La Vulve

Sur le centre de la photo, on peut observer une Sheela Na Gig, une statue que l'on trouve sur de nombreux châteaux et églises en Grande-Bretagne et en Irlande. Elles sont du moyen-âge et se caractérisent toutes par cette position d'une vulve ouverte, un sexe féminin largement ouvert... Bien que les historiens ne soient pas tous d'accord sur le sujet, tout semble indiquer que l'on soit en présence d'une résurgence d'une ancienne Divinité païenne. Il était coutume de penser que cette ancienne Divinité pourrait logiquement être d'origine celte. Mais Eamonn Kelly, conservateur des antiquités irlandaises au Museum National d'Irlande à Dublin, a étudié le cas d'un peu plus près, et a remarqué que les Sheela Na Gig se trouvent exclusivement dans les zones géographiques qui furent occupées par les Anglo-Saxons. Il faudrait donc parler dans le cas des Sheela Na Gig d'une possible origine germanique et non celte. Notons au passage que les chrétiens donnèrent leur propre explication de ces Sheela Na Gig en prétendant que ces statues seraient un avertissement contre le péché de chair et les pensées impures. Il est clair encore une fois que la seule chose qui soit impure, c'est l'esprit du christianisme qui voit le mal partout,... 

 

Mais au-delà de la particularité de ces statues bien spécifiques, le symbolisme de la vulve et du sexe féminin en général, n'est pas exclusif d'une seule culture païenne, car tout comme le phallus, on le retrouve dans toutes les cultures polythéistes du monde. Le culte de la vulve et sa dimension sacrée remontent à la plus haute préhistoire étant donné qu'il existe des exemples datés du paléolithique comme ces représentations symboliques de la peninsule ibérique


Ou encore la suivante conservée au musée de St-Germain-en-Laye.


Ce genre de culte s'est maintenu au travers des âges car on retrouve des représentations de vulve durant toutes les époques de l'antiquité, voir ci-joint un exemple grec daté de 450 avant notre ère.


Dans la photo suivante, on peut voir une image avec diverses représentations historiques de la vulve.


 

Voyons maintenant le symbolisme proprement dit de la vulve. Si le phallus représente la dimension verticale, celle de la vulve se trouve dans l'horizontalité, la dimension du Devenir en opposition à l'Être, termes chers au philosophe Heidegger. La vulve est vue comme une source et comme une ouverture sur le temps, elle unit les contraires; elle avale la virilité pour ensuite donner la vie. Elle reçoit la semence, la transforme, et la rejette en fin de cycle sous la forme d'une nouvelle créature. La vulve est à ce titre une véritable porte de la matrice humaine, un passage obligatoire vers les mystères de la vie. 

Le sexe féminin est très étroitement lié au symbolisme lunaire. Fertilité et fécondité sont les deux conceptions majeures qui s'y rattachent. La lune et ses cycles se reflètent de manière évidente chez la femme. Ce n'est pas un hasard si la lune et la femme possèdent un même système cyclique: les règles d'une femme se génèrent dans un cycle de 28 jours, et une lunaison se caractérise aussi par un cycle de 28 jours. 

 

La nature hautement attractive de la vulve se rattache au premier aspect, celui de l'excitation qu'elle génère et de la réception du membre masculin. Cette dimension pourrait être associée aux Déesses païennes telles que Vénus, Aphrodite, et Freya. La deuxième nature de la vulve, celle qui donne la vie lors de la naissance d'un enfant, se rattache plutôt à l'aspect "mère" de la Déesse, comme c'est le cas pour Héra, Junon, ou encore Frigga. 

 

La vulve est donc la belle et mystérieuse porte lunaire par laquelle entre et ressort la vie, un hymne à la grande Déesse, reflet de son pouvoir récepteur et créateur.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

 

Jeudi 22 Novembre 2018