Le Lauburu… Le Swastika Basque…

Le lauburu (prononcer « lâoubourou ») est un symbole païen qui caractérise à ce jour la culture basque. Les Basques sont un peuple fier vivant du côté atlantique à cheval sur le Sud de la France et le Nord de l’Espagne. Leurs origines se perdent dans la nuit des temps, et représentent très certainement l’une des plus anciennes branches ethnoculturelles d’Europe. Les Basques sont largement antérieurs aux Indo-Européens, ces derniers apparaissent dans les Pyrénées aux alentours de 1000 avant l’ère vulgaire. Les origines du peuple basque se trouvent bien au-delà, leur langue non-indo-européenne l’atteste sans détour. Ces origines sont encore de nos jours emplies d’un puissant voile de mystères, car elles se perdent dans un passé très lointain, un passé que l’on peut raisonnablement situer à l’époque de la transition entre la culture de la chasse et cueillette, et la culture qui apporta la révolution agricole, donc entre le paléolithique et le néolithique. Ce qui est fascinant avec la culture basque, c’est justement le fait qu’un peuple européen aussi ancien ait pu maintenir sa culture sans se diluer et se fondre parmi les différentes civilisations qui vinrent les côtoyer au cours des millénaires à venir. L’isolement géographique de certaines vallées pyrénéennes, et surtout leur nationalisme, ont permis que l’identité ethnoculturelle des Basques soit sauvegardée de manière homogène. Lorsqu’on se penche sur leur mythologie, on est rapidement saisi et même envoûté par la particularité de leurs mythes, des mythes qui en très large partie ne peuvent que remonter à la plus haute préhistoire. Ces mythes nous parlent de la Nature dans son état premier et des origines de la vie, de la Grande Déesse Mari, du Grand Serpent Sugaar, d’Amalur la Terre-Mère, d’Urtzi le Dieu du Ciel, de Basajaun le Seigneur de la Forêt, d’Ilargi Amandre la Grand-Mère Lune, d’Eguzki Amandre la Grand-Mère Soleil, etc… Ces mythes ont conservé le souvenir de la vision du sacrée qu’avaient ces lointains ancêtres de l’Europe préhistorique, une époque où la vie en harmonie avec la nature n’était pas seulement une question religieuse, mais aussi une question de survie. Et le moins que l’on puisse dire des Basques, c’est justement qu’ils ont bien survécus. La fierté, la conscience de leur particularité culturelle, la perpétuation de leurs anciens mythes, leur résistance face aux envahisseurs et leur nationalisme, ont permis que s’opère la magie de leur survie. 

 

Cette préservation de l’identité basque au travers des millénaires ne fut pas pour autant synonyme de fermeture. Ils surent intégrer certains éléments essentiels des cultures avoisinantes. L’agriculture et l’élevage furent probablement les premiers éléments qui changèrent leurs habitudes de vie de manière profonde au cours de la première transition du néolithique. Puis arrivèrent les premiers Indo-Européens qui apportèrent avec eux de grands changements qui affectèrent l’élevage, l’utilisation de la roue, la domestication du cheval, et une vision solaire et conquérante de la religiosité. Plus tard, c’est une nouvelle vague d’Indo-Européens qui apporta avec elle l’âge des métaux, l’autre grande révolution de la préhistoire. Plus rien ne serait comme avant… À partir de là, on est en droit de spéculer un peu… Ce contact avec les Indo-Européens a dû être plutôt constructif et positif pour les Basques qui étaient trop souvent livrés aux rudes conditions de vie sur les contreforts pyrénéens. Les apports indo-européens ont dû être ressentis par les Basques de la préhistoire comme un bienfait, une amélioration des conditions de vie. Par ailleurs, il ne semblerait pas que les Indo-Européens aient cherché à s’installer en territoire basque, ce qui aurait pu permettre une alliance, ou du moins un accord entre ces deux peuples. Serait-ce peut-être pour cette raison précisément que les Basques adoptèrent le lauburu, un swastika indo-européen comme emblème identitaire et religieux ? 

 

Tel qu’il apparaît clairement dans son graphisme, le lauburu n’est rien d’autre qu’un swastika, dont les branches courbées sont l'image même du principe rotatif et harmonieux du symbole solaire. Le swastika fut un symbole principalement présent parmi les cultures d’origine indo-européenne. Le mystère demeure quant à savoir pourquoi les Basques adoptèrent un symbole indo-européen. L’histoire millénaire de ce symbole est à ce titre fantastique, et mérite un détour (voir lien vers le symbolisme du swastika à la fin). Lauburu en langue basque signifie « quatre têtes », terme qui évoque les quatre branches courbées du symbole, branches qui marquent les points cardinaux ainsi que les solstices et équinoxes dans la roue cyclique du temps, roue qui est l’expression de l’ordre cosmique que les Dieux tentent de préserver. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

Petit Dictionnaire de Mythologies Basque et Pyrénéenne

Dictionnaire des Symboles  

Wikipedia Lauburu

 

 

 

 

Liens :

Symbolisme du Swastika :https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305926009546214.1073741844.230064080465741/315806118558203/?type=3&theater

Basajaun, le seigneur de la forêt :https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.1265682423570563.1073741865.230064080465741/316023528536462/?type=3&theater

Le grand Serpent Sugaar 

 

Dimanche 12 Novembre 2017