17 Mars - Agonium Martiale et Liberalia

Fête du Dieu Mars et de Liber-Liberia...

Dans la Rome païenne, le 17 mars se célébraient deux fêtes de manière simultanée. La première était sous la tutelle des patriciens et la noblesse guerrière, elle était en l'honneur de Mars le Dieu de la guerre, l'Agonium Martiale. La deuxième fête était célébrée par la plèbe, elle se nommait Liberalia, elle était en l'honneur de la Déesse Libera et du Dieu Liber. Avec ces deux fêtes, nous sommes en présence d'une structure très indo-européenne où l'on reconnaît la deuxième fonction IE, celle de la classe guerrière, puis la troisième fonction IE, celle de la plèbe liée au concept de production et reproduction. 

 

Pour la fête du Dieu Mars, les prêtres saliens, après avoir effectué des offrandes au Dieu de la guerre, réalisaient des danses guerrières en faisant le plus de bruit possible avec leurs armes. La naissance du Dieu fut célébrée 17 jours auparavant, le 1er mars. Maintenant le Dieu est un homme dont la jeunesse est un hymne à la force et à l'esprit de lutte. Les armées souhaitent bien-sûr bénéficier de la protection du Dieu afin qu'il les accompagne dans la bataille et les mène à la victoire. Le bruit fait par les prêtres de Mars était censé faire fuir les derniers démons de l'hiver qui résistent encore aux forces ouraniennes et qui menacent l'ordre cyclique. Une grande joie envahit tous les patriciens car cette date du 17 mars marque le retour victorieux du grand Dieu Mars. 

 

L'autre fête, celle des Liberalia, était la célébration plébéienne en l'honneur de la fertilité et fécondité. On souhaitait bonne croissance aux humains ainsi que dans les champs. Les Dieux Liber-Libera étaient un couple divin dont les fonctions sont tout à fait comparables au couple divin nordique Freyr-Freya. Ils appartiennent tous à la grande famille des Divinités de la 3è fonction indo-européenne, celle responsable de la production et de la reproduction. Liber et Libera, en plus du lien avec la fertilité, étaient aussi associés au vin et à la liberté, garante du respect pour le peuple. En ce 17 mars de vieilles femmes se couronnaient de lierre, symbole du Dieu du vin, de la force végétative et de la permanence du désir. Ces vieilles femmes étaient parfois désignées comme sacerdotes Liberi. Elles vendaient dans les rues des gâteaux de miel, symboles de la régénération cyclique de la terre. Elles avaient avec elles des foyers portatifs sur lesquels une partie du gâteau était offerte à Liber au nom de l'acheteur. 

Puis la foule en liesse promenait triomphalement un phallus à travers les rues et les champs. On rendait ainsi culte au pouvoir de libération de Liber, ce même pouvoir qui libère la semence qui vient féconder la Déesse Libera. Cette procession du phallus à travers champs s'inscrivait tout à fait dans un processus de fécondation-germination-croissance, un concept valable et nécessaire pour tous les être vivants: humains, animaux, et végétaux. Pendant que l'on promenait le phallus sacré, la foule buvait de grandes quantités de vin, avec les conséquences que l'on peut s'imaginer. Des invocations au caractère très sexuel étaient adressées au couple Liber-Libera. Dans la ville de Rome, des représentations des organes sexuels féminin et masculin étaient menées en procession dans les rues jusqu'aux temples respectifs de Liber et Libera. Les débordements sexuels étaient assez fréquents et s'inscrivaient eux-aussi dans le cadre rituel de fértilité-fécondation, c'était comme si l'on aidait la terre à recevoir la semence qui permettra la croissance de la vie. L'étymologie indo-européenne résume à elle-même tout le sens de la fête des Liberalia, car le nom Liber vient de *leudh dont le sens profond est "celui de la germination, celui qui assure la naissance et la moisson". 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

La Religion Romaine Archaïque

Les Fastes

 

Samedi 11 Novembre 2017