Jaune

Au niveau du symbolisme sacré, le jaune est la couleur la plus chaude, il est par excellence la couleur solaire des forces ouraniennes. Il reflète la chaleur de la puissance cosmique du soleil, sa force vitale et guerrière. Le jaune est dans cet aspect très proche du symbolisme de l’or. Le jaune est intense, violent, aveuglant comme une coulée de métal en fusion. Il est l’expression des rayons solaires qui traversent l’azur céleste. Le jaune a une tendance tellement évidente au clair, qu’un jaune foncé n’est jamais vraiment foncé. Il existe à ce niveau une correspondance logique entre le jaune et le blanc, l’autre couleur céleste des forces ouraniennes. 

Le jaune renvoie aussi au principe des forces cycliques dans leur aspect jeune, car jeunesse et vitalité participent du symbolisme de cette couleur. Il est également la couleur de l’éternité, tout comme l’or est le métal de l’éternité. C’est une couleur noble qui appartient aux nobles, élément qui explique pourquoi dans les classes sociales élevées, l’or est bien plus qu’un simple métal précieux. Il est l’image même de la souveraineté et de la noblesse qui relèvent elles aussi des puissances solaires et ouraniennes. En Grèce, le jaune était associé au Dieu solaire Apollon et au jardin des Hespérides, et dans la tradition indo-aryenne et perse au Dieu souverain Mithra. 

Et comme toujours, le christianisme se fit fort de récupérer le symbolisme païen en le dénaturant profondément, puisqu’il en fit un symbole surtout négatif en l’associant à Lucifer, ce qui convertit cette couleur en une image de la tromperie et de l’adultère. C’est pourquoi, on relie encore de nos jours le jaune aux cocus, un triste héritage de la perversion chrétienne… 

Le jaune est dans son aspect originel la couleur des solstices, celle qui célèbre les grands changements cycliques du soleil. Toutes les traditions païennes d’Europe possèdent la coutume de cueillir des plantes sacrées durant la nuit du solstice d’été. Une grande partie de ces plantes possèdent des fleurs jaunes, créant sur le plan symbolique le lien avec les forces solaires. 

Hathuwolf Harson

Sources: 

„Kleines Lexikon des Aberglaubens“, Ditte und Giovanni Bandini

„Dictionnaire des symboles“, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant