Les Ancêtres Indo-Européens des Germains

On parle souvent de nos ancêtres indo-européens d'une manière générale et parfois même assez vague. D'un côté cela se comprend étant donné que les données historiques ne sont pas toujours précises et comportent encore de nombreuses zones d'ombre. La linguistique et l'archéologie nous ont cependant permis de reconstituer avec plus de précision ce pan de notre héritage culturel, religieux, et ethnique. Au stade actuel de nos connaissances, il est possible de recouper certaines données et d'identifier avec plus d'exactitude qui étaient ces Indo-Européens. On peut remonter ainsi le temps et faire le lien entre les peuples historiques et le lointain peuple originel des Indo-Européens. Nous allons voir ici le cas des Germains et de leur passé.

 

Les Germains sont identifiés par les archéologues en tant que tels à partir de 600 avant notre ère. C'est la culture de Jastorf et celle de Harpstedt qui marquent le début de l'ère germanique. Ces cultures sont les héritières de l'âge du bronze germano-nordique, également appelée période proto-germanique. L'aire géographique de cet âge du bronze germano-nordique correspond en gros au Nord de l'actuelle Allemagne et au Sud de la Scandinavie. De là viendront plus tard les Scandinaves et leurs célèbres Vikings, et peu avant ces derniers, les Germains continentaux. Ce qui permet encore une fois de rappeler au passage que Scandinaves et Germains sont issus d'une même origine, raison pour laquelle je parle souvent de "germano-nordique". Germains continentaux et septentrionaux (Scandinaves) sont donc les descendants directs de cet âge du bronze nordique. Ceci nous permet d'avoir un premier lien historique à l'heure d'établir une filiation ethnique et culturelle. Cette filiation de l'âge du bronze nous renvoie à une époque reculée qui tourne autour de 2000 à 1700 avant notre ère, période pour laquelle on observe que de faibles mouvements de population. 

 

Cet âge du bronze germano-nordique est à son tour l'héritier direct d'une civilisation que les archéologues ont identifié comme la culture de la céramique cordée, culture qui est identique à celle des peuples à la hache de combat. Ces deux dénominations sont dûes aux nombreuses pièces archéologiques qui caractérisent cette culture très ancienne. Le premier terme reflète les poteries de ce peuple, poteries qui comportaient des motifs décoratifs typiques dont l'allure générale rappelle un cordage, tel qu'on peut le voir sur le haut de la photo. Le second terme est le résultat des haches de combat qu'utilisaient ces lointains ancêtres des Germains. On peut en observer sur la photo en haut à droite. L'expansion géographique de cette culture de la céramique cordée était immense, elle allait de la Suisse jusqu'au plus profond de la Russie, du Rhin jusqu'à la Volga. La période historique que couvre la culture de la céramique cordée va de 2800 à 2200 avant notre ère. On suppose qu'elle est aussi l'ancêtre des peuples baltes et slaves, car dès 2800, il s'est effectué des divisions au sein de cette culture géographiquement très vaste qui ont donné d'un côté l'âge du bronze germano-nordique, et de l'autre l'âge du bronze balto-slave. Avant 2800 et surtout autour de 3000 avant notre ère, on peut parler d'une unité cette culture des peuples à la hache de combat. Cette date très reculée nous fait remonter à une grande période de transition historique, celle qui marque le tournant entre le néolithique ancien, et la période charnière entre néolithique récent et âge du bronze. À ce stade de notre enquête, on peut se demander à juste titre: "et les Indo-Européens dans tout ça?"...

 

Bien que tous les historiens ne sont pas d'accord sur le sujet, une majorité d'entre eux considèrent que les peuples de cette culture de la céramique cordée sont justement les Indo-Européens, le chaînon manquant entre âge du bronze germano-nordique et Indo-Européens des origines. Une minorité voudrait en faire des autochtones nordiques, mais de l'avis général, ces peuples à la hache de combat également nommés cultures de la céramique cordée, sont précisément ces Indo-Européens issus directement du foyer originel mythique. Ce foyer indo-européen des origines que la plupart des spécialistes situent dans les steppes du Sud de la Russie, pourrait selon d'autres versions être plus au Nord, dans l'actuelle Ukraine et Pays Baltes, ce qui nous ramènerait exactement à l'aire géographique de la culture de la céramique cordée. 

 

Il faut également rappeler ici que les ancêtres des Germains ne sont pas uniquement indo-européens, vu que ces derniers ont soumis puis se sont mélangés aux peuples autochtones issus de la plus haute préhistoire, les peuples dits pré-indo-européens, ceux de la première période du néolithique. Par ailleurs, il est intéressant de noter qu'avec cette culture des peuples à la hache de combat, nous sommes en présence de dates très reculées, dates qui remettent certaines pendules à l'heure. Car en effet, trop souvent on aurait voulu nous faire croire que les Indo-Aryens, branche indo-européenne qui émigra vers l'Inde et vers l'Iran, étaient les plus anciennes traces des Indo-Européens. Or, les Indo-Aryens firent leur entrée dans l'histoire entre 1500 et 1200 avant notre ère, période largement postérieure à celle des branches indo-européennes qui s'établirent sur le vieux continent européen. Mais ceci fera le sujet d'un autre article... 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Lundi 26 Novembre 2018