Symbolisme de l'Initiation

La notion d’initiation est importante pour les païens car elle est présente dans toutes les traditions païennes du monde. L’initiation est un rite de passage par lequel un novice est introduit dans une communauté et dans ses mystères liés à la connaissance reçue des anciens. L’initiation est une cérémonie qui met à l’épreuve le novice afin que ce dernier puisse accéder au niveau d’initié, une étape qui représente un stade supérieur dans la quête de connaissance et/ou de reconnaissance. 

 

Le terme d’initiation vient du latin «initatio», mot qui transmet l’idée de commencement et d’introduction. Avec le rite d’initiation, on commence donc une nouvelle phase, on est introduit dans un nouveau cercle de connaissance. On passe d’un monde à l’autre, d’un monde profane à celui du sacré. L’initié devient ainsi différent car il subit une transformation. C’est une métamorphose par laquelle on franchit une étape de la vie. C’est une renaissance. Ce concept de renaissance est fondamental étant donné qu’il est courant de parler de «petite mort» pour tout rite initiatique. Le novice meurt pour laisser place à la naissance de l’initié. Cette mort initiatique est comparable à un retour à l’état fœtal dans un ventre maternel. Le néophyte retourne à la nuit des origines afin de faire siennes les connaissances occultes, celles qui sont cachées au commun des mortels. Certains rites initiatiques comportent d’ailleurs un véritable simulacre de mort où par exemple le novice doit passer la nuit dans une tombe tel que ce fut le cas aux Externsteine. Au sortir de ce rite de passage, c’est un être nouveau qui naît. 

 

Dans nos traditions païennes, il existait différents types d’initiation.

L’initiation tribale est celle qui permettait à un jeune d’entrer officiellement dans sa communauté de sang, son clan et sa race. 

L’initiation guerrière est celle qui introduit le jeune néophyte dans un clan de guerriers, le mettant ainsi au même niveau que ses aînés. Les rites comportaient en général des luttes où l’on devait démontrer ses aptitudes au combat. Affronter un animal sauvage en combat singulier comme un aurochs ou un ours, était monnaie courante. Surmonter la peur et les souffrances physiques était un de ces aspects liés à l’accès au cercle des guerriers du clan.

L’initiation magico-religieuse était sans doute la partie la plus profonde et longue de toute initiation. C’était généralement une longue quête du savoir où il fallait étudier la connaissance héritée des ancêtres. Celle des druides de la tradition celtique par exemple durait une vingtaine d’années pendant lesquelles l’initié devait apprendre les récits anciens, les rituels avec toutes ses variantes possibles, étudier les lois du clan, acquérir le don de la poésie, de la connaissance des plantes, et devenir maître dans l’art de la magie. 

L’initiation de métier, elle aussi, joue depuis toujours un rôle important, car elle permet d’introduire le néophyte dans un cercle fermé de spécialités professionnelles. Les tailleurs de pierre du moyen âge en sont une très bonne illustration. 

 

Les rites initiatiques ont survécu de nos jours dans l’inconscient collectif des gens. C’est pour cela que l’on parle par exemple de voyage initiatique, un voyage pendant lequel on découvre des expériences tellement nouvelles que l’on renaît véritablement à une nouvelle vie. Même si elle est un peu dégénérée dans la forme, la notion d’initiation a également survécu dans nos bizutages modernes. Car dans le fond, il s’agit bien d’introduire le novice-étudiant dans un nouveau cercle, une «confrérie» qui permet d’être accepté par ses camarades comme un des leurs. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • «Dictionnaire des symboles», Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiation

 

Dimanche 3 Décembre 2017