Rites de Passage

La Naissance...

Dans les Traditions Païennes de nos ancêtres Germains, la seule Naissance d'un bébé ne faisait pas automatiquement de celui-ci un membre de la communauté de sang. Le nouveau-né devenait membre de la famille et du clan une fois qu'il était passé par un certain rite lié au culte de la Déesse Frigga, l'épouse du Dieu Wodan-Óðinn et protectrice des naissances. Ce rite fut d'ailleurs repris et corrompu dans son sens initial par le judéo-christianisme, c'est leur célèbre rite du baptême. Mais nous allons nous attacher ici au véritable Baptême, à celui issu de nos Traditions polythéistes bien antérieures aux dérives du monothéisme chrétien.

Frigga
Frigga

Déesse Nerthus
Déesse Nerthus

Tel qu'on peut le voir sur le centre de la photo, au début de ce rite, l'enfant était déposé sur le sol par la mère et présenté au père. Le sol est ici un symbole de la Terre-Mère Nerthus, mère de tous les êtres vivants. Aussitôt après le bébé était élevé par la mère dans les airs, le mettant ainsi sous la protection de la Reine du ciel, la Déesse Frigga. La mère déposait ensuite l'enfant sur les genoux du père (Schoßsetzung). Il était alors aspergé avec de l'eau. Comme symbole de l'origine de la vie, l'eau était ici l'élément sacré qui permettait l'introduction officielle du nouveau-né dans le clan. C'était comme une seconde naissance. C'est à ce moment là que l'enfant recevait un nom, puis, pour la confirmation du nom reçu, on offrait à l'enfant un objet, en général une amulette. À partir de là, le bébé devenait un membre à part entière de la communauté de Sang, du Clan et de la Famille. 


Rite de Naissance
Rite de Naissance

Il était coutume de donner le nom du grand-père, et si ce dernier était mort, on donnait alors le nom du père. On marquait par là la continuité de la lignée, la permanence de la Race. Ceci reflétait aussi une croyance post-mortem bien particulière qui pourrait se traduire par une réincarnation des ancêtres au sein de la Famille et de la descendance. 

Rite de Naissance
Rite de Naissance

Tant que l'enfant n'était pas passé par les différents phases de ce rituel (Présentation de l'enfant, pose sur les genoux du père, initiation par l'eau vitale, don du nom, et confirmation du nom), l'enfant pouvait être abandonné. Ceci se faisait parfois pour des raisons bien particulières. Si l'enfant était mal formé, comportait une tare majeure, ou était issu d'une liaison douteuse, il pouvait alors être abandonné sans plus. On reconnaît là les principes de l'eugénisme, une coutume qui s'élève à une véritable éthique de vie. Dans de nombreuses sociétés traditionnelles européennes, tout était entrepris pour que la continuité du sang familial se fasse sur des bases saines et que puisse se perpétuer la bonne santé du clan et de la race. Si l'abandon n'était pas justifié, le clan pouvait condamner les géniteurs à une forte amende. Ceci était valable pour l'enfant qui n'était pas passé par le rituel. Une fois le rituel passé, tout abandon d'enfant pouvait être sanctionné par une peine de mort. 

Hathuwolf Harson

 

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Dimanche 26 Novembre 2017


L'Initiation du Jeune Guerrier...

Dans les Traditions Polythéistes Germano-Nordiques, comme dans la plupart des sociétés Traditionnelles, le passage de la vie de garçon à celle d'adulte était marqué par des rites bien précis. Pouvoir entrer dans l'alliance des hommes, le Männerbund, impliquait tout un processus d'initiation que le garçon devait accomplir sans faille. Porter les armes était un honneur réservé aux vaillants. Cette initiation était liée à des rites secrets dont malheureusement peu nous sont parvenus. Le caractère secret et la transmission orale des traditions rituelles étaient deux éléments fondamentaux de l'initiation. Femmes et enfants ignoraient complètement tout à propos de ce rite de passage, seuls les membres initiés du Männerbund en avaient connaissance. Dans la culture nordique, les guerriers étaient en général liés et voués au Dieu Óðinn. Nous allons voir que l'initiation du guerrier ressemble en partie au sacrifice du Dieu Óðinn à l'arbre du monde, véritable phase d'initiation du Dieu sur le chemin de la connaissance. Certains éléments historiques ont permis à plus d'un spécialiste de cerner la question et d'analyser les fondements sur lesquels s'articulaient l'initiation. 

