Remèdes

Medicina Plinii...

Une Formule Rituelle Romaine contre les Maux de Dents et de Tête...

Ci-joint se trouve une autre formule magique d'origine païenne. Elle est tirée d'un ouvrage du 4è siècle de notre ère qui s'appelle "Medecina Plinii" (La médecine de Pline). Cet ouvrage s'inspire de l'auteur romain Pline l'ancien. Ce rituel a pour but de soigner les maux de dents et ceux de tête, et c'est pour cela qu'il se nomme "Ad dentium et capitis dolorem". Voici ce que dit cette formule :

 

"Tourné vers la lune, tu dois dire la chose suivante: "Nouvelle lune, nouvelles dents; petits vers pourris, disparaissez! Comme toi (La Lune) qui ne peut être touchée par le loup ni par le chien, moi non plus. Aucune douleur ne doit affecter ma tête!" ensuite tu écriras ton nom sur une feuille de papyrus et tu l'attacheras sur ta tête."

 

  • La nouvelle Lune a son importance symbolique ici, car elle représente la transition entre la fin et le renouveau d'une lunaison. Ce changement cyclique est celui qui doit favoriser la guérison et la mort de la douleur. 
  • Le loup et le chien sont ici des métaphores pour les mauvais esprits et les démons qui sont à l'origine des douleurs liées à la maladie. 
  • Attacher son nom sur la tête permet de diriger la force de guérison vers l'endroit affecté par la douleur. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • "Medecina Plinii" in in "Antike Zaubersprüche", Universal-Bibliothek Reclam
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Medicina_Plinii

 

Samedi 2 Décembre 2017


Medicina Plinii...

Un Formule contre la Fièvre...

Magie de transfert...

 

Dans la Rome païenne, les rituels contre les maladies étaient nombreux. C’est encore une fois l’ouvrage du 4è siècle de l’ère vulgaire, Medicina Plinii III 15;8, qui va nous ouvrir la porte de la connaissance en nous présentant un des rituels païens contre la fièvre. Ce n’est pas n’importe quel type de rituel qui est mis en avant ici, puisqu’il s’agit d’un genre de magie très particulier. C’est une magie de transfert, un genre que l’on qualifierait de nos jours très certainement de magie noire, étant donné que le but recherché ici est de transférer la maladie sur d’autres personnes afin de se libérer soi-même de la maladie en question. Le transfert de la fièvre s’effectue ainsi d’une personne affectée sur des personnes saines. Le mécanisme magique est simple et obscur à la fois. On part du principe que la maladie en soi ne peut pas disparaître purement et simplement, elle a sa propre existence dans l’absolu. Le contenu (la fièvre) a donc toujours besoin d’un récipient (une personne). La maladie ne fait que changer de «logement» pour ainsi dire. Voyons donc en quoi consiste ce rituel, et voici exactement ce qu’en dit notre auteur romain.

 

«Contre la fièvre de quatre jours. Le patient doit envelopper dans un tissu de lin avec un fil du pain et du sel. Il doit avec un autre fil attacher le tout à un arbre, et conjurer le pain et le sel. «Demain viennent chez moi des invités ; recevez-les bien !»

Ceci doit être dit trois fois.»

 

La formule en latin répétée 3 fois est la suivante :

 

«Crastino hospites mihi venturi sunt, suscipite illos !»

 

Le pain et le sel ont un symbolisme et une force particulière dans les rituels de sacrifice. Ils sont très souvent présents lorsqu’il s’agit d’offrandes aux Divinités. Le pain est lié par les céréales qui le composent aux forces solaires, aux puissances ouraniennes (célestes). Le sel quant à lui est lié à la terre et aux forces chtoniennes (terrestres et souterraines). On invoque donc par là le Ciel-Père et la Terre-Mère comme archétypes. 

En enveloppant le pain et le sel dans un tissu, on cherche à emprisonner la maladie, ou du moins à la dominer en devenant maître d’elle. Les fils sont les liens qui génèrent cette domination. 

Le fait d’attacher le tout à un arbre n’est pas non plus un simple geste laissé au hasard. Car l’arbre, comme dans toutes les traditions païennes, est l’axe du monde qui relie justement les forces terrestres aux forces célestes. L’arbre permet la libre circulation des énergies entre le monde des hommes et celui des Dieux. 

