Carnaval

Malgré les interdits historiques de l’église chrétienne, malgré ses nombreuses tentatives de récupération, le carnaval fut et restera une fête purement païenne, une fête qui a survécu jusqu’à nos jours en conservant dans le fond le sens originel de cette célébration qui remonte à la nuit des temps. Derrière les masques inquiétants du carnaval se dissimulent, de manière à peine voilée, les démons de l’hiver.

 

Selon le calendrier actuel, le carnaval est la période joyeuse qui va de l’épiphanie au début du carême, et dont les jours les plus importants sont les jours gras, le dimanche, le lundi, et surtout le mardi-gras. Ces jours sont suivis du mercredi des cendres qui marque le début du jeûne qui dure jusqu’à Pâques. Ce dernier point serait d’ailleurs l’origine étymologique du mot «carnaval» qui prend ses racines au 13è siècle. Il vient de l’italien «carnevale», mot qui à son tour vient de «carnelevare», et qui signifie «ôter la viande», terme qui fait bien-sûr référence au jeûne qui suit cette période festive pendant laquelle on s’abstient de manger de la viande. Cette même notion se retrouve dans le terme allemand de carnaval, le mot «Fasching» qui vient de Fastnacht, ce qui se traduit par «la nuit du jeûne». 

 

Les traditions européennes liées au carnaval sont nombreuses et variées. Malgré cette variété des rites carnavalesques, le fond reste toujours le même. Le symbolisme du carnaval repose sur deux points fondamentaux :

  1. Le carnaval célèbre les démons de l’hiver en invitant les gens à se déguiser. On reflète ainsi de manière burlesque le chaos hivernal que les mauvais esprits apportent en cette période froide de l’année et apparemment «morte». Les mauvais esprits sont le souvenir des Géants du chaos, les forces primitives qui régissaient l’univers avant que celui-ci soit mis en ordre par les Dieux. Ce passage du chaos primitif à l’ordre divin se retrouve par exemple dans le mythe de Zeus et de son père Cronos, la guerre entre Titans et Dieux de l’Olympe. La célébration des démons de l’hiver fait du carnaval une fête exutoire, une fête pendant laquelle on se libère de ses propres démons, élément qui nous permet d’exprimer tout ce qui est refoulé dans notre inconscient collectif. De plus, le chaos primitif est symboliquement figuré par l’inversion exceptionnelle de l’ordre social, car en effet, durant le carnaval, tout comme durant une partie des Saturnales du solstice d’hiver, on observe une claire tendance au renversement de l’ordre établi, de l’ordre hiérarchique et religieux. 
  2. Le carnaval est la fête qui permet de «brûler l’hiver», car avec le mercredi des cendres, on brûle symboliquement les démons de l’hiver, on les chasse, on les fait fuir. Ceci pose le carnaval comme une fête annonciatrice du printemps. Dans la grande roue des cycles, le carnaval nous prépare au retour prochain du printemps, il nous rappelle qu’après la mort hivernale, la vie reviendra dans toute sa splendeur et magnificence. La mort des démons de l’hiver ouvre la porte à une naissance cyclique, la renaissance de la Déesse du printemps. 

 

Les formes les plus anciennes du carnaval reposent sur des rites de combat suivis d’une mise à mort. C’est le combat entre l’hiver et le printemps, entre les forces du chaos primitif et celles de la renaissance solaire. Le passé (l’hiver) cède la place victorieuse au futur (le printemps). Pour l’exécution de l’hiver vaincu, on prenait un mannequin de bois ou de paille que l’on brûlait dans l’allégresse générale. La guerre entre l’hiver et le printemps a été souvent remplacée par des chasses symboliques, des défilés, et des concours de vers et de divers chants. Fourrures et grelots furent pendant longtemps les éléments principaux du déguisement pour les démons de l’hiver, hiver que l’on symbolisait aussi par un dragon, un loup, ou un serpent, tandis que pour le printemps on choisissait parmi les plus belles filles de la communauté. Cette messagère du printemps n’est autre que la fiancée du soleil qui attend durant tout l’hiver que vienne un héros solaire pour la délivrer (Thésée/Ariane, Siegfried/Brünnhilde, la Belle-au-bois-dormant et son prince charmant). 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • «Les traditions d’Europe», Alain De Benoist / G.R.E.C.E. Traditions nº14

 

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Dimanche 3 Décembre 2017


Un glissement de sens....

La coutume du carnaval nous donne encore une fois l’occasion de constater l’influence négative du judéo-christianisme sur nos traditions ancestrales. La haine viscérale qu’éprouve le christianisme pour le paganisme est inscrite dans leur bible, et fut suivie de faits criminels durant presque 2.000 ans. Le mécanisme de la lutte chrétienne contre le polythéisme fut toujours le même… d’abord l’interdiction pure et simple avec les pires condamnations à l’appui, bannissements, tortures, et bûchers. Puis, il arrivait souvent que cette interdiction n’était pas suffisante car la coutume était très enracinée dans l’inconscient collectif, et les gens continuaient à pratiquer les anciens rites, alors, le christianisme optait pour la récupération de la tradition païenne en l’intégrant à ses dogmes. MAIS, contrairement aux délires actuels des champions du syncrétisme, cette récupération ne s’est jamais faite dans le respect de la vision païenne. Elle a presque toujours été faite en trahissant profondément le sens originel du rite païen. Le carnaval en est un des très nombreux exemples.

