La Chasse

Pour nos lointains ancêtres, la chasse était avant tout une question de survie, une source de nourriture indispensable pour l’alimentation. La préhistoire se divise à ce niveau en deux périodes majeures: le paléolithique, époque à laquelle la chasse était l’élément principal, et le néolithique, époque de la révolution agricole pendant laquelle la chasse était devenue juste un complément. Au néolithique, les récoltes et l’élevage étant devenus les sources principales d’alimentation, la chasse était reléguée à un niveau secondaire. 

 

Depuis les plus lointaines origines du paléolithique, la chasse a rapidement pris une valeur bien plus profonde que la simple question alimentaire. Elle prit une dimension spirituelle se transformant en quête religieuse. Les peintures rupestres et ses nombreuses scènes de chasse témoignent encore de cette dimension spirituelle qu’avait la chasse pour nos ancêtres de la haute préhistoire. Les incantations des chamans et les danses rituelles permettaient aux membres du clan d’entrer en communion totale avec les animaux, le chasseur devenait véritablement le gibier, son esprit se fondait avec celui de la bête. Durant les danses rituelles, le chasseur mimait les faits et gestes de l’animal, générant ainsi une harmonie absolue entre chasseur et chassé. On assiste là à un processus de séduction et de possession. Le respect pour la bête fut un élément important dans la vision des premiers chasseurs. On voulait éviter de rompre l’équilibre naturel et biologique, on chassait juste ce dont avait besoin le clan pour sa survie. Ceci n’empêcha malheureusement pas que certains désiquilibres virent le jour lorsque le climat devint rude et que le gibier se fit plus rare. Le cas le plus connu est celui du mammouth dont la disparition fut très certainement causée par l’homme durant la période de glaciation. Ce phénomène de chasse en excès causant l’extermination d’une espèce animale se retrouvera tout au long de l’histoire. Un exemple connu est celui des aurochs qui disparurent des forêts germaniques et slaves. L’aspect secondaire que prit la chasse durant l’antiquité, l’agriculture et l’élevage étant devenus les sources principales d’alimentation, fit que cette activité devint de plus en plus annexe et non vitale. Au moyen âge elle finit même par prendre une allure de pur divertissement pour les nobles et aristocrates, alors que pour le peuple elle restait un complément alimentaire nécessaire. 

 

La recherche du gibier, suivre une piste et des traces, connaître les habitudes de l’animal, se fondre dans la nature, sont autant d’éléments qui faisaient que le chasseur devient une partie intégrante du grand tout, de la nature et de ses équilibres naturels. La poursuite à la trace se transforme alors en une quête spirituelle, un cheminement pendant lequel le chasseur s’intègre tellement à la nature qu’il finit par rencontrer son propre moi, sa propre dimension humaine et divine. Il active la partie divine de son être. 

La chasse possède également un autre symbolisme. En tuant la bête sauvage, l’homme affirme aussi sa supériorité sur l’indompté, il est l’être solaire qui contrôle le chaos du monde chtonien, il est la lumière contre l’obsucrité des ténèbres. 

 

Toute cette symbolique de la chasse se retrouve dans le profil des Divinités liées à l’activité de la chasse. C’est le cas du Dieu celte Cernunnos, le Dieu aux bois de cerf dont l’archétype remonte justement à la plus haute préhistoire, la Déesse gréco-romaine Diane, la Géante Skaði de la tradition nordique, ou encore le grec Dionysos Zagreus, le grand chasseur. Entre Artémis (Diane) et Dionysos, il existe d’ailleurs une différence notoire puisque dans le cas de Dionysos, le chasseur s’abandonne aux instincts sauvages du monde chtonien, alors que dans le cas d’Artémis, la chasse est dirigée contre l’aspect sauvage, contre les hommes qui se livrent à leurs instincts primaires et contre les créatures du monde du chaos.

 

La chasse fut de tout temps une activité noble et même une nécessité. Il est regrettable de voir qu’elle se transforme parfois en un “sport” sans noblesse ni respect, causant les pires désiquilibres pour notre belle et divine faune. Ceci dit, la chasse est un principe ancestral auquel aucun païen ne devrait être opposé par simple idéologie, surtout lorsque ces idéologies sont parfois le fruit des pires véganeries. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

Jeudi 22 Novembre 2018