Le Rite Basque de Guérison

Magie du 9...

La tradition païenne des Basques remonte à nos plus anciennes racines européennes. Leur langue, antérieure à l’indo-européen, prend sa source au plus profond de notre héritage issu du néolithique ancien. Bien que le paganisme des Basques ait intégré beaucoup d’éléments indo-européens, la plupart de leurs rites nous vient directement du plus lointain passé européen. 

 

C’est un de ces rites que nous allons voir ici, un rituel de guérison qui était encore pratiqué au XXè siècle, et qui l’est encore probablement de nos jours. Il était connu dans les régions basques de Tolosa, Urnieta, Andoain, et Oyarzun. Ce rite était censé guérir des problèmes du cou, comme les gonflements ou les «gangillas» (également connus comme les infarctus du cou). 

 

Le patient, après avoir jeûné, devait prendre un grain de sel et le frotter contre les parties affectées du cou en formant des petites croix, et, en même temps, sans respirer, il devait réciter la formule suivante en langue basque…

 

GANGILLAK DIRA + BEDERATZI ; BEDERATZIAK + ZORTZI ; ZORTZIAK + ZAZPI ; ZAZPIAK + SEI ; SEIAK + BOST ; BOSTAK + LAU ; LAUAK + IRU ; IRUAK + BI ; BIAK + BAT ; GAINGILLAK EGIN DEZALA ZIRTZART.

 

Traduction :

«Les infarctus sont + neuf ; les neuf + huit ; les huit + sept ; les sept + six ; les six + cinq ; les cinq + quatre ; les quatre + trois ; les trois + deux ; les deux + un ; que l’infarctus soit zirt-zart, qu’il soit détruit».

 

Le signe «+» correspond au symbole de croix que le patient doit à chaque fois dessiner avec le grain de sel. Il ne s’agit pas ici d’une croix chrétienne, mais d’un symbole lié à la Terre-Mère, la Déesse Mari. La croix à 4 branches égales est en effet un symbole de la grande Déesse, et ceci dans toutes les traditions païennes d’Europe. 

 

Une fois prononcées les dernières paroles, il fallait jeter au feu le grain de sel qui crépite instantanément, il fait zirt-zart. 

Ensuite, il fallait prendre un autre grain de sel et répéter toute l’opération. Ceci devait se faire 9 fois, jusqu’à ce que 9 grains de sel aient été jetés au feu. Et enfin, le tout devait être fait durant 9 jours. 

 

Voyons à présent le symbolisme païen qui se cache derrière ce rituel ancestral. La première partie du rituel, comme nous l’avons vu avec la croix, est en lien direct avec la Terre-Mère, nommée Mari dans la tradition basque. Le sel, lui aussi, est un élément qui est associé à la Terre-Mère. Le grain de sel est ainsi censé absorber le mal de la maladie, et, en le jetant au feu purificateur, la maladie est détruite. Cette partie du rituel est très probablement issue de l’héritage antérieur aux Indo-Européens. 

Par contre, la partie du 9, elle, est issue de la tradition indo-européenne. Le 9 est en effet présent dans toutes les cultures d’origine indo-européenne comme symbole d’un cycle nouveau, purifié, et renouvelé. Son étymologie et ses dérivés linguistiques ne laissent d’ailleurs pas de place au doute, car ils sont tous associés à l’idée de quelque chose de «nouveau», de neuf. Voyons quelques exemples issus de langues européennes :

-français 9 neuf (nouveau)

-allemand 9 neun (neu)

-anglais 9 nine (new)

-espagnol 9 nueve (nuevo)

-italien 9 nove (nove)

-norvégien 9 ni (ny)

-breton 9 nav (nevez)

Le fait que le rituel soit répété 9 fois durant 9 jours, nous donne 9x9=81, et, ce 81 en somme horizontale, nous donne encore une fois le 9, (8+1=9). Tout l’accent est donc mis sur ce renouvellement cyclique par le 9. Il contribue à la purification et à la guérison définitive de la maladie. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

Mitología Vasca 

 

Lien :

Symbolisme du Chiffre 9

 

Mardi 14 Novembre 2017