Grands Feux de Wallonie

Sur les terres de Wallonie, il reste une pratique rurale qui ne faiblit pas : celle des Grands Feux. 

 

Chaque année, et à des périodes diverses, d’énormes bûchers sont allumés et c’est ainsi que les habitants se retrouvent autour de superbes brasiers faits de branches et d’épicéas encore verts. Ces feux, que l’on peut apparenter à ceux de la Saint Jean, (il fallait évidement désigner sous un nom chrétien ces coutumes païennes) sont des symboles évident de purification et de retour de la lumière. En Wallonie les Grands feux se déroulent dès la fin de l’hiver et symbolisent dans ce cas le passage des ténèbres vers la lumière du jour, de l’enfermement hivernal long et casanier au retour aux activités agricoles et forestières extérieures. La fin des mois sombres est annoncée, brûlons le Bonhomme Hiver ! Ce géant de paille et de chiffons que l’on hisse au sommet du bûcher s’enflamme alors que la fête bât son plein. Dans les villages frontaliers français comme à Gespunsart, on y brûle encore aujourd’hui la « Mémé» sur une musique enivrante devant l’église du village !!! Celle-ci rappelle évidemment les femmes que l’on désigne en Belgique sous le nom de Macralles et qui ne sont autres que les «Sorcières» que l’on brûlait sur les bûchers selon des accusations parfois malhabiles sur fond d’hérésie… 

 

Les Grands Feux étaient autrefois tous placés sur des points hauts, très souvent sur un site sacré, pour qu’on puisse l’apercevoir de loin, comme à Rochehaut. Les jeunes gens sautaient par-dessus pour conjurer le mauvais sort et s’attirer de bonnes augures pour la saison à venir … 

 

Les Grands Feux, très appréciés, sont l’occasion pour la population locale de se retrouver et de festoyer jusqu’au petit jour. Mais il serait bon de rappeler aux jeunes et moins jeunes l’origine réelle et magico-religieuse de ces feux qui, au fil du temps, ont tendance à perdre de vue l'objectif fondamental … Nous retrouverons ainsi ce sens originel qui nous rapproche de la connaissance des anciens et de la magie de nos traditions ancestrales.

 

Picea Abies

 

Source :

  • Bodelet Michel « Le Grand feu , tradition immuable » in L’Avenir, 16 février 2011

 

Dimanche 3 Décembre 2017