Mythe Scythe d'Origine Indo-Européenne

Objets Sacrés et Racines Indo-Européennes...

Le peuple scythe (prononcer Skite) était un peuple de cavaliers nomades qui apparut entre le 8è et le 7è siècle avant notre ère dans les steppes eurasiennes au Nord de la Mer Noire. Les Scythes appartenaient à la branche irano-aryenne des Indo-Européens. Certains auteurs grecs de l’antiquité ont pas mal écrit sur les Scythes. Nous allons voir ici le mythe des origines du peule scythe tel qu’il fut livré par Hérodote au 5è siècle avant notre ère, mythe dans lequel nous allons pouvoir apprécier l’héritage indo-européen. Voici ce que dit Hérodote (entre crochets se trouvent quelques commentaires que j’ai jugé bon de rajouter afin de permettre une meilleure compréhension du texte) :

 

« Le premier homme qui parut dans leur pays jusqu’alors désert se nommait Tarigitaos ; on le disait fils de Zeus et d’une fille du fleuve Borysthène ».

[Les noms propres sont ici une transcription en grec des anciens noms en langue scythe, c’est pour cette raison également que le lien est fait avec Zeus, citant ainsi l’équivalent grec du Dieu suprême du panthéon scythe. De plus, il faut remarquer que la lignée divine remonte à un fleuve, tel que ce fut le cas pour d’autres traditions indo-européennes comme celle des Celtes avec le Danube. Ce fleuve, le Borysthène, est l’actuel Dniepr en Russie].

« Lui-même eût trois fils, Lipoxaïs, Arpoxaïs, et en dernier, Koloxaïs ».

[Ce symbolisme du chiffre 3 nous introduit ici dans la tri-fonctionnalité indo-européenne, chose que nous analyserons à la fin de ce texte].

« De leur vivant, il tomba du ciel sur la terre de Scythie des objets d’or : une charrue, un joug, une hache, et une coupe ».

[Le parallèle avec les 4 objets sacrés des Tuatha-Dé-Danann celtes paraît ici évident].

«À cette vue, le plus âgé se hâta pour les prendre ; mais, quand il arriva, l’or se mit à brûler ».

[L’or est un symbole solaire de par sa couleur et sa pureté, et il est aussi l’apanage de l’élite souveraine].

« Il se retira et le second s’avança, sans plus de succès. Les deux premiers ayant ainsi renoncé à l’or brûlant, le troisième survint, et l’or s’éteignit. Il le prit avec lui, et ses deux frères devant ce signe, abandonnèrent la royauté toute entière à leur cadet ».

[Ici se dégage de manière explicite la première fonction souveraine indo-européenne, celle du roi].

« De Lipoxaïs sont nés ceux des Scythes qui sont appelés la race des Aukhatai, du second frère Arpoxaïs ceux qui sont appelés Katiaroi et Traspies, et du dernier, du roi, ceux qui sont appelés Paralatai ; mais tous ensemble se nomment Skolotoi d’après le nom de leur roi ; Skythai est le nom que leur ont donné les Grecs. Les Scythes disent que, depuis cette origine, à partir du premier roi Targitaos jusqu’à l’invasion de Darius, il ne s’est écoulé ni plus ni moins de mille ans ».

[Ce passage à l’apparence anodine a pourtant une importance fondamentale, car il nous rappelle encore une fois l’importance des lignées de sang pour nos ancêtres païens. Lignée, race et peuple sont des éléments incontournables pour quiconque veut comprendre la nature même de la philosophie païenne. L’appartenance à un clan est quelque chose de vital dans les traditions polythéistes, c’est uniquement là que l’individu se réalise véritablement en étant partie intégrante d’un groupe humain spécifique. Le paganisme n’est pas une question de choix individualiste ou de foi personnelle, c’est une question d’héritage et de tradition que l’on honore et perpétue.]

 

« Cet or sacré, les rois le conservent avec le plus grand soin. Ils offrent en son honneur, chaque année, de grands sacrifices propitiatoires ».

[Le caractère hautement sacré des objets en or ne fait aucun doute, car le fait de lui dédier des sacrifices, détermine justement un aspect purement religieux. Et la suite va nous démontrer que cet or est intégré dans la vision cyclique, vision typiquement païenne à laquelle s’opposera la vision linéaire des monothéistes]. « Si celui qui garde l’or sacré en plein air pendant la fête s’endort, les Scythes disent qu’il ne passera pas l’année ; aussi pour le dédommager, lui donne-t-on toutes les terres dont il peut faire le tour à cheval en une seule journée ». 

 

Hérodote continue plus loin en écrivant :

« Le pays étant vaste, Koloxaïs, racontent-ils, le divisa en trois royaumes pour ses fils ; il fit plus grand que les autres celui où était conservé l’or ».

[Ici encore se dessinent nettement les contours de la tri-fonctionnalité indo-européenne]. 

 

Avant d’analyser succinctement ce texte, nous allons voir le passage d’un historien romain du 1er siècle, Quinte-Curce, qui met en scène le discours des Scythes lorsqu’ils tentèrent de détourner Alexandre-le-Grand de les attaquer. Voilà ce que dirent les Scythes à Alexandre :

« Sache que nous avons reçu des dons : un joug de bœufs, une charrue, une lance, une flèche, une coupe. Nous nous en servons avec nos amis et contre nos ennemis. À nos amis nous donnons les fruits de la terre que nous procure le travail des bœufs ; avec eux encore, nous nous servons de la coupe pour offrir aux Dieux des libations de vin ; quant-aux ennemis, nous les attaquons de loin par la flèche, de près par la lance ». 

 

Dans ces objets sacrés des Scythes, ceux qui les relient directement à leur passé le plus lointain, on reconnaît de manière très aisée les objets symboliques des trois fonctions indo-européennes. 

  • La coupe représente l’aspect sacré et rituel de la fonction souveraine, ce qui équivaut à la première fonction indo-européenne, celle des rois. On retrouve ceci chez les Celtes d’Irlande avec le chaudron du Dieu Dagda, l’ancêtre véritable su Saint-Graal.
  • Les armes symbolisent de manière évidente l’aspect militaire, ce qui équivaut à la deuxième fonction indo-européenne, celle de la noblesse guerrière.
  • Le joug et la charrue sont quant-à eux des symboles de la troisième fonction indo-européenne, celle qui couvre les aspects production et reproduction, fertilité et fécondité. 

 

Ainsi, on peut sans trop se tromper, affirmer que ce mythe des origines scythes est non seulement beau, mais qu’il est en plus une source précieuse d’information, car ses éléments identitaires nous permettent d’intégrer complètement les Scythes dans le cadre religieux des traditions païennes d’origine indo-européenne. 

 

Hathuwolf Harson

 

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Mardi 27 Novembre 2018