Rituel du Jeune Guerrier
Rituel du Jeune Guerrier
Männerbund
Männerbund

Selon leurs conclusions, le rite d'initiation comportait les épreuves suivantes :

  • Pendaison simulée
  • Marquage par la lance
  • Épreuve de courage
  • Le marquage par la lance devait être une incision faite sur le corps du jeune homme au moyen d'une lance qui évidemment symbolise celle du Dieu Óðinn, la lance Gungnir. Par la cicatrice que laissera l'incision, l'initié est voué au Dieu et rejoindra ainsi la grande armée d'Óðinn au Walhalla si un jour il devait mourir au combat. Ce marquage par la lance représente bien-sûr aussi une épreuve de courage que l'initié doit surmonter afin de dépasser son état d'enfant et de le préparer symboliquement à la dureté de la vie.
  • La pendaison, tout comme celle du Dieu Óðinn à Yggdrasil, a un évident caractère magico-religieux lié au Seidr, le chamanisme du grand nord. Après avoir maintenu certaines postures corporelles précises, après avoir effectué des danses rituelles, et après avoir consommé certaines substances, l'initié entrait dans une transe extatique. La conscience en était alors altérée, il atteignait d'autres états de conscience lui permettant d'entrevoir les dimensions supérieures de l'esprit humain. S'en suivait la pendaison pendant laquelle le jeune homme restait quelques instants pendu par le cou, le temps nécessaire pour qu'il s'évanouisse. On le redescendait alors immédiatement. Pendant cette phase d'inconscience, l'esprit de l'initié voyage vers d'autres sphères, vers les autres mondes. Ce voyage chamanique en état extatique générait très certainement des visions auxquelles les initiateurs donnaient une grande importance. Les visions ainsi obtenues devenaient des messages pour l'initié, impliquant probablement le choix d'une ligne de vie, la connaissance d'un élément fondamental du destin propre, et surtout la rencontre avec son animal-esprit. Pendant le voyage au monde des esprits, l'initié rencontre en vision un animal qui l'accompagnera symboliquement durant toute sa vie. Les forces et les faiblesses de cet animal-esprit passeront sur l'initié. Cette transe est donc la phase pendant laquelle le jeune homme fait officiellement connaissance de sa Fylgja (voir lien à la fin). Cette pendaison correspond à ce qu'on appelle dans les sociétés secrètes la "petite mort", c'est la mort initiatique, une mort symbolique qui donne toute sa force au vieil adage païen: "il faut mourir pour renaître". 

La Pendaison
La Pendaison
  • L'épreuve de courage quant-à elle devait certainement se présenter de manière variée. Une d'elles est historiquement attestée. C'est l'épreuve de la chasse à l'Aurochs. Pendant cette chasse, le jeune homme devait prouver plusieurs valeurs nécessaires à un bon guerrier :
    • Ardeur
    • Courage
    • Intelligence
    • Ruse
    • Force

Il est fort probable que selon les régions et les époques, l'animal chassé ait pu être autre qu'un aurochs. L'ours et le loup en faisaient sûrement partie. Le dénominateur commun de l'animal chassé lors de l'initiation devait toujours être un animal puissant et dangereux.

Chasse à l'Auroch
Chasse à l'Auroch

Une fois terminée cette longue initiation, l'Enfant devenait un homme à part entière, un Guerrier du Clan.

Hathuwolf Harson

 

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Dimanche 26 Novembre 2017


Le Mariage...