 

Cette trahison du sens originel se trouve dans le rite du mercredi des cendres lorsqu’on brûle le mannequin du carnaval. 

Pour les païens, c’est l’hiver et ses démons que l’on brûle avec ce rite. On enterre le passé hivernal et son chaos. Cette date marque l’ouverture d’une période joyeuse et pleine d’allégresse car elle annonce le retour prochain du printemps. 

Pour les chrétiens, le mercredi des cendres représente l’ouverture d’une période triste et pleine de mortifications, car c’est le carême qui commence, époque de l’année pendant laquelle il faut jeûner jusqu’à Pâques. Pâques non plus n’est pas associée à la joie, car les Chrétiens commémorent à ce moment non la joie du printemps, mais la crucifixion de leur dieu, une mort qui symbolise le rachat du péché des hommes. La notion de péché, et surtout du péché originel, est complètement étrangère à notre vision du monde en tant que païens. Ce fut une invention typiquement sémitique, un élément de la tradition juive qui s’est introduit sournoisement en Europe grâce à l’obscurantisme chrétien. C’est ainsi que le mercredi des cendres s’est transformé sous l’influence néfaste du monothéisme. Auparavant, le carnaval désignait le retour des bonnes journées et le retour des forces vives et joyeuses. Mais avec le christianisme, le carnaval marque l’enterrement de la joie et de la vie. Le glissement de sens est total. Et, on devrait d’ailleurs ne pas utiliser le terme de «glissement» de sens pour qualifier cette récupération, car ce dernier ferait plutôt état d’une évolution. On devrait en fait parler d’une inversion totale du sens. Cette inversion du sens profond relève d’une trahison de l’esprit originel de cette belle fête cyclique qu’est la célébration païenne du carnaval. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • «Les traditions d’Europe», Alain De Benoist / G.R.E.C.E. Traditions nº14

 

Dimanche 3 Décembre 2017


Quelques éléments à la Fête...

Après avoir vu le symbolisme du carnaval (Voir=>https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.303290629809752.1073741834.230064080465741/884941358311340/?type=3&theater ), nous allons nous pencher ici sur quelques éléments traditionnels qui composent le carnaval. 

 

Le mannequin que l’on brûle rituellement fut depuis toujours l’élément principal. Comme nous l’avons déjà noté, ce mannequin pouvait avoir des formes différentes. La forme importait peu, car ce qui était essentiel, fut depuis longue date le symbolisme qui s’y rattache. On brûlait l’hiver et ses démons, on disait au revoir à l’hiver en attendant les promesses du printemps prochain. 

 

La baguette végétale était anciennement un élément important du carnaval. Elle était parfois remplacée par des fleurs ou du feuillage. Mais la plupart du temps, c’était une verge ou une baguette coupée d’un arbre, en général d’un saule ou d’un bouleau. Ces arbres sont associés traditionnellement au printemps et à la grande Déesse sous sa forme jeune, comme Freya dans la tradition germano-nordique. Une rune de cette même tradition est même dédiée au bouleau. Cette verge correspond bien-sûr à la baguette magique de nos contes pour enfants. C’est un symbole de vie et de fécondité lié au printemps et aux forces vives qui renaissent avec lui. C’est un symbole sexuel associé au sexe masculin. Il représente le pouvoir fécondateur du phallus, celui qui fertilise la terre afin qu’elle puisse renaître selon la loi des cycles sacrés. La baguette nous rappelle qu’en cette période de l’année, la sève monte dans les arbres. Sang et sperme de l’arbre sont matérialisés par cette sève qui est dans sa phase ascendante. 

Dans la région de Brandenburg, le matin du mercredi des cendres, les enfants des villages, donnaient aux passants des caresses piquantes avec des verges de bouleau. En échange, ils recevaient des bretzels de carnaval. La fête de l’ours dans les Pyrénées connaît également ce genre de procédé. Presque toutes les régions européennes d’ailleurs avaient d’une manière ou d’une autre cette coutume d’une baguette, d’une verge, ou même d’un fouet pour féconder symboliquement les habitants. Cette tradition est bien-sûr d’origine païenne. On la retrouve précisément dans la fête des Lupercales de l’ancienne Rome païenne (voir=>https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305425889596226.1073741835.230064080465741/367601320045349/?type=3&theater ) où une confrérie, les Luperci munis de lanières, se chargeait de féconder les femmes en leurs fouettant aimablement le fessier. Cette fête était dédiée à Faunus (Pan) car ce Dieu symbolisait de manière radicale le pouvoir sexuel lié à la fécondité. Les animaux jouaient également un rôle important, car durant les Lupercales, le bouc fécondateur venait chasser le loup hivernal. 