Et enfin, le fait de prononcer l’incantation 3 fois nous renvoie bien-sûr au symbolisme du chiffre 3. Dire la formule 3 fois permet d’activer la magie. Elle lui donne vie. Ceci repose sur le principe de deux pôles opposés et complémentaires qui génèrent la vie, comme un homme et une femme qui donnent la vie à un fils. En littérature, ce principe est connu comme une formule incontournable pour toute bonne dissertation, c’est celui de «thèse-antithèse-conclusion». Le 3 donne le souffle vital à toute formule magique.

 

Ainsi, la prochaine fois que vous souffrez de fièvre, invitez donc chez vous des gens que vous n’aimez pas trop, et, au moyen de ce rituel, vous pourrez vous débarrasser de la maladie et affecter les personnes de votre choix. Toutefois, il est quand même conseillé de ne pas en abuser, car ce genre de magie de transfert peut avoir certains retours de flamme inattendus. À consommer avec modération donc…

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • «Antike Zaubersprüche», Alf Önnerfors – «Medicina Plinii III-15,8»

 

Lien :

  • Symbolisme du Chiffre 3

 

Samedi 2 Décembre 2017


Ad Captis Dolorem...

Remède contre Maux de Tête...

Voici un rite magique romain contre les maux de tête. La description de cette coutume remonte à Pline l'ancien, puis elle fut reprise au 4è siècle dans un texte nommé Physica Plinii Sangallensis, lui-même faisant partie de l'ouvrage Medicina Plinii. Voici donc selon ce passage ce qu'il faut faire en cas de maux de tête : 

 

"Écris sur un papyrus ces noms d'animaux sauvages et attache le sur ta tête: lionne, lion, taureau, tigre, ours, panthère, léopard. Après l'avoir attaché silencieusement, prononce les noms (des animaux)."

 

Ces animaux sauvages sont tous des symboles de force indomptée. Leur fonction dans le contexte magico-médical s'apparente fortement à celle de l'aurochs et de la rune Uruz de la tradition païenne germano-nordique (voir lien à la fin). 

 

Le fait d'invoquer le pouvoir des animaux sauvages est classé dans ce qu'on appelle magie associative. On associe le pouvoir d'un symbole à un rite bien précis. 

En attachant le papyrus autour de la tête, on opère une magie de contact. Comme nous l'avons vu pour plusieurs inscriptions runiques, le contact physique est fondamental pour que la magie soit opérationnelle. 

Puis en prononçant les noms, on réalise une magie incantatoire, les mots vibrent avec la force de leur propre énergie. En magie runique on appelle ceci un galdr. Ces mots donnent la force vitale à tout le rite.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • "Medecina Plinii" in in "Antike Zaubersprüche", Universal-Bibliothek Reclam
  • Medicina Plinii: http://fr.wikipedia.org/wiki/Medicina_Plinii

 

Lien :

  • La Rune Uruz

 

Samedi 2 Décembre 2017


Rituel contre l'Ivresse...

Festoyons à foison sans douleurs au caisson !

L’antiquité tardive a livré au 4è siècle de notre ère un ouvrage connu sous le nom de Physica Plinii Sangallensis, la médecine de Pline. C’est un traité de médecine et de magie dont les recettes mélangent les connaissances de l’époque et d’anciens rituels païens de la tradition romaine. Les descriptions détaillées des anciens rites ne sont pas toujours faciles à trouver, c’est bien pour cela que ce genre de témoignage historique se doit d’être préservé. 

 

Dans le cas présent, nous allons voir un rituel qui peut s’avérer être très utile parfois, car il permet de boire en excès sans pour autant devenir ivre. Festoyez à foison mais sans douleurs au caisson ! C’est du moins ce que prétendait ce rituel décrit dans le nº 41 de l’ouvrage Physica Plinii Sangallensis. Le rituel y est décrit avec précision. C’est un type de rite magique très spécial qui est mentionné ici, un genre que les spécialistes nomment magie de chromo-analogie sur lequel nous allons revenir. Afin de se soustraire aux effets de l’alcool, voilà ce que dit le texte traduit du latin :

 

«Contre l’ivresse, pour ne pas se soûler : Tu dois arracher la racine d’une anémone et la broyer, et là où elle grandissait, tu dois jeter une monnaie quelconque ; et, pendant que tu l’arraches, tu dois dire les paroles suivantes : «Anémone, je te prends comme remède contre l’ivresse». Portée dans un tissu écarlate, elle est censée faire des prodiges.»