Un des tournants dans la vie d'un homme est sans doute aucun le mariage. Chez les Germains c'était aussi le cas bien-sûr. La tradition païenne lui donnait une dimension particulière, propre à sa vision religieuse et à sa conception de la société des hommes. Le mariage était l'union sacrée d'un homme et d'une femme devant les Dieux et les hommes, c'est le moment où le jeune guerrier prend une responsabilité supplémentaire, celle de fonder un foyer et de perpétuer la lignée du clan. La loi du sang remontant aux propres Dieux et celle de l'héritage sacré des ancêtres peut alors être transférée de génération en génération. Seul l'arbre aux profondes racines atteint la voûte céleste. 

Mariage
Mariage

Le nouveau couple est ainsi le maillon d'une longue chaîne qui prend ses racines loin dans le passé pour donner vie aux branches du futur. La lignée est de grande importance car c'est au travers d'elle que vit la Fylgja de chaque individu. Un homme sans clan n'était plus vraiment un homme à part entière. Le pire châtiment, pire que la peine de mort, était le bannissement du clan. Dans la conception religieuse des cultures polythéistes, l'union de l'homme et de la femme perpétue l'union divine du Ciel-Père et de la Terre-Mère, source de toute vie et de toute fécondité. 

Gravure Rupestre Nordique dite de Hällristningar
Gravure Rupestre Nordique dite de Hällristningar

Un texte nordique, le Þrymskviða, nous renseigne sur un détail important de la cérémonie de mariage. C'est le passage où le Dieu Thor récupère son marteau Mjölnir dérobé par le Géant Thrym. On y apprend que lors du rituel de mariage, le marteau devait être déposé sur les genoux de la future épouse. Les pouvoirs du marteau n'étaient pas seulement liés au combat, Mjölnir était aussi celui qui provoquait la pluie, une pluie fécondante. Ce pouvoir de fécondation devait ainsi être transmis sur la future mariée. Sur la photo on peut observer une gravure rupestre nordique dite de Hällristningar, elle date de l'âge du bronze. On y voit l'union d'un couple symbolisé par un des baisers les plus anciens de l'archéologie. Au-dessus du couple se trouve un Dieu avec une hache en train de consacrer l'union du couple. On reconnaît dans cette très ancienne représentation d'une cérémonie de mariage, le prototype du Dieu Donar-Thor en train de consacrer par le pouvoir de son marteau l'union du couple.


Le couple se jurait mutuellement amour et fidélité en invoquant Vár dont le nom signifie "L'aimée", la Déesse des promesses et de la fidélité, celle qui consacre les contrats de mariage. La future épouse faisait des cadeaux aux hommes importants du clan en signe d'union honorable entre les clans respectifs du couple. Des cadeaux étaient également faits à la femme. Elle recevait surtout un trousseau de clés qui avait une haute valeur symbolique et rituelle. Ces clés étaient celles de son nouveau foyer, celui sur lequel elle allait désormais régner en maîtresse absolue. Dans le droit germanique franc, lorsqu'une veuve voulait divorcer de son défunt mari, elle devait déposer religieusement le trousseau de clés sur le corps ou le cercueil de son époux. 

Trousseau de Clés
Trousseau de Clés

Hathuwolf Harson 

 

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Dimanche 26 Novembre 2017


La Mort...

La mort est le passage obligatoire de tous les être humains. La Tradition Germano-Nordique n'y échappe pas :-)... La mort et les différents rites funéraires païens sont un vaste sujet qui ouvre les portes de l'au-delà. C'est un voyage dans la vision post-mortem de nos ancêtres polythéistes qui nous est donné ici. À ce propos il existe de nos jours des clichés comme le Walhalla ou la crémation de Balder sur 

bateau. Ces concepts sont certes réels dans la Tradition Germano-Nordique, mais elles sont loin d'être les seules. Contrairement aux idées reçues, ce sont ces autres traditions liées à la mort qui étaient majoritaires, car seuls les héros morts au combat se rendaient au Walhalla et peu nombreux étaient ceux qui avaient droit au rite de crémation. On pense parfois aussi de manière erronée que tout dans la Tradition Germano-Nordique serait purement Indo-Européen. Or ceci n'est pas vrai, car comme presque tous les autres peuples d'origine Indo-Européenne, les Germains continentaux et les Germains septentrionaux (Vikings) ont intégré dans leur culture de nombreux éléments issus des Traditions Pré-Indo-Européennes, principalement celles issues des premières époques du Néolithique. Cela se reflète d'ailleurs dans la paix que forgèrent à l'origine des temps, les Dieux Ases et les Dieux Vanes. Les Indo-Européens pratiquaient principalement la crémation des corps, ceci entrait dans leur vision solaire et héroïque de la mort. Or dans les Traditions Germano-Nordiques nous allons voir que de très nombreuses croyances païennes sont liées aux tombes et à la mise en terre, elle nous parlent de revenants et du monde de l'ombre. Ces croyances sont le lointain souvenir de la vision post-mortem des peuples Pré-Indo-Européens. Ça n'est qu'avec le Walhalla que nous reviendrons à l'aspect purement Indo-Européen de la mort.

Sarcophage
Sarcophage
Funérailles
Funérailles

Une personne qui décédait restait un membre de la société humaine à part entière, sauf bien-sûr si de son vivant elle avait subi le terrible châtiment d'être bannie. La croyance était très ancrée dans les mentalités que le mort continuait à vivre parmi les vivants, dans un autre état de conscience et une autre dimension de la réalité, mais toujours parmi les siens. Ceci démontre au passage que les liens de clan et de sang 

Rite funérailles
Rite funérailles

sont plus forts que la mort. L'individu meurt, mais le clan perdure. Cette conception est fondamentale pour bien comprendre la vision post-mortem des païens: l'individu est le maillon d'une chaîne, il est membre d'un clan, la communauté est plus importante que l'individu. Notre forme moderne de vie individualiste, parfois même égoïste, était étrangère aux traditions polythéistes. Le clan et la race (dans le sens tribal) étaient bien plus importants que le seul individu. Cela allait si profondément dans les mœurs, qu'une personne sans clan n'était pas considérée comme complètement humaine... 


Mais tout semble indiquer que les peuples Germano-Nordiques craignaient avant tout une chose: les revenants. Un mort pouvait sortir de sa tombe et venir physiquement hanter les siens. Il pouvait par exemple chercher à retrouver sa femme pour la rejoindre dans sa couche, ou encore vouloir attirer ses proches pour le rejoindre dans le monde des ombres. Le fils et héritier du défunt était en général chargé d'orche-

strer les rites funéraires. Cette personne comme toutes les autres assistants aux funérailles, prenaient bien soin de ne pas entrer dans le champ de vision du mort, car on pensait que le défunt chercherait alors particulièrement à revenir vers elle. Fermer les yeux du mort et cacher sa tête était une coutume qui visait à empêcher le mort de devenir un revenant nuisible. Cependant on mouillait aussi ces vêtements afin que l'élément eau, symbole de vie, lui permette de continuer à jouir de la force vitale dans l'au-delà. Cette apparente contradiction démontre en fait qu'on ne souhaitait pas la disparition pure et simple du mort; la seule chose souhaitée était qu'il ne se transforme pas en revenant. Les Nordiques prenaient soin de chausser le défunt avec les Hel-Skór, les chaussures pour se rendre au royaume de Hel, le royaume des ombres. Contrairement à la perversion judéo-chrétienne qui en a fait "Hell", l'enfer, lieu de souffrance et de punition éternelle vers lequel on est envoyé grâce au grand "amour" de dieu-le-père, ce royaume païen de Hel n'est pas un lieu de châtiment divin. Au royaume de Hel vont la plupart des gens pour continuer à vivre comme une ombre dans un autre plan de la réalité, on pourrait presque parler de monde parallèle. La Déesse Hel, maîtresse du royaume des ombres, figure très certainement l'aspect obscur de la Terre-Mère, car cette dernière est celle qui donne la vie mais elle est aussi celle qui la reprend. 

