Culte de l'Ours

Rites Païens Finlandais...

 

Les Finlandais appartiennent principalement au groupe ethnoculturel des Finno-Ougriens. Ces derniers sont un des rares peuples d’Europe à ne pas être d’origine indo-européenne. Bien que certains apports indo-européens ont eu lieu lieu au niveau ethnique, ceux de la branche nordique et la branche slave, les Finlandais parlent une langue qui n’est pas indo-européenne. La famille finno-ougrienne se compose de peuples comme les Lapons, les Finnois, les Caréliens, les Vepses, les Votes, les Estoniens, les Lives, les Tchérémisses, ou encore les Votiaks. Leur zone d’influence s’étend de l’Oural en Russie à la Finlande. La plupart sont de nos jours des tribus très isolées et numériquement en baisse constante. 

 

Les traditions païennes de ces peuples se sont conservées jusqu’au siècle dernier, et dans de nombreux cas, même jusqu’à nos jours. Certes, ils n’ont pas non plus échappé aux horreurs de la christianisation, mais au lieu de mélanger les deux religions, ils ont souvent réussi à les maintenir séparées de forme parallèle. Le paganisme des Finno-Ougriens remonte très loin dans le temps puisqu’il est l’héritier direct des traditions de la révolution agricole du néolithique et surtout des traditions de chasse et cueillette issues du lointain paléolithique. Ce qui caractérise le paganisme de ces Finno-Ougriens sont leurs cultes chamaniques qui rassemblent d’évidents parallèles avec les traditions chamaniques des peuples sibériens. Le chamanisme finno-ougrien a d’ailleurs probablement influencé en partie le paganisme nordique, ce qui peut se constater avec la tradition du Seiðr pratiquée par les Dieux Vanes ainsi que par le Dieu Óðin. 

 

Parmi les Finnois existait une forte dévotion au culte animal dont certains, comme l’élan ou l’ours, devinrent les animaux-totems des différentes tribus. Et c’est une de ces relations avec leur animal-totem que nous allons voir à présent au travers de leurs rites. L’animal en question est l’ours. Pour le symbolisme de l’ours, voir le lien à la fin de cet article. 

 

Le culte de l’ours était célébré de manière dramatique et festif à la fois. D’importantes cérémonies entouraient la mise à mort de l’ours. Les chasseurs n’avaient pas le droit de manger durant les deux jours qui précèdent la chasse à l’ours. Des rites de purification se tenaient pendant lesquels on passait les habits, les chiens de chasse, et les armes au travers des fumées de feux consacrés à l’esprit de l’ours. Ensuite, les chasseurs rampaient jusqu’à une grotte où se cachait l’animal. Ils le faisaient en chantant des hymnes en l’honneur du roi des forêts afin de le réveiller. Lorsqu’il sortait de sa caverne, les chasseurs le tuaient. Ils s’excusaient alors auprès de l’ours de l’avoir tué. On respecte de cette façon l’esprit de l’animal et s’établit ainsi une certaine harmonie entre l’homme, sa proie et la nature. L’ours était dépecé sur place. À continuation, on se rendait en procession au foyer du clan, une procession qui se faisait dans la joie et la bonne humeur. Arrivés à la maison, les chasseurs accrochaient la peau de l’ours au mur au cours d’un grand festin pendant lequel on ne pouvait manger que de la viande d’ours. Pendant les préparatifs du festin, il était coutume de chanter en l’honneur de l’animal. On posait le crane de l’ours sur la table afin que son esprit accompagne tous les membres du foyer. Le festin était fortement arrosé de bière et de schnaps. Le jour suivant durant une procession festive, on menait les os et le crane de l’ours dans une clairière en forêt. Les os étaient enterrés afin que l’esprit animal retourne vers la Terre-Mère, tandis que le crane était suspendu à une branche d’arbre, ce qui permettait de se concilier les puissances célestes. Cet acte rituel était aussi censé rappeler l’union sexuelle des forces terrestres et célestes. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • “Lexikon der Mythologie”, Herbert Gottschalk

 

Lien :

  • Symbolisme de l'Ours

 

Dimanche 3 Décembre 2017