13 au 15 Février - Lupercalia

Aux Origines du Carnaval...

Fidèle à sa vile habitude, le christianisme a tenté de récupérer à son compte la fête du carnaval en faisant d'elle la période festive qui précède le carême. L’origine du carnaval n’est bien-sûr pas chrétienne, mais bien païenne. Elle prend ses racines dans deux célébrations romaines. L’une d’elles est celle que nous avons vue pour Noël : les Saturnales. Pendant cette fête, l’élection du roi des fous et l’inversion des valeurs qui l’accompagnait, générait une ambiance de chaos qui rappelait celle qui précède le retour des forces solaires au moment du solstice d’hiver (voir lien à la fin pour les Saturnales). Mais la principale origine du carnaval se trouve dans une autre fête romaine très similaire. Voyons cette fête de plus près.

Dans la Rome païenne entre le 13 et le 15 février se célébraient les Lupercalia, fête que les français nomment les Lupercales. Cette célébration païenne était en l’honneur du Dieu Faunus, l’équivalent du Pan grec, un Dieu festif très lié à la nature dans son aspect le plus sauvage et le plus originel. La fête était très ancienne et remonte très certainement aux origines mêmes de Rome, antérieure à l’empire et à la république. Il faut se souvenir qu’à cette lointaine époque, le calendrier romain commençait au mois de Mars, ce qui replace les Lupercalia comme une fête de fin d’année à l’identique des Saturnales dans le calendrier postérieur. Le sens profond des Lupercalia ainsi que du carnaval est la célébration du chaos cosmique. En effet, une fois l’an, l’équilibre entre le monde réglé, civilisé, et le monde sauvage se rompait. Les rites des Lupercalia remettaient en question les cadres même de l’ordre social et cosmique. Les démons de l’hiver faisaient une dernière apparition avant le retour du printemps. Sans le savoir, ce sont ces esprits du chaos hivernal que l’on célèbre encore de nos jours en portant des masques monstrueux durant le carnaval. Les portes de l’infra monde s’ouvrent encore une fois permettant aux esprits obscurs de rejoindre le monde des vivants. Ce dernier aspect se célébrait par les Feralia, fête qui se tenait de manière parallèle aux Lupercalia. Le mois de février était pour les Romains le mois des purifications. Les rites des Lupercalia étaient ceux qui permettaient cette grande purification cyclique. Le chaos rituel de cette fête était une introduction magico-religieuse à la purification nécessaire pour renaître avec le nouveau printemps.

Le 15 février au matin, aux abords su Palatin, prenait place une étrange confrérie. On les nommait les Luperci (prononcer «louperqui»), les Luperques en français. Ils étaient les prêtres du Dieu Faunus. Ce nom de Luperci contient la racine du mot loup, car le loup était lié symboliquement au chaos des forces hivernales, et de plus il était l’ennemi des troupeaux qui étaient sous la protection du Dieu Faunus. Les Luperci formaient alors deux groupes, les Luperci Quinctiales et les Luperci Fabiani. Ils étaient vêtus d’une simple peau de chèvre attachée aux hanches et figuraient les esprits de la nature sauvage avec leur Dieu Faunus en tête. Les anciens Romains nommaient la peau de bouc "Februum", terme qui renvoie au rite de purification. L’humanité et les lois disparaissaient en ce jour des Lupercalia pour laisser place aux forces brutes de la nature. Deux boucs et un chien étaient alors sacrifiés en l’honneur du Dieu Faunus. Ce sacrifice rappelle les rites de fécondation (les chèvres) et les rites liés à l’infra-monde (le chien). Une bonne partie de l’esprit des Lupercalia réside dans ce sacrifice qui avait pour objet de favoriser les forces fécondantes pour l’année à venir, et de conjurer les forces du chaos hivernal. Puis, deux jeunes gens nobles sont amenés aux Luperci qui essuient sur le front de ces nobles le couteau encore sanglant du sacrifice. Les nobles représentent l’ordre social qui est en déséquilibre et mis en branle par les forces chaotiques. Le fait qu’ils soient jeunes est une marque pour l’avenir et l’espoir du renouvellement cyclique qu’ils figurent. Ensuite d’autres Luperci essuyaient le front des jeunes nobles avec un morceau de laine imbibé de lait, symbole lié à la fécondité et surtout à la purification. Les deux jeunes hommes devaient alors rire aux éclats. Ce rire avait une fonction bien précise dans le rituel : il symbolisait le souffle vital nouveau après la purification par le sang et le lait.

