Le Cercle

Magie et Symbolisme du Cercle...

Le cercle est sans aucun doute le symbole solaire le plus pur car il se caractérise par son ancienneté et par l’absence de toute distinction ou de division. Il représente l’astre divin dans sa forme la plus originelle et la plus simple. Le mouvement circulaire n’a ni commencement ni fin, il est immuable et sans variation. À ce titre il est aussi une image du tempsqui passe car il symbolise le ciel et le cosmos dans leurs relations avec la terre. Cette relation ciel-terre est marquée par les cycles naturels et les mouvements cosmiques perceptibles depuis notre bonne vieille Terre-Mère. Les saisons, le temps, et les différents cycles planétaires s’inscrivent dans cette logique circulaire. Le cercle permet de cerner le temps afin de mieux le mesurer. Il nous renvoie aussi à une conception plus approfondie des cycles qui est celle de l’éternel retour, une conception chère au grand philosophe du XIXè siècle Friedrich Nietzsche. Ce dernier n’hésita pas en effet à s’opposer à la conception chrétienne du temps, une conception linéaire marquée par un début et une fin (la création et la fin des temps) ; il insista tout au long de son œuvre sur la conception typiquement païenne liée aux mouvements cycliques de la vie, le principe même du cercle. Cette conception de l’éternel retour se retrouve d’ailleurs parfaitement exprimée par un autre symbole : l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue. 

 

La forme circulaire qui est l’image du soleil et de sa manifestation dans le temps et l’espace, est associée dans les mythologies européennes au culte du feu, aux héros, et bien-sûr aux Divinités solaires. Les représentations de héros ou de Dieux sont nombreuses dans l’antiquité où l’on peut constater la présence d’un cercle pour marquer leur divinité solaire. Les chrétiens d’ailleurs n’hésitèrent pas à emprunter, pour ne pas dire voler, le symbole du cercle en décorant avec ce dernier la tête de leurs saints ou de leur sauveur. Mais revenons-en aux Dieux de nos ancêtres en précisant ici que par « Dieux Solaires » on ne se limite pas uniquement au Soleil proprement dit, mais que l’on inclut toutes les Divinités célestes, ceci en opposition aux Divinités terrestres. Les Divinités célestes sont aussi désignées par le terme de Forces Ouraniennes, et celles de la Terre par le terme de Forces Chtoniennes. Mais, le mot opposition est en fait mal approprié dans ce contexte mythologique, car il faudrait plutôt parler de complémentarité, notion qui se retrouve encore une fois dans l’union divine entre le Ciel-Père et la Terre-Mère. 

 

Le cercle fut également utilisé dans de nombreux rituels comme la forme magique qui enveloppe, celle qui opère comme un circuit fermé en assurant au sein de ses limites la protection ultime de tout ce qu’il englobe. C’est un véritable cordon de sécurité qui protège ainsi l’officiant de toute possible attaque de l’extérieur, que ce soit des ennemis, des âmes errantes ou des mauvais esprits. Ce cercle de défense magique se retrouve également autour des tombes, dans la forme des clairières sacrées, en architecture autour des temples, ou même des villes et villages. Il génère de cette manière non seulement la protection mais aussi le maintient de l’ordre divin et naturel des choses. Ce cercle solaire protecteur s’exprime de la même force pour l’individu lorsque celui-ci porte une bague, un bracelet, un collier, ou une ceinture. C’est encore la même fonction qui agit avec la couronne que porte un roi.

 

Par ailleurs nous avons hérité de l’Europe du néolithique des cercles splendides dont la dimension sacrée ne fait aucun doute : ce sont les cercles de pierres levées, plus connus sous le nom de cromlechs. Le temple solaire et astronomique de Stonehenge en Grande-Bretagne en est un de ses plus beaux représentants. Mais il n’est pas le seul, car nos ancêtres de l’époque mégalithique nous ont laissé une grande quantité de ces cromlechs qui prouvent l’importance du cercle dans la symbolique religieuse de l’Europe préhistorique.

 

Hathuwolf Harson

 

Jeudi 22 Novembre 2018