 

Les masques et les déguisements sont particulièrement à l’honneur durant les célébrations de carnaval. Ces déguisements reflètent avant tout les démons de l’hiver que l’on chasse dans l’allégresse générale. La dérision est une notion-clé des déguisements, on tourne tout en ridicule. Cet aspect burlesque ne doit jamais manquer car il symbolise la joie dans laquelle on refoule les démons de l’hiver. Tourner tout en dérision symbolise le chaos primitif des forces hivernales, tandis que la joie en soi est liée au bonheur du printemps qui reviendra. C’est également un lointain écho de la fête des fous qui fut une des composantes des Saturnales romaines du solstice d’hiver. Les farces et les excès en tous genres sont donc de mise pour réaliser un carnaval réussi. Tout comme chez nos ancêtres païens d’Europe, ces excès se traduisent par de grands banquets où la nourriture et l’alcool abondent de manière conséquente. Un carnaval sans excès ne respecterait pas ses racines païennes. 

 

Les charivaris, les cortèges et défilés du carnaval, sont eux aussi des éléments incontournables. Ils se déroulent toujours avec force et tapages…coups de fouet, coups de feu, pétards, feux d’artifices, cris et chansons sont un must de ces cortèges carnavalesques. Faire beaucoup de bruit est une loi qui régit tout bon carnaval. Ce vacarme symbolise d’une part le désir de chasser les démons de l’hiver, et d’autre part l’allégresse liée au retour des forces printanières. 

 

Une coutume qui fut pratiquée durant les carnavals traditionnels était celle du bœuf gras. C’est une tradition qui remonte aux Celtes, aux Romains, et aux Germains. On promenait un gros bœuf décoré de guirlandes de feuillages dans les rues en dansant et en chantant. Ce bœuf symbolisait l’abondance et la richesse que l’on invoquait pour le cycle nouveau. Ce bœuf gras était ensuite sacrifié aux Dieux, et surtout à la grande Déesse dans son aspect printanier. Les participants se devaient d’en manger car on communiait ainsi avec les forces vives qui ne demandent qu’à renaître. Ce bœuf gras est un lointain souvenir du taureau aux trois grues de la tradition gauloise, le Tarvos Trigaranus que l’on voit représenté sur le fameux chaudron de Gundestrup (voir=> https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.306259932846155.1073741845.230064080465741/461528393985974/?type=3&theater ). Ce bœuf est aussi à mettre en lien avec la rune germano-nordique Fehu, celle qui symbolise le bétail (vaches et bœufs), la rune de l’abondance et de la richesse. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • «Les traditions d’Europe», Alain De Benoist / G.R.E.C.E. Traditions nº14

 

Dimanche 3 Décembre 2017


Dans le Nord de la France et en Belgique, il existe une coutume très enracinée durant le carnaval qui est celle des Géants. Ces Géants se retrouvent un peu partout en Europe, mais ils sont particulièrement présents dans le Nord. La tradition des Géants du carnaval vient à l’origine de la péninsule ibérique (13è siècle), et elle s’est diffusée en Flandres et dans les régions limitrophes car au 16è siècle ces régions étaient sous domination espagnole. 

 

Les Géants nous renvoient bien-sûr à des origines bien plus lointaines que le moyen âge. Ils remontent aux Géants des traditions païennes d’Europe où ces derniers symbolisent le chaos hivernal. Ils sont une autre forme des démons de l’hiver qui sont présents dans presque tous les carnavals. Parfois, ces Géants ont un symbolisme plus précis et détaillé, surtout lorsqu’ils figurent l’affrontement de deux Géants, ou d’un Géant et d’une Géante. Ce conflit entre deux Géants représente la lutte entre les forces chaotiques de l’hiver et les forces vives du printemps qui ne demandent qu’à renaître. 

 

Les Géants du Nord ont également un autre aspect important qui est celui de la question identitaire. Car en effet, chaque Géant figure un personnage mythique ou historique lié à l’identité d’une région ou d’une ville. C’est ainsi que l’on trouve des Géants comme ceux de Cassel nommés d’après leur nom flamand «Reuze Papa et Reuze Mama», reuze signifiant Géant en néerlandais. On peut également mentionner Martin et Martine de Cambrai, le Roland d’Hazebrouck, Messire de Comines, Jan Turpin de Nieuport, ou encore la Belle Hélène de Steenvoorde. Il ne faut pas non plus oublier les Gayant dont l’origine remonte à la fin du moyen âge. Mais faire une liste exhaustive des Géants du Nord serait bien trop long car on en dénombre plus de 500. Longue vie donc à tous ces Géants qui nous rappellent que l’identité d’un carnaval se doit d’être défendue. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Géants_du_Nord
  • «Les traditions d’Europe», Alain De Benoist / G.R.E.C.E. Traditions nº14

 

 

Dimanche 3 Décembre 2017