Suite à ce sacrifice rituel, on festoyait durant un grand repas bien arrosé. Les excès sont alors de mise, esprit qui s’est bien conservé jusqu’à nos jours. Contrairement aux divagations chrétiennes qui aimeraient faire de cette fête quelque chose de sobre et d’insipide, le carnaval doit être marqué par les excès en tous genres. C’était ainsi que le célébraient les anciens. Ces excès sont encore une fois un élément symbolique associé à la conception de l’abondance que l’on se souhaite mutuellement pour le nouveau cycle annuel. 

 

 

À la fin de ce repas bien arrosé commençait le point culminant des Lupercalia qui consistait en des courses purifiantes autour du Palatin. Partant du lieu dit Lupercal, une grotte symbolisant le passage vers l’infra-monde, les Luperci nus, simplement vêtus de leur peaux de bête encore sanglantes, courraient dans tous les sens avec à la main des lanières taillées dans les peaux de bouc. Avec ces lanières, comme s’il s’agissait de fouets, ils frappaient les gens de la foule réunie autour du Palatin. Ce sont surtout les femmes qui étaient visées. Les coups portés sur le postérieur des femmes figuraient un rite de fécondation. Les femmes, bien loin de vouloir échapper aux prêtres de Faunus, cherchaient plutôt le contact et s’offraient aux Luperci en leur tendant mains, cou, et postérieur. Ces scènes avaient bien-sûr une forte connotation sexuelle.

Bien des indices permettent de situer l’origine des Lupercalia très loin dans le temps. Tout porte à croire que nous sommes là en présence de rites qui remontent aux premières époques du néolithique européen. Elle correspond à la phase du paganisme antérieure aux Indo-Européens. Cette antériorité aux Indo-Européens est confirmée par ce qu’écrit Ovide au 1er siècle avant notre ère lorsqu’il explique que le culte de ce Dieu et ses rites furent amenés par les Pélasges du pays des Arcadiens à une époque très reculée. Il dit des Arcadiens que c’est un peuple tellement ancien qu’il habitait déjà son pays alors que Jupiter n’était même pas encore né. Ce peuple serait même plus vieux que la lune. 

Purification, fête, excès, célébrations à caractère sexuel, démons du chaos hivernal, tout ceci forme les fondements des carnavals les plus vivants où règne encore de nos jours un certain esprit des origines, celui des lointaines Lupercalia. 

Bon carnaval à tous !  

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

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Dimanche 12 Novembre 2017


Origine de la Saint-Valentin...

Cupidon
Cupidon

Le 14 février se célèbre le jour des amoureux, dit le jour de la Saint-Valentin. Les amoureux se font ce jour-là des cadeaux afin de marquer le lien d'amour qui les unit. Les chrétiens ont comme toujours tenté de récupérer cette Fête d'origine Païenne en lui collant le culte d'un saint. 


Lupercalia
Lupercalia

Bien que très sentimentale de nos jours, cette Fête était à l'origine bien plus "Charnelle". Ce jour des amoureux placé un 14 février remonte à la Fête Romaine des Lupercalia. Cette Fête Païenne des Lupercalia, qui se célébrait entre le 13 et le 15 février, comportait des Rites liés à la Fécondation. Ces Rites à caractère sexuel étaient censés assurer la fertilité des femmes pour le nouveau cycle annuel. Même au moyen-âge chrétien, ce caractère érotique de la fête était encore très vivant, même si cela se faisait avec un voile obligatoire de judéo-christianisme.  


Une autre origine Païenne peut être également retenue, celle du monde grec. Dans le calendrier de l’Athènes antique, le mois Gamélion, la période de mi-janvier à mi-février, était consacré au mariage sacré du Dieu Zeus et de la Déesse Héra. Ce mariage sacré aurait ainsi donné les fondements de la célébration du jour des amoureux. Cette dernière hypothèse n'est cependant pas vraiment attestée, alors que celle des Lupercalia romaines ne laisse aucune place au doute. 

Zeus et Héra
Zeus et Héra

Bonne Fête des Amoureux à toutes et à tous ! 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

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Dimanche 3 Décembre 2017


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