 

Analysons maintenant ce rituel afin d’en comprendre les valeurs symboliques. Tout d’abord, il comporte une formule incantatoire qui est l’ordre par lequel la magie devient opérative. Cette formule est dans sa langue originale, le latin, la suivante : «Tollo te, anemone, ut sis remedium ebrietati». Le fait de parler à la plante pour lui expliquer le but de l’opération est très courant dans les rituels sacrés des traditions païennes européennes. On génère de cette manière un lien avec le végétal, un lien religieux qui met homme et plante sur un pied d’égalité. Par ailleurs, la formule consacre la plante, elle éveille l’énergie qui sommeille en elle afin qu’elle se transpose sur la personne. On ne donne pas de pouvoir à la plante, on ne fait que réveiller ce qui est déjà en elle. 

Ce qui nous mène tout logiquement à voir ce qui se cache derrière le choix de l’anémone, une fleur telle qu’on peut veut le voir sur l’image en bas à gauche. L’anémone, le mot est issu du grec ἀνεμώνη, un dérivé de ἄνεμος (anemos = courant de vent) qui signifierait « fille du vent », parce que le vent emporte ses graines plumeuses à de grandes distances. Dans la mythologie grecque, Anémone est une nymphe dont Zéphyr, Dieu des vents de l’ouest, tombe amoureux. La femme de Zéphyr, par jalousie, la transforma en fleur. Anemos, en grec, signifie vent. Plus tard, au moyen âge, l’anémone deviendra un symbole de l’abandon. L’anémone possède donc un symbolisme très riche dont la conclusion est le pouvoir de mener vers la mort. Car en effet, le vent est ce qui permet le déplacement, et l’ouest symbolise le crépuscule et la mort. Quant à l’abandon, c’est une forme de vouer quelque chose ou quelqu’un à l’oubli, et, l’oubli c’est la mort, car sans mémoire, la survie est impossible. Mais alors, que voue-t-on donc à la mort ici ? Et bien tout simplement, c’est l’ivresse qui est censée mourir par le pouvoir des racines de l’anémone. 

 

La pièce de monnaie que l’on doit laisser à l’emplacement de l’anémone est bien-sûr une offrande, un sacrifice que l’on fait à la grande Déesse, notre Terre-Mère. Par cette offrande, on cherche à rétablir un équilibre, une harmonie qui a été rompue lorsque la fleur fut arrachée. C’est un principe typiquement païen basé sur la notion sacrée du don mutuel, une notion très bien expliquée par une rune germano-nordique, la rune Gebo. 

 

Le tissu écarlate pour conserver les racines d’anémone broyées n’est pas non plus ici par hasard. «Écarlate» nous renvoie à la couleur rouge vif, une couleur qui symbolise la guerre et aussi la vie, car c’est la couleur du sang. Le sang est le véhicule de la vie. La couleur du tissu est ainsi une manière symbolique pour maintenir actif la force vitale contenue dans les racines de l’anémone. Ceci représente un des aspects de la magie chromo-analogique du rituel. La chromo-analogie est l’art d’activer le symbolisme d’une couleur en le mettant en parallèle avec l’objet du rituel, un parallèle au niveau des couleurs donc. Et, ce rituel comporte d’ailleurs une autre magie basée sur la chromo-analogie : la couleur blanche de l’anémone. Blanc doit rester le visage de la personne, ceci afin d’éviter la couleur rosâtre de celui qui a pris une bonne cuite. 

 

Nous pouvons constater ainsi que le symbolisme qui se cache derrière un simple rituel peut véritablement être richissime. Et pour conclure, il faut se souvenir que tout abus d’anémone peut nuire gravement à la santé…

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • « Antike Zaubersprüche », Alf Önnerfors, Reclam 1991

 

Samedi 2 Décembre 2017