme la théorie Gaïa née dans les années 80 du siècle passé. Pour nous Païens bien-sûr, il ne fait pas de doute que notre Terre-Mère, Gea, Dana, Nerþus, Jörðr, est plus que vivante…c’est un être divin à part entière. Il est fort triste par contre de voir que ses enfants, les humains, ont une forte tendance à oublier ceci en ne la respectant plus et en la blessant à tel point, qu’il est à craindre qu’un jour elle nous laisse tomber… Dans cette citation, il est aussi fait référence au principe de verticalité qui unit le monde chtonien (souterrain) au monde ouranien (céleste). En effet, la vie géologique n’est possible qu’avec la conjonction des forces solaires venues d’en haut et des forces telluriques venues d’en bas. Sans l’union du Ciel-Père avec Terre-Mère, la vie ne serait pas possible. 

 

Mais venons-en à présent au charbon. Nous connaissons à peu près tous les aspects négatifs du charbon, car tout comme le pétrole, ce sont des sources d’énergies fossiles très polluantes. Elles le sont surtout depuis l’industrialisation massive de notre société. Sans le charbon d’ailleurs, il n’aurait jamais existé de révolution industrielle, vu que le charbon fut pendant plus de deux siècles l’élément principal au niveau énergétique. On peut ainsi affirmer que le charbon nous a conduit à la société actuelle, une société où les progrès technologiques se sont développés de manière exponentielle, où le confort a atteint des sommets inimaginables pour nos ancêtres. Mais ceci a également eu des conséquences extrêmement néfastes comme la pollution, la surpopulation, et la mondialisation. Dans le livre en question, le titre d’un chapitre attira mon attention… «La révolution industrielle commença dans une jungle». Lorsqu’on sait qu’elle commença au 18è siècle dans les grandes villes d’Angleterre, on se demande logiquement de quoi il retourne. Ce titre fait en fait référence à l’origine de l’origine… l’origine du charbon sans qui la révolution industrielle n’aurait jamais eu lieu. Qu’est-ce-que le charbon donc ?

 

Le charbon est une roche fossile qui vient de la dégradation partielle de la matière organique des végétaux. C’est-à-dire qu’à la très lointaine époque du carbonifère, plus de 350 millions d’années, une grande masse de végétaux s’est déposée sur des fonds rocheux. En pourrissant, ces végétaux ont formé une première étape évolutive connue comme la tourbe. Avec le temps qui passe, selon un processus chimique particulier, cette masse a formé le charbon. Ce qui a retenu grandement mon attention est la combustion du charbon. Il est expliqué à ce propos qu’à chaque fois que nous brûlons du charbon, nous utilisons en fait réellement l’énergie solaire qui fut accumulée par ces végétaux il y a des millions d’années. Cette notion est plutôt fantastique, car savoir que cette énergie solaire accumulée dans ces dépôts de végétaux fossilisés puisse à nouveau être active après des millions d’années, reste quelque chose de fascinant. Vive notre soleil invaincu ! Sol invictus !

 

Voyons maintenant ce que nous disent les spécialistes des symboles à propos du charbon. 

Le charbon symbolise le feu occulte, l’énergie cachée. En étant enfoui au plus profond de la terre, sa force solaire représente une réserve de chaleur précieuse. Ce feu caché nous introduit ici aussi au principe de verticalité qui unit le monde chtonien et ouranien. Le charbon ardent éclaire et chauffe le corps et l’âme, sans flamme et sans explosion, ce qui fut ressenti comme une image de la maîtrise de soi. Nous retrouvons ici certains éléments symboliques de la rune Kennaz, la rune du feu chtonien maîtrisé. Dans son état froid et noir, le charbon représente la potentialité cachée, car il a besoin d’une étincelle pour révéler sa vraie nature. Il devient alors rouge et chaud, ce qui marque le passage d’une nature morte à un état bien vivant. De la mort naît la vie… Du froid vient la chaleur… Le noir symbolise la Terre-Mère et ses caractéristiques liées à la fécondité et à l’abondance. Le rouge, lui, figure la vie et le combat qu’il faut mener pour être digne d’elle. Ces deux couleurs représentent également les deux dernières fonctions de la trifonctionnalité indo-européenne : le rouge pour la 2è fonction, la fonction guerrière liée à l’énergie qui vitalise, et, le noir pour la 3è fonction, celle de la production et reproduction. 

 

Jusqu’à des dates récentes existaient des coutumes qui remontent très probablement à d’anciens rites païens du monde germano-nordique et celte. Vu que nos ancêtres européens n’ont pas connu le charbon jusqu’à l’époque de Marco Polo, nous sommes en droit de supposer que ces rites d’origine païenne ne concernaient pas le charbon, mais ont fini par venir se greffer sur cet élément nouveau dans la culture. Dans le pays franc (Frankenland – Allemagne), il était habituel de mettre trois bouts de charbon dans chaque coin du lit pour repousser toute influence négative. Pour les mêmes raisons en Bavière, on portait avec soi trois bouts de charbon. Rappelons ici que le chiffre 3 permet une activation magique d’un souhait. Le charbon qui a brûlé pendant les fêtes de Noël était conservé toute l’année afin d’apporter chance et protection au foyer. Ce facteur chance se retrouve dans les très nombreux contes où l’on voit une fée, un elfe, un nain ou un kobold en train d’offrir du charbon à un humain, et de transformer cette roche noire et froide en or resplendissant et chaud. Cette transmutation alchimique du charbon en or est elle aussi révélatrice d’une dimension verticale où les profondeurs obscures de la terre rejoignent les hauteurs célestes et brillantes du soleil. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • «La geología en cien preguntas», Vicente del Rosario y Raquel Rossis
  • «Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
  • «Kleines Lexikon des Aberglaubens», Ditte und Giovanni Bandini

 

Mardi 20 Novembre 2018