Vert

Le vert est une interférence chromatique entre le bleu et le jaune, il est donc le résultat du mélange de deux couleurs ouraniennes qui reflètent les forces célestes, un mélange qui se trouve à mi-chemin entre le froid du bleu et la chaleur du jaune. On pourrait ainsi qualifier le vert comme étant une couleur tiède, une couleur qui tonifie. 

Le vert est la couleur par excellence du monde végétal. L’herbe, les feuilles, les arbres, et bien d’autres éléments de ce monde végétal sont symbolisés par la couleur verte. Le vert est par ce biais associé au printemps, période tiède du cycle annuel. Le printemps est le retour des forces vives qui renaissent après le sommeil hivernal. Le printemps est la promesse du retour cyclique de la vie, il est l’espoir de cette vie qui doit renaître. Au moment du solstice d’hiver, les anciens vénéraient tout ce qui était vert car ils y voyaient l’espoir du retour prochain du printemps. C’est pour cela d’ailleurs que le vert symbolise encore de nos jours l’espoir. À ce propos, le solstice d’hiver était marqué par les «ever green», les plantes «toujours vertes» comme le sapin, le houx, le gui, tout ce monde végétal qui reste vert en hiver alors que les autres plantes meurent durant cette même saison. Ce qui fait du vert un symbole évident de la vie qui ne se rend pas.

«Se mettre au vert» est une expression moderne qui traduit un besoin cyclique de sortir de la vie urbaine et citadine, en retournant à la nature. Ce retour au naturel peut être interprété comme un «regressus ad uterum», un retour vers Mère-Nature, la Déesse-Mère. 

Le vert comporte également un double aspect, car il s’associe comme nous venons de le voir au principe de vie, mais aussi au principe de mort. La mort est figurée par la moisissure qui apparaît sur les végétaux en phase de pourrissement. Ce vert de la putréfaction rappelle entre autres le teint vert du malade ou du moribond, ce qui a aussi généré l’expression «être vert de peur». Il existe donc un vert de mort et un vert de vie. 

L’expression du «fruit vert» quant à elle rejoint la symbolique du printemps. C’est l’image du fruit qui a déjà grandi mais qui n’est pas encore mûr. C’est un fruit «tiède» car il est à mi-chemin entre sa phase de naissance et sa phase «adulte», entre fin de l’hiver et été. 

Hathuwolf Harson

Source :

«Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant