Magie Sexe et Boulangerie

Voici un autre rite ancien lié à l'amour. Ce rite, tout comme l'antérieur, a pour but de faire croître l'amour d'un homme pour une femme et d'éveiller en lui un fort désir sexuel. 

 

C'est encore une fois l'évêque Burchard de Worms, mort en 1025, qui va nous faire découvrir une des plus anciennes traces écrites de cette autre coutume très croustillante. L'évêque était très agacé par certaines anciennes traditions rituelles qui survivaient malgré tous les interdits chrétiens. Il écrivit un ouvrage en 20 livres nommé le Decretum, connu aussi comme le livre allemand des pénitences afin de remédier à ce paganisme qui perdurait. Dans le 19è livre, l'évêque de Worms évoque clairement certains rites d'origine païenne, des pratiques magiques liées à l'amour, à la pluie, à la malédiction, etc... Ils les condamnent bien-sûr en recommandant à chaque fois de faire pénitence et de demander pardon au petit jésus... Voyons à présent un de ces rites qu'il décrit dans son texte pour confessions.

 

"As-tu fait ce que certaines femmes ont l'habitude de faire? Elles se couchent sur le ventre, découvrent la nudité de leurs fesses et ordonnent qu'on prépare du pain sur leur derrière nu. Une fois cuit, elles donnent ce pain à manger à leurs hommes afin d'accroître leur désir pour elles. Si tu as fait ça,..."

(ici suit la pénitence).

 

Ce rituel est lui aussi basé sur le symbole magique du lien, un lien charnel ici. Celui qui mange une nourriture qui fut rituellement mise en contact avec la peau nue d'une autre personne, tombe sous le charme de celle-ci par le principe qu'on nomme "magie de contact". Dans un rite, le choix de la partie corperelle est important car il dirige la magie vers un but bien précis. Dans le contexte présent du derrière nu, le but recherché est évidemment relié à la magie sexuelle.

 

Hathuwolf Harson

 

Source : 

  • "Die religiöse Welt der Germanen", Hans-Peter Hasenfratz

 

Mardi 5 Décembre 2017