Le Chiffre 6

Le 6 symbolise la Vie, l’Harmonie, et la Force. Il peut être utilisé pour générer la vie, mais aussi pour la détruire. Ce qui avant tout caractérise le 6, c’est qu’il est pour ainsi dire inexistant dans les traditions païennes d’Europe. Sa présence symbolique se retrouve surtout dans la religion judéo-chrétienne et dans les traditions païennes sémitiques comme celle de Babylone ou des Cananéens. 

 

Pour nos traditions païennes d’Europe, le 6 ne représente en fait rien de plus que 2 fois le 3. Il double la force symbolique du 3. Rappelons donc ici que le 3 est un chiffre hautement important pour nous Païens car il est celui qui active un charme et toute formule magique. Le 3 donne la vie, car 1+1=3, c’est-à-dire que de l’union du principe masculin et féminin naît la descendance, comme un couple qui donne naissance à un fils. Dans cette perspective, le 6 renforce donc la création de la vie, il génère l’élément vital et active la force. 

  

Mais comme ce fut précisé ci-dessus, le 6 ne fut presque jamais utilisé dans nos pratiques européennes. Par contre, pour les traditions d’origine sémitique, le 6 revêt une grande importance. Son explication symbolique est fondamentalement liée au symbole connu comme l’hexagramme, l’étoile à 6 branches. Cet hexagramme est également connu de nos jours comme l’étoile de David, ou comme l’étoile juive. Car en effet, la religion juive s’est approprié ce symbole qui, à l’origine, n’était pas monothéiste, mais issu des traditions païennes des ancêtres juifs. L’explication symbolique de l’hexagramme peut se résumer en une phrase : "Ce qui est en haut, est en bas, et vice-versa". C’est-à-dire que l’étoile à 6 branches reflète l’harmonie entre ciel et terre, entre le divin et l’humain, entre le spirituel et le matériel. Le triangle pointé vers le haut figure le monde divin et spirituel, tandis que le triangle pointé vers le bas symbolise le monde humain et matériel. 


Mais cette harmonie souhaitée révèle aussi une profonde opposition de fait, un conflit permanent entre l’esprit et le corps. Cette division radicale entre matériel et spirituel est une approche typiquement sémitique, et inexistante dans les traditions païennes d’Europe. Elle fut par contre largement reprise par le christianisme avec sa séparation entre corps et âme. Pour les Païens, cette division était incompréhensible, car pour eux, matériel et spirituel vont toujours ensemble, main dans la main. 

 

Dans l’Apocalypse de Jean, le 6 revêt même une signification négative. Le 6 y devient le nombre du péché, d’où le fameux 666 qui représente le diable et le Mal absolu. 

Néron était le 6ème empereur de Rome, et, étant donné que les premiers chrétiens en rébellion permanente contre l’autorité légitime avaient été traités durement par Néron, ils ne tardèrent pas à associer encore une fois le 6 au Mal absolu. Cet aparté nous permet une fois de plus de rappeler ces différences fondamentales qui existent entre monothéismes et paganismes. Au niveau religieux et idéologique, c’est un gouffre qui sépare les deux approches. Car pour les Païens, il n’existe pas de Bien absolu ou de Mal absolu, tout est relatif et dépend de son contexte. Ce qui peut être bien pour l’un, peut être mal pour l’autre, et vice-versa. L’autre grande différence est cette notion typiquement sémitique du péché. 


Le péché originel de la tradition juive est complètement inconnu des Païens d’Europe. Cette philosophie juive du péché fut d’ailleurs l’un des points les plus difficiles à faire accepter par les populations récemment converties au christianisme. 

 

Bref, pour nous Païens, le 6 ne présente pas grand intérêt, si ce n’est cette idée de dédoublement symbolique du 3.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

Dictionnaire des Symboles

Runenkunde

Samedi 4 Novembre 2017

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