Déesse Hel
Déesse Hel

Toujours dans un soucis d'empêcher le mort de revenir dans son foyer, il existait la coutume de percer un trou dans le mur de la maison où se trouve le corps après le décès. On sortait alors le corps de la maison en faisant passer celui-ci par le trou dans le mur qui aussitôt après était rebouché. Cette étrange coutume a bien-sûr une explication: on croyait que le mort pouvait se souvenir du trajet de son lieu de décès jusqu'à la tombe, et que s'il devenait un revenant, il prendrait de manière prioritaire exactement ce chemin là. Le passage menant à l'inté-

Nordique décédé
Nordique décédé
Thurisaz
Thurisaz

rieur de la maison étant rebouché, il ne pourrait plus pénétrer au sein du foyer. Pour ces mêmes raisons, il était aussi recommandé de ne pas trop pleurer le mort, car les larmes avaient un véritable effet magnétique pour celui-ci. Les larmes invitent le mort à revenir. Si la personne décédée avait été très violente de son vivant, on prenait garde à renforcer les mesures qui empêcheraient le mort de revenir. Une de ces mesures exceptionnelles sera sûrement très familière à ceux qui aiment les histoires modernes de vampires. Ces mesures étaient d'empiler des pierres très lourdes sur la tombe, on attachait tout le corps avec des fils de laine en prenant soin de former des entrelacs, on le couvrait de broussailles épineuses, et on plantait dans son corps un pieu pour le fixer à la terre. Voici très certainement l'origine lointaine du vampire et du pieu qui le tue définitivement. Les Carpathes sont une région où plusieurs peuples germaniques s'installèrent lors de la période des migrations... Non pas que les Germains croyaient aux vampires tels qu'ils sont présentés de nos jours, mais cette image possède plus d'un trait commun avec cette crainte des revenants typiquement païenne. Les fils tressés s'expliquent par le fait que les entrelacs étaient entre autres un labyrinthe dans lequel pouvaient et devaient se perdre les mauvais esprits. Quant-aux épines, je vous renvoie au symbolisme de la rune Thurisaz pour comprendre leur fonction. 


On croyait que le défunt continuait à vivre sous terre, et que le tertre était la porte à cet Infra-Monde. Nous sommes là complètement dans un contexte chthonien et Pré-Indo-Européen. Les offrandes faites au mort devaient lui permettre de continuer à exister honorablement dans l'au-delà. Mais l'infra-monde chthonien n'était pas le seul, car il existait aussi l'infra-monde océanique. Au fond des mers se trouvait le royaume de ceux qui avaient péri dans les eaux. C'est le domaine de la Déesse Rán, l'épouse du "Titan" des mers: Ægir. Ce royaume est lui aussi un monde des ombres. Il était bien-sûr connu surtout par les peuples Germano-nordiques qui étaient en contact avec l'océan. La tradition de la barque solaire de l'Âge du Bronze Proto-Germanique a très certainement influencé cette vision du royaume de Rán, sans oublier la tradition qu'avaient certains Vikings de se faire enterrer ou commémorer dans un bateau ou une formation de rochers en forme de bateau. 

 

Les Germains continentaux connaissaient aussi une conception aquatique de l'infra-monde, elle est reflétée dans les cultes aux tourbières et aux marais. Elle est d'ailleurs très bien rendue dans la célèbre version filmée du Seigneur des anneaux de JRR Tolkien. C'est le passage lorsque Frodo, Sam, et Gollum traversent la grande plaine des marécages avant d'arriver à Mordor. On croyait que le fond des marais et des lacs étaient l'un des royaumes des morts. Il est intéressant de noter au passage que le mot allemand "Esprit, Âme" se dit "Die Seele" et que "Lac" se dit "Der See". L'âme, die Seele, remonte au germanique commun *saiwa-lö qui signifie "qui appartient au lac". Cette étymologie est plus que révélatrice de l'importance de ce concept du lac et des marais comme résidence des morts. Les tourbières ont logiquement permis aux archéologues de trouver de grandes quantités de restes d'offrandes et de sacrifices. 

