La Montagne

La montagne est un symbole sacré dans toutes les traditions païennes du monde. Son symbolisme relève de la hauteur comme du centre. La montagne est un trait d’union entre la terre et le ciel, c’est l’endroit où les forces célestes et terrestres se rencontrent. Elle est la demeure des Dieux, et à ce titre synonyme de stabilité divine et cosmique. Tout comme l’arbre du monde, la montagne est un symbole de l’axe vertical, du point central autour duquel tournent les forces vives de la nature dans toute leur grandeur. Presque tous les peuples ont dans leurs mythes une montagne sacrée faisant référence au nombril du monde, à l’omphalos comme le nommaient les Grecs anciens. La montagne possède ainsi un caractère de sacralité très prononcé dans des mythes païens comme celui du mont Méru chez les Indo-Aryens, le K’ouen-louen en Chine, le Fuji-Yama au Japon, le mont Olympe en Grèce, le mont Elbrouz au Caucase, l’Alborj en Perse, le Montsalvat du Graal (Montségur dans les Pyrénées), le mont Canigou en Catalogne du nord, le Montserrat en Catalogne du sud, le volcan Etna en Sicile, le mont Harā Bərəzaitī de la tradition zoroastrienne, le mont Kailash de la tradition hindoue, le mont Teide de la tradition guanche, le mont Athos en Grèce, le mont Vésuve en Itlaie,… Dans certaines traditions, où géographiquement parlant il n’existe pas de montagne sacrée, ce sont des tumulus qui finissent par remplir les mêmes fonctions symboliques que la montagne, c’est le cas par exemple chez les Celtes insulaires. Chez les Celtes montagnards comme les Allobroges ou les Helvètes, le culte sacré à la montagne devait être le même que pour les autres peuples païens d’Europe. Un endroit magique comme la vallée des merveilles ou le Val Camonica dans les Alpes tend largement à démontrer ce phénomène. 

 

La montagne est un reflet de la puissance et de la noblesse de l’esprit. En plus d’être la demeure des Dieux, elle est également le symbole de l’élévation, de l’homme qui dépasse sa condition humaine, du guerrier spirituel qui après avoir surmonté ses faiblesses atteint un état de conscience mystique qui le fond dans la force primitive de la nature. La montagne nous parle du succès spirituel que connaît l’homme lorsqu’il surmonte les obstacles qui entravent son élévation. Elle invite à une méditation supérieure et à une communion avec les Esprits ouraniens les plus nobles. C’est le principe du surhomme de Nietzsche lorsqu’il explique que l’homme est un pont entre l’animal et le surhumain. Pour illustrer ce grand principe guerrier du véritable alpiniste, je laisse ici la parole à un grand montagnard et un grand spécialiste des traditions païennes occidentales, un homme qui a marqué le XXè siècle de son empreinte érudite: Julius Evola. Voici ce qu’il dit:

“Les grandes ascensions devaient être elles-mêmes un symbole et en quelque sorte un rite: le symbole et le rite d’une ascension intérieure, d’un désir de libération et de vie et de la volonté de vivre dans un air plus respirable. La fatigue physique et le risque devaient être un moyen de réaliser intérieurement quelque chose dont le milieu naturel ne pouvait être que la solitude des sommets et les étendues gelées et immaculées des massifs montagneux.”

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

"Dictionnaire des symboles", Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

"Méditations du haut des cimes", Julius Evola

"Animal-chamán – La sabiduría y los poderes mágicos y espirituales del mundo animal", Ted Andrews

 

Mercredi 1 Novembre 2017