L'Abeille et la Guêpe

Le symbolisme de ces insectes peut paraître anodin au premier abord, et pourtant il a eu depuis toujours une grande importance. L’abeille et la guêpe ayant un symbolisme identique, nous regrouperons ici le tout sous le terme générique d’abeille. 

L’abeille se caractérise par certains critères fondamentaux. Elle est laborieuse, organisée, et disciplinée. Elle est la grande ouvrière naturelle qui assure la pollinisation des plantes, elle est la garante de la fècondité. Sans elle, une grande partie des plantes ne pourrait se reproduire. Elle joue donc un rôle vital dans la continuité de la vie végétale, et indirectement dans celle des hommes. En butinant de fleur en fleur, l’abeille fait office de jonction entre terre et ciel, elle est un lien entre les forces célestes fécondantes et les forces terrestres fécondées. La ruche quant à elle apparaît comme une véritable usine, un atelier joyeux où chaque individu possède une mission bien précise au sein de la communauté. L’individualité s’efface au profit du groupe. L’intérêt de la communauté est la grande priorité, la survie du groupe passe avant les intérêts égoïstes de chaque membre. On y oeuvre avant tout pour le bien de l’espèce. Le parallèle avec la société humaine, ses clans et ses ethnies, semble évident, ce qui permet d’avancer que la ruche fut souvent prise comme une société idéale où l’ensemble travaille pour le bien commun. Au niveau symbolique, l’abeille est liée ainsi au double aspect collectif et individuel, et sur un autre plan au double aspect temporel-spirituel. 

Dans la tradition grecque, l’abeille fut associée parfois à Déméter, Déesse qui figure une des facettes de la Terre-Mère. L’abeille était vue comme l’esprit de l’homme se séparant du corps. Virgile chantait les vertus des abeilles. À Eleusis et à Éphèse, les prêtresses portaient des noms d’abeille. Elle était représentée sur certaines tombes comme symbole de la vie post mortem, car l’abeille semblait renaître après chaque hiver, ce qui donne à cet insecte une place incontournable dans la la loi des cycles, la grande roue de l’éternel retour. Elle fut également vue comme un symbole d’éloquence, de poésie et d’intelligence, élément en relation étroite avec les mélodies de son bourdonnement. Son aspect guerrier figuré par son dard, joue lui aussi un rôle indéniable. Elle défend avec vigueur combative les intérêts de la communauté, ce qui fait d’elle une juste représentante du guerrier qui défend contre vents et marées le bien-être et l’avenir des siens. 

Quant au miel qu’elle récolte et organise dans ses ruches, il est un symbole d’immortalité. La couleur dorée du miel met le produit en relation directe avec les forces solaires et ouraniennes, il est l’or des fleurs. C’est à ce titre d’ailleurs qu’on retrouve le miel dans la boisson sacrée des traditions païennes chez les Germains, Nordiques et Celtes. C’est le fameux hydromel. Dans la tradition germano-nordique par exemple, l’hydromel est en effet la boisson divine par excellence, lié au Dieu Óðin, c’est lui qui inspire Dieux et hommes dans leur quête d’immortalité et de poésie sacrée. 

On peut ainsi constater que l’abeille couvre de nombreux domaines symboliques chers à nos ancêtres païens. Ces domaines s’articulent autour du triple principe sacré de corps-parole-esprit, principe fondamental pour tout initié qui découvre les anciennes sagesses. L’abeille est un être solaire qui purifie par le feu de son dard et nourrit par la magie du miel. Elle est maîtresse de l’ordre social et garante de l’avenir de son espèce par le pouvoir de la sagesse et du glaive. Elle assure l’abondance et la prospérité, et figure le courage et l’ardeur belliqueuse des héros solaires et civilisateurs. 

 

Hathuwolf Harson.

 

Source :

“Dictionnaire des symboles”, Jean Chevalier et Alain Gheerbrant

 

Samedi 25 Novembre 2017