L'Hydre

Un monstre monstrueux...

Dans la tradition païenne grecque, le héros solaire Héraklès affronte une hydre durant ses célèbres travaux. C’est l’hydre de Lerne qu’il combat et finit par vaincre victorieusement. L’hydre est une créature monstrueuse de nature aquatique et chtonienne. Elle possède selon les versions jusqu’à 9 têtes. Sa tête principale est immortelle, et quant aux autres, si on les tranchait, elles repoussaient automatiquement de manière dédoublée. Le chiffre 9 symbolise un recommencement cyclique, ce qui consacre le fait que ses têtes puissent repousser une fois coupées. Le lien avec l’eau est confirmé par son étymologie qui peut se transcrire comme «serpent d’eau». On a d’ailleurs voulu comparer l’hydre et ses multiples têtes avec les deltas des rivières qui se forment à l’embouchure d’un grand cours d’eau. Le symbolisme de l’eau n’est pas ici en connexion avec les principes classiques de fertilité et fécondité, mais avec les eaux obscures et malicieuses des marais que l’on trouve dans les embouchures. 

C’est un aspect chtonien qui est développé avec la nature même de l’hydre, un aspect qui nous met en contact avec les forces primitives et souterraines du chaos. Ceci est confirmé par son corps qui est celui d’un dragon dont les multiples têtes sont de véritables serpents. Certaines variantes parlent d’un corps de chien. Dans les deux cas, ce sont des créatures infernales liées au symbolisme chtonien. L’haleine de l’hydre est un poison. Le sang de l’hydre est aussi un poison, un poison tellement puissant qu’Héraklès y trempe ses flèches afin de les rendre hautement létales. Le serpent lui aussi est un animal dont le symbolisme obscur nous plonge dans le monde chaotique des forces chtoniennes. Bref, tout dans l’hydre nous mène vers le symbolisme d’une terrible créature profondément mauvaise et destructrice. La parenté de l’hydre de Lerne nous confirme d’ailleurs ces aspects chaotiques. Ses parents sont des titans du monde primitif. Son père est Typhon, le titan des tempêtes destructrices, et sa mère est Échidna, dont le nom signifie «vipère». Échidna dont le corps est en partie celui d’un serpent hideux, n’est pas uniquement la mère de l’hydre, elle aussi engendré d’autres créatures «sympathiques» comme le chien infernal Cerbère, le dragon de Colchide, la chimère, ou encore le lion de Némée. 

Certaines analyses des anciens mythes ont voulu interpréter l’hydre comme un symbole du côté obscur de l’être humain, celui qui est fait de mauvaiseté et de haine destructrice, une allégorie des vices de l’humanité. C’est une bataille impossible que livre l’homme contre l’hydre, puisque la mauvaiseté n’est jamais véritablement vaincue. Elle corrompt tout celui qui se trouve au contact de l’hydre. Chaque victoire contre les côtés obscurs et chaotiques est soldée par un renforcement de ces mêmes aspects obscurs et chaotiques, ce serait là tout le symbolisme des têtes qui repoussent une fois tranchées. 

Hathuwolf Harson

Sources :

«Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydre_de_Lerne

Liens :

Symbolisme du serpent=>https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305428916262590.1073741838.230064080465741/328587323946749/?type=3&theater

Symbolisme du dragon=>https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305428916262590.1073741838.230064080465741/382088708596610/?type=3&theater

Symbolisme du chien=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305428916262590.1073741838.230064080465741/332605170211631/?type=3&theater