Le Rire

Le Rire condamné par les moines...

Ceux qui ont vu le film Le Nom de la Rose se souviendront peut-être des remarques à propos du rire faites par le moine supérieur. Ce dernier était un fervent ennemi du rire en expliquant que c’était l’œuvre du démon, et que seuls les idolâtres (Païens) se plaisaient à rire. Ce moine supérieur, Jorge de Burgos, qui avait tout le profil d’un inquisiteur, était obsédé par l’idée que ses moines bénédictins pourraient s’adonner au plaisir du rire. Il chercha en particulier à faire disparaître un ouvrage d’Aristote, un livre d’époque païenne qui faisait l’éloge du rire. 

Le Nom de la Rose
Le Nom de la Rose

Laughing Fool, par Jacob Cornelisz. van Oostsanen vers 1500
Laughing Fool, par Jacob Cornelisz. van Oostsanen vers 1500

Ceux qui seraient tentés de croire que tout ceci fut une invention cinématographique se trompent grandement. Car en effet, le rire était très mal vu par les premiers chrétiens, situation qui perdura jusqu’au plus profond du moyen âge tardif. Pendant plus de 1000 ans, le christianisme chercha à restreindre au maximum cette "Abominable coutume Païenne" du rire. Pourquoi donc ?...est-on en droit de se demander. Le rire serait une dangereuse futilité qui écarterait le croyant du chemin du christ, un chemin fait de repentance pour des péchés imaginaires, un chemin fait de terribles mortifications car la souffrance serait la clé pour suivre l’exemple du nazaréen. Cette approche religieuse est typique d’une religion de la mort, c'est-à-dire d’une spiritualité qui dénigre les joies de la vie terrestre, et qui seulement promet du bonheur après la mort. 


Pour certains ordres monastiques, le rire n’était pas uniquement mal vu, il était carrément condamné au plus haut point. Interdiction absolue de rire ! Dès ses débuts, cette interdiction fut une véritable institution pour les moines chrétiens. Vers l’an 400 de notre ère, les moines Serapion, Macario et Pafnucio mirent par écrit une règle d’or pour la vie quotidienne en monastère. Cet écrit fut baptisé "La Règle des Saints-Pères". Voici exactement ce que dit cette règle "Pleine d’amour chrétien"…

La règle des quatre pères: Serapión, Macario, Pafnucio et les autres Macario
La règle des quatre pères: Serapión, Macario, Pafnucio et les autres Macario

 

"Si quelqu’un est surpris en train de rire ou de raconter des blagues, il est ordonné au nom de dieu, que cette personne soit punie par le fouet durant deux semaines". 

 

 

Deux semaines de coups de fouet pour avoir ri…ça ne "Rigolait" pas chez les moines chrétiens du moyen âge ! La mortification n’était pas un vain mot pour eux…

Le Fouet
Le Fouet

Qu’en est-il alors de ce fameux rire dans les traditions païennes ? Penchons-nous donc à présent sur son symbolisme véritable, et non sur les divagations malsaines des moines. Le mot "Malsain" est ici justement le terme approprié, car en effet il est reconnu de nos jours par la science que le rire a des vertus très positives sur la santé. Le système immunitaire d’une personne est renforcé si elle rit régulièrement. Ceci est quelque chose que savait déjà le monde Gréco-Romain, mais qui hélas tomba dans l’oubli en raison de l’obscurantisme chrétien. Ce n’est pas la première fois d’ailleurs que la science vient confirmer comme vraies des connaissances des traditions païennes. On dit que le rire est le propre de l’homme…en niant le rire, le christianisme refusait l’humanité qui caractérise l’être humain. 

