L'Esprit Animal

L'Esprit Animal dans le Chamanisme

Principes basiques...

Ce n’est pas souvent que j’aborde le sujet du chamanisme car c’est un vaste sujet et assez complexe. Il est en tous cas incontournable si l’on veut bien comprendre une partie importante de nos racines païennes. Il faut se souvenir en effet qu’avant l’arrivée des Indo-Européens, le paganisme reposait en Europe principalement sur des cultes de type chamanique, des cultes qui se sont souvent maintenus parmi les civilisations d’origine indo-européenne. Pour illustrer ce fait historique, on peut citer l’exemple bien connu de la tradition païenne nordique qui possède des coutumes largement héritées de ses origines indo-européennes avec une grande place réservée aux cultes solaires, guerriers et ouraniens, mais aussi une partie non négligeable héritée d’un passé antérieur aux Indo-Européens. Cette partie s’est concrétisée avec la pratique de la magie connue sous le nom de «Seiðr». Ce Seiðr était clairement un culte de type chamanique où le prêtre-sorcier (ou la prêtresse-sorcière) entrait en contact avec les mondes invisibles au travers de transes rituelles. De nos jours, on qualifierait ces transes de voyage astral, des voyages pendant lesquels l’esprit du chaman cherchait des réponses à une quête afin d’acquérir la connaissance cachée des choses, ou tout simplement pour guérir une personne. Ces coutumes religieuses chamaniques se sont par exemple maintenues intactes dans les traditions païennes des peuples de Sibérie ou celles des Amérindiens. 

 

Les voyages spirituels du chaman sont presque toujours liés à un principe basique : l’esprit-animal que l’on appelle aussi l’animal totem. Chaque chaman est en contact très étroit avec son esprit-animal. C’est cet aspect que nous allons voir en détail dans cet article. Il faut savoir que dans le chamanisme, la notion d’esprit-animal est fondamentale. C’est un principe très très ancien car il remonte à notre plus lointain passé païen, celui hérité du paléolithique, une époque à laquelle nos ancêtres vivaient en communion complète avec la nature, l’époque antérieure à l’agriculture. Ils vivaient de chasse, pêche, et cueillette. C’était une période où l’harmonie avec la nature n’était pas une philosophie de la vie, mais une véritable nécessité afin de survivre. C’est là qu’un dicton amérindien bien connu illustre parfaitement notre propos : «la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre». Voyons donc les principes basiques de l’animal totem dans le chamanisme.

 

Tout animal possède un esprit, un esprit qui peut être celui de l’animal ou bien d’une Divinité qui se sert de l’image de l’animal pour communiquer des messages aux humains. 

Chaque animal a des caractéristiques propres liées à son profil de vie. Pour bien appréhender ces caractéristiques, il faut étudier le mode de vie de l’animal et tout le symbolisme qui s’y rattache. Pour le symbolisme des animaux, je vous prie de consulter le lien à la fin. 

L’esprit-animal est en général un animal sauvage et non domestiqué, car c’est des animaux dans leur état naturel et sauvage qu’émane toute la puissance spirituelle. 

À présent, un point très important : c’est l’animal qui choisit la personne, et non le contraire. Beaucoup de gens pensent qu’ils peuvent choisir l’animal selon leur préférence. C’est une erreur. C’est bien l’animal qui choisit. Mais comment ?... Les manières sont multiples en fait. L’apparition en rêve est la plus commune. L’animal se présente durant les songes, et lorsque le rêve est répétitif alors la confirmation de l’animal-esprit n’en est que plus forte. La rencontre dans la nature avec l’animal sauvage est un très bon signe aussi, surtout si elle est confirmée par d’autres éléments comme le rêve justement. Ensuite, toute une série de signes symboliques apparaissent «par hasard» lors de la quête de l’animal-esprit. Ces signes symboliques peuvent prendre des formes très variées comme un nuage dessinant les contours de l’animal, un rocher présentant la forme du même animal, une vision ou un mirage, une ombre en forêt, etc… De nos jours peuvent même se rajouter d’autres signes modernes comme celui de tomber par hasard et de manière répétitive sur un documentaire télévisé présentant toujours le même animal. Bref, la conjonction de tous ces éléments qui n’est pas le fait de coïncidences, fait que l’on comprend que le monde des esprits cherche à donner des signes à la personne sur la nature de son animal-esprit. 

 

Ensuite, il faut établir une relation avec son animal totem. Une telle relation se génère avec un premier pas dans le monde spirituel du chamanisme : la méditation. L’idéal est de trouver un endroit dans la nature qui fasse vibrer, comme une grotte, ou au pied d’un arbre, ou près d’une source, etc… Puis s’asseoir… Se détendre… Exercer une profonde et lente respiration… Maintenir le dos bien droit, car notre colonne vertébrale est notre arbre cosmique, notre Irminsul, qui facilite la circulation des énergies au travers des différents mondes spirituels. De manière facultative, à l’aide d’un tambour, marquer un rythme lent et répétitif, un rythme qui permet de faire ses premiers pas dans une transe chamanique… Se laisser pénétrer par les énergies de la terre et du lieu… Laisser venir à soi les images que l’imagination peut apporter… L’imagination est elle aussi un élément crucial car elle est la partie créative de l’esprit, et les chemins qu’elle emprunte ne sont jamais le fruit du hasard. Ensuite, il faut chercher à orienter lentement ces images vers la recherche d’un contact avec un animal… Patience… Surtout ne pas perdre le rythme de respiration… Lorsque se présente l’image de l’animal en question, il faut chercher le contact visuel et établir ainsi un premier rapprochement. De plus, on peut tenter un contact plus soutenu comme essayer de le «toucher», mais si cela ne devait pas fonctionner, ce n’est pas grave, car les premiers pas ont été faits, et c’est ce qu’il y a de plus important dans ce procédé de reconnaissance initiale. 

 

À ce stade, on peut dire que l’animal-esprit à été véritablement découvert. Afin de l’assimiler de manière durable, il faudra recommencer plusieurs fois le procédé, et confirmer le lien avec l’esprit-animal en s’entourant dans la vie quotidienne d’images ou de symboles qui nous rappellent cette connexion. 

 

Et, ce n’est qu’après toute cette phase initiatrice, que pourra commencer le travail du chaman, qui grâce à son animal totem, sera en mesure d’emprunter les voies des mondes jusqu’alors inconnus. Mais ça, c’est une autre histoire…

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • «Animal chamán – La sabiduría y los poderes mágicos y espirituales del mundo animal», Ted Andrews 

 

Liens :

  • Symbolisme des Animaux
  • Symbolisme du Tambour
  • https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305926009546214.1073741844.230064080465741/352848131520668/?type=3&theater

 

Dimanche 3 Décembre 2017