12 au 19 Avril - Cerealia

Fête de la Déesse Ceres...

Dans la Rome païenne du 12 au 19 avril se célébraient les festivités en l’honneur de la Déesse Ceres. Cette fête portait le nom de Cerealia. Comme son nom l’indique, la Déesse est liée à la croissance des céréales et des plantes nourricières en général. C’est bien de son nom que vient notre mot moderne de «céréales». L’étymologie de Ceres repose sur la racine indo-européenne *-ker, qui veut dire «croître». L’aspect «croissance» est important car c’est bien ce qui la caractérise dans le contexte de cette fête printanière. Elle est la Déesse qui protège la croissance des graines et permet le passage de l’état embryonnaire à celui de la première phase de croissance hors de terre. Bien que son nom repose sur une racine indo-européenne, la figure divine de la Déesse Ceres est largement antérieure aux Indo-Européens. Selon toute évidence son culte remonte aux premières périodes du néolithique, la grande révolution agricole de la préhistoire. Ovide dans un texte du 1er siècle décrit la Déesse comme celle qui apporta aux hommes une véritable évolution dans les habitudes alimentaires basée sur le passage de la cueillette à l’agriculture. Ceres est donc un des aspects de la Terre-Mère que nous avons vu avec Cybèle et que nous verrons avec d’autres Déesses comme Tellus Mater. Le mois d’Avril dans son ensemble est sous la tutelle de la grande Déesse dans son aspect jeune. On retrouve ici des correspondantes évidentes avec la Déesse germano-nordique Ostara. 

 

Du 12 au 19 avril se tenaient les «ludi ceriales», les jeux en l’honneur de Ceres. La plupart des jeux étaient des représentations théâtrales, sauf le dernier jour où les jeux se tenaient au Circus Maximus. Cerealia était une fête de la plèbe et relève de la fonction production et reproduction. L’existence d’un flamen cerialis, un prêtre exclusif de Ceres, garantit l’antiquité de son culte. Il était coutume de sacrifier à la Déesse une truie bien grasse comme symbole de richesse et d’abondance. Par ce sacrifice on demandait à la Déesse d’apporter la fertilité et la croissance aux champs. On lui faisait aussi des offrandes d’épeautre, une espèce de céréale qu’on nommait dans l’antiquité «le blé des Gaulois». Un autre type d’offrande à Ceres était celui de grains de sel, ce qui s’explique par le fait que dans toutes les cultures païennes le sel est une figuration de la Terre-Mère, le minéral bénéfique des entrailles de la terre. Au niveau symbolique d’ailleurs, la blancheur du sel, produit de la terre, contraste avec la noirceur de la terre. C’est comme si l’offrande de sel était un appel à l’aspect lumineux de la Terre. Pour honorer également la Déesse on brûlait de l’encens ou bien allumait des torches. Le dernier jour des Cerealia se tenaient dans le grand cirque des jeux très symboliques mais aussi très cruels. C’était un rite de purification dans le cadre de la fertilité des plantes, il célébrait les épis en formation après leur sortie de terre. La coutume consistait en un lâcher de renards auxquels on avait attaché sur le dos une torche enflammée. Les renards dans leur folle course désespérée étaient ainsi consumés par le feu purificateur. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

Les Fastes

La Religion Romaine Archaïque

 

Samedi 11 Novembre 2017