Roue Solaire et le Soleil souriant
Roue Solaire et le Soleil souriant

Dans les Traditions Païennes d’Europe, le rire était considéré comme un Symbole de Vie, il incarnait l’éclat de la vie, et s’apparentait à un Symbole Solaire. Ceci a survécu par exemple dans les dessins que font les enfants du soleil en représentant ce dernier avec un grand sourire. Le fait de rire était ainsi vu comme une communion avec les Forces Solaires et les Puissances Lumineuses. Les auteurs d’œuvres théâtrales de l’Antiquité Grecque en étaient bien conscients lorsqu’ils écrivaient des pièces emplies de beaucoup d’humour. Le rire devenait ainsi une saine distraction et parfois même une arme politique lorsqu’il s’agissait de dénoncer certaines situations en les rendant burlesques. Une des premières mesures prise par le christianisme primitif fut de s’attaquer à l’existence même du théâtre. Au-delà de cette approche profane, le rire était en relation symbolique avec le fondement de tout paganisme : la loi des Cycles. 


En Grèce, durant les Fêtes de Printemps, il était coutume de simuler la mort de deux jeunes hommes, et, pour marquer leur retour Symbolique à la Vie, les Hommes devaient rire. Le symbolisme de ce rite est clair : la jeunesse des hommes est une figuration du Printemps et du retour des Forces Vives. Leur mort et renaissance représentent la Mort Hivernale du Soleil et sa Renaissance Printanière. Quant-au rire en soi, il est une invocation à la puissance lumineuse du Soleil afin de l’aider dans son retour Cyclique. 

Chez les Germains, en Europe du Sud, et probablement aussi chez les Celtes, la Tradition de rire lors du repas de Funérailles est également un écho de cet appel aux Forces Solaires et à la joie qui lui est liée. Après avoir été en contact avec la mort durant les funérailles, les gens cherchaient ainsi à "Exorciser" les influences négatives. En Silésie, il existait une coutume également intéressante : pendant l’aménagement dans une nouvelle maison, il fallait en tout premier lieu s’approcher de la cheminée et rire de bon cœur. Par ce rite anodin, on saluait l’esprit de la maison tout en laissant comprendre à ce dernier que le nouveau maître du foyer avait pris possession des lieux. Il fallait pour cela que le rire soit normal, et surtout pas sarcastique, car sinon il existait le risque d’attirer des esprits mal intentionnés. Une autre coutume venue de la Tradition Germanique était celle qui déconseillait de beaucoup rire un lundi ou un vendredi, ce qui a même généré une expression allemande dans la région de l’Erzgebirge. On y dit en effet que celui qui rit trop un vendredi, pleurera le dimanche. Tout ceci est grandement intéressant, car nous avons là les clés pour une interprétation symbolique de ce dicton. Il faut ici se souvenir que le Lundi est le jour de la Lune, et le Vendredi le jour de la grande Déesse sous ses aspects de Freyja et de Frigga. La Lune est elle aussi en connexion avec la Déesse. Le Dimanche quant-à lui est le jour du Soleil. Ainsi, le rire qui véhicule avec lui la Puissance Solaire est déconseillé pour les jours liés aux Forces Lunaires comme le Lundi et le Vendredi. Trop rire un Vendredi (Jour Lunaire) créée un conflit des Forces qui se répercute sur le Dimanche (Jour Solaire). Tout ceci est bien la preuve que le rire est totalement de Nature Solaire. Ne dit-on pas d’ailleurs encore de nos jours de quelqu’un qui rit, qu’il rayonne ?! 

La Lune
La Lune
Le Soleil
Le Soleil

D’autres rites mineurs qui ont survécu jusqu’à des périodes très récentes, sont eux aussi révélateurs du symbolisme du rire. Il fallait par exemple rire lorsqu’on sème les graines de persil, car de cette façon on garantissait une bonne croissance de cette plante. Un autre rite mineur était celui que pratiquaient les femmes lorsqu’elles se rendaient au lavoir. Elles prenaient un linge, en général un caleçon, et riaient dans l’intérieur de ce linge afin de s’assurer qu’il n’allait pas pleuvoir ce jour là et que le Soleil soit au rendez-vous. 

La Rune Wunjo
La Rune Wunjo

Désormais, lorsque vous rirez, souvenez-vous donc que vous êtes ainsi en harmonie avec les Forces Solaires et leurs meilleurs représentants : les Dieux Ases. …WUNJO…

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Mercredi 19 Décembre 2018


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