Les Fées

Symbolisme et Origine Celtique

Depuis le moyen âge et au-delà, les fées ont accompagné nos songes et nos désirs les plus osés. Les fées symbolisent les pouvoirs de la nature et de l’esprit. Elles comblent ou déçoivent les ambitions des hommes en leur donnant accès aux projets qu’ils n’ont pu réaliser. Elles sont l’expression de la magie de la nature et de tout le mysticisme qui l’entoure. Nombreuses sont les légendes ou les contes qui présentent des fées près d’un point d’eau en train de se peigner avec un peigne en or ou en argent. L’or figure ici la noblesse de la nature et ses rapports avec les forces solaires; l’argent quant à lui reflète le rapport avec les forces lunaires, sans oublier l’eau qui symbolise le rapport avec les forces vitales de la fécondité liée au monde souterrain. Les fées sont en quelque sorte les intermédiaires entre le monde des hommes et la grande Déesse, elles sont le lien avec la Terre-Mère et toute la magie naturelle et surnaturelle qui relève de son pouvoir. 

 

Elles apparaissent en général près d’une source, d’une rivière, d’une grotte, d’une montagne ou encore d’une crevasse, le genre de lieu qui est traditionnellement associé au culte de la Terre-Mère. Les mélodies que les fées fredonnent lors de leurs furtives apparitions, ont également un sens bien précis. Les chants des fées sont souvent marqués par une mesure à 3 temps, ce qui les relient au culte lunaire et à ses 3 phases visibles (croissante, pleine, et décroissante), un symbole de nos jours cher à nos “sorcières” bien aimées. La lune est elle aussi associée à la Terre-Mère et à ses cycles naturels. Selon les spécialistes de la question, les fées en tant que telles seraient les anciennes Déesses tutélaires des clans, qui, auraient été reléguées à un niveau moindre suite à des changements culturels comme la christianisation par exemple. Ces Déesses elles aussi étaient le lien entre la Terre-Mère et le monde des hommes, elles en étaient même une expression directe, un des nombreux aspects de la grande Déesse. Une autre interprétation est celle qui les relient aux 3 Déesses du destin comme les Parques de la tradition gréco-romaine ou les Nornes de la tradition germano-nordiques. Cette version s’appuie sur le fait que les fées sont en effet souvent liées à des questions de destinée. Lorsqu’elles font leur apparition, un changement de destin est souvent à l’ordre du jour. Plus qu’un simple lien, il semblerait que les fées soient une survivance directe des Parques du destin. Elles en ont tout le profil en tous cas. 

 

La fée est une figure héritée avant tout de la tradition celte des Irlandais où elle se nomme “Banshee”, mot qui vient du gaélique “Beansíd” et qui se traduit par “Femme-Fée des tertres”. Les Síd dans la tradition irlandaise sont les tertres dans lesquels vivent les elfes et les fées. C’est aussi là que les Dieux et autres Fomoires se réfugièrent après leur défaite lors de guerres mythiques. Les Dieux y rencontrèrent cet ancien peuple des fées vivant dans les Síd. Dans certaines versions, les propres Dieux deviennent des fées et des elfes avec lesquels ils finirent par être confondus. Avec la christianisation, le culte aux anciens Dieux fut interdit, et c’est ainsi qu’ils furent réduites à un rôle de fée. La Banshee est une messagère de l’autre monde. Elle voyage souvent sous la forme d’un oiseau, de préférence sous la forme d’un cygne, ce qui la relie symboliquement au monde ouranien. La Banshee est un être empli de magie surnaturelle. Elle est également liée à la question identitaire, car elle est l’héritière des anciennes Déesses tutélaires des clans. La fée apparaît ici comme la divine patronne d’un clan, de son aristocratie et de sa terre. Elle est ainsi l’expression divine et surnaturelle d’un peuple et de sa lignée de sang. Les Banshee, tout comme les fées, étaient très aimées et respectées, jusqu’à ce que vers la fin du moyen âge, l’obscurantisme chrétien aidant, elles furent craintes plus qu’autre chose. Le christianisme, fidèle à sa mono-vision étriquée, fit tout son possible pour transformer l’aspect positif et divin des fées en quelque chose de diabolique dont il faudrait avoir peur. C’est ainsi que certaines légendes virent le jour qui présentèrent les fées comme de “vilaines sorcières” qui séduisent et trompent les hommes. 

 

Ainsi, la prochaine fois que vous vous promenez dans une profonde forêt ou en montagne, au détour d’une grotte, d’une source ou de tout autre lieu magique, prenez donc le temps de fermer les yeux et de regarder avec votre coeur… il n’est pas impossible qu’un génie des lieux sous la forme d’une fée vous apparaisse dans toute sa splendeur.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

Lexikon der Keltischen Mythologie, Sylvia und Paul F. Botheroyd

Dictionnaire des Symboles, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

 

Lundi 7 Août 2017


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