Le Chiffre 8

Le chiffre 8 symbolise l’accomplissement d’un cycle. Il est la manifestation de la parfaite symétrie. Le 8 figure l’équilibre cosmique. La roue solaire à 8 branches des Celtes ou le Kolovrat des Slaves expriment à merveille ce symbolisme du 8. Il représente les solstices et équinoxes ainsi que les fêtes intermédiaires connues chez les Celtes comme Beltaine, Lughnasad, Samhain, et Imbolc (voir lien à la fin). Ce lien entre le 8 et un cycle cosmique accompli est donc fondamental.

 

Dans la tradition germano-nordique, le 8 est également très présent. Comment ne pas penser à Sleipnir ? Le cheval à 8 pattes du Dieu Wotan / Óðin en est l’expression la plus connue. Ses 8 pattes symbolisent sa vitesse et sa capacité à passer les frontières des différents mondes, car le 4 et le 8 sont liés aux points cardinaux et aux différentes directions dans l’espace telle la rose des vents. En plus de cela, Sleipnir est aussi l’image des cycles qui s’accomplissent selon l’ordre cosmique. Dans les Eddas, le texte du Hávamál fait plusieurs fois allusion au 8, comme par exemple dans la strophe 137 lorsqu’il est question des 8 douleurs et des 8 remèdes. C’est une totalité de ce sujet que reflète donc ce 8. Dans la strophe 144, le texte parle des 8 opérations runiques, et là aussi il s’agit d’une allusion à la totalité de cette magie runique. Cycle accompli et totalité en équilibre sont encore une fois les mots-clés. Ces notions se retrouvent également dans l’alphabet runique originel de 24 runes, le futhark du germanique commun, qui est divisé en 3 groupes de 8 runes, des groupes que l’on nomme Aett, ce mot signifiant 8 d’ailleurs. 

 

Le graphisme même de notre chiffre 8 n’est pas sans rappeler une boucle et un entrelacs. Ici aussi le graphisme met en relation avec l’idée d’un cycle qui s’accomplit. C’est également un des graphismes de l’Ouroboros, le serpent qui se mord la queue, tel qu’on peut le voir en bas à droite sur l’image. En plus du cycle accompli, cet Ouroboros nous rappelle le principe du cycle qui se féconde lui-même, l’auto-régénérescence. Et puisque nous évoquons le graphisme du 8, il ne faudrait pas oublier notre symbole mathématique de l’infini qui est le même que celui de l’Ouroboros en entrelacs, un 8 «couché». L’infini représente ici la totalité du principe cyclique qui se renouvelle sans cesse en lui-même. 

 

Le 8 trouve aussi une belle expression avec l’octogone, une figure géométrique qui unit le carré et le cercle. Au niveau symbolique, on peut donc dire que l’octogone est l’union des forces célestes (le cercle) avec les forces terrestres (le carré). 

 

La tradition païenne hindoue héritée en grande partie des Indo-Aryens possède un grand nombre de liens avec le chiffre 8. Par exemple les 8 bras du Dieu Vishnu ou les 8 formes du Dieu Shiva qui expriment encore et toujours cette notion d’équilibre cosmique et de ses cycles éternels accomplis.

 

Le 8 conserve aussi un lien avec la nuit, l’obscurité, et la connaissance occulte des choses. La nuit serait ici l’accomplissement d’un cycle quotidien. Il existe non pas une étymologie, mais juste une comparaison linguistique intéressante entre plusieurs langues européennes. C’est un rapprochement entre le 8 et les mots qui désignent la nuit, ce qui nous donne les exemples suivants :

Nuit – Huit (français)

Nacht – Acht (allemand)

Noche – Ocho (espagnol)

Notte – Otto (italien)

Night – Eight (anglais)

Natt – åtta (suédois)

Oidhche – Ochd (gaélique écossais)

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

Dictionnaire des Symboles

Runenkunde

Tradition Nordique II

 

Liens :

La Roue Solaire à 8 Branches

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L’Ouroboros

 

Lundi 13 Novembre 2017

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