Déesse Rán
Déesse Rán
Dieu Ægir
Dieu Ægir

Einherjar
Einherjar
Walhalla
Walhalla

Malgré cet apport important de Traditions Pré-Indo-Européennes, les Germains avaient aussi conservé dans leur vision post-mortem les éléments purement Indo-Européens. Le rite de la crémation étaient un de ceux-là. On brûlait le corps afin que le mort rejoigne le monde céleste des Dieux solaires, celui des Ases. Les cendres mises en terre symbolisaient la jonction entre la Terre-Mère et le Ciel-Père. Ce rite tout comme l'accès aux Walhalla, étaient en général réservés aux héros morts au combat. C'est l'arme à la main dans une action héroïque que devait mourir le héros afin que les filles du Dieu Óðinn, les Valkyries, viennent le prendre pour le porter vers la grande halle des occis, là où régnait en maître le Dieu Óðinn, le Walhalla. On y guerroie le jour et on y fait la fête la nuit. On meurt au combat pour renaître chaque jour afin de célébrer de nouvelles batailles. Ces héros morts au combat du Walhalla sont les Einherjars, ils se préparent pour le grand conflit final du Ragnarök, le destin des puissances. On retrouve le même principe d'Einherjar dans la version continentale avec la "Chasse sauvage de Wodan". Mais les héros morts au combat ne vont pas tous rejoindre cette grande armée de Wodan-Óðinn, certains rejoignent la Déesse Freya dans le domaine de Folkwang (Fólk-vangr = la plaine, la pelouse du peuple). Les femmes vierges rejoignaient également le domaine de Freya. Les femmes accomplies rejoignaient en général la Terre-Mère au travers du royaume de Hel. 


Ainsi, à la lecture de ce bref exposé, "Bref" car le sujet devrait être approfondi bien plus que cela si on veut vraiment faire le tour de la question, on peut se rendre compte à quel point le thème de la mort est complexe et varié. Comme dans tous les concepts païens, celui de la mort n'échappe pas à la règle, il n'existe pas de vision unique concernant la mort, mais bien des multiples approches. 

Hathuwolf Harson

 

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Dimanche 26 Novembre 2017


"Fara glöð ok kát til Óðinns"...

"Aller frais et Joyeux vers Óðinn"...

"Fara glöð ok kát til Óðinns", cette expression en langue norroise, langue parlée par les Vikings, signifie "Aller frais et joyeux vers Óðinn". Cette expression de la tradition païenne nordique résume très bien l'idée qu'avaient les anciens devant la mort et le Valhalla, l'au-delà régi par Valfadir, le Dieu Óðinn.  

La mort en combat était le moyen le plus fréquent pour être admis au Valhalla, mais contrairement à une idée reçue de nos jours, il n'était pas le seul. La pendaison, qui était le type de rite sacrificiel au Dieu Óðinn, était une autre manière d'y parvenir. La Gautrekssaga (172) nous parle également d'une falaise nommée Aetternistapi "Falaise de la famille" d'où les personnes âgées se précipitaient pour "Aller frais et joyeux vers Óðinn". 

Cette idée principale (sauf exception) était un élément fondamental dans l'approche de la mort pour les Païens de la Tradition Nordique. Il était indispensable que la mort ne soit pas la simple extinction d'une existence épuisée par la vieillesse, mais une mort active, une mort qui saisit l'être en pleine vie. Ceci reflète encore une fois l'aspect volontaire du païen nordique devant la mort. La volonté d'agir et de contrôler certaines conditions du destin est une véritable clé de voûte pour mieux comprendre le lien entre l'être et son destin. Le destin n'est pas une chose que l'on subit, mais une condition à laquelle on participe activement. Chez nous Païens, point de "Mektoub" "C'était écrit" comme le prône le monothéisme islamique, ce genre de fatalisme soumis à un allah tout puissant exigeant une foi aveugle était complètement inconnu de nos ancêtres païens. Óðinn exige des hommes qu'ils soient forts, fiers et actifs, et non des esclaves soumis. 

Hathuwolf Harson

 

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Dimanche 26 Novembre 2017


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