Le Minotaure et du Labyrinthe

Dans la tradition païenne de l’ancienne Grèce, le Minotaure est une créature monstrueuse avec un corps d’homme et une tête de taureau. Le roi Minos de Crète, au palais de la double hache, fit un construire par Dédale un labyrinthe afin d’y enfermer le Minotaure. Tous les ans ou tous les 3 ans, 7 jeunes hommes et 7 jeunes filles étaient amenés d’Athènes comme tribut au Minotaure. Ils lui étaient sacrifiés dans le labyrinthe. C’est le héros solaire et roi d’Athènes, Thésée, qui mit fin à cette coutume en se portant volontaire comme tribut. Thésée réussit à tuer le Minotaure et à retrouver son chemin hors du labyrinthe grâce au célèbre fil d’Ariane et à une couronne lumineuse. Le Minotaure était le fruit d’un amour coupable et plus que douteux, étant donné que sa mère, la femme du roi Minos était tombé amoureuse d’un splendide taureau. Ce dernier la prit comme une vache, et de cette union naquît Astérios, mi-homme mi-taureau, auquel on donna plus tard le nom de Minotaure (le taureau de Minos). Le père du Minotaure était un splendide taureau blanc que le roi Minos avait promis en sacrifice au Dieu Poséidon, une promesse que le roi n’a pas tenu...

 

Comme on peut le constater, le contexte duquel est issu le Minotaure est très tourmenté, voire chaotique. Et ceci n’est pas dû au hasard bien-sûr. Car le Minotaure est avant tout un symbole des forces chaotiques liées au monde souterrain, c’est le monde obscur des forces telluriques qui s’expriment au travers de ce monstre. Lorsqu’on connaît la très haute ancienneté des cultes de l’île de Crète, on peut raisonnablement supposer que la figure du Minotaure remonte à la plus haute préhistoire, à une époque antérieure aux Indo-Européens. Le roi Thésée représente quant-à lui le héros solaire typiquement indo-européen, il incarne la force divine ouranienne qui vient vaincre l’obscurité chaotique des forces chtoniennes. De nombreux parallèles existent dans différents mythes issus de la tradition indo-européenne : Siegfried terrassant le dragon Fafnir et Apollon tuant le serpent-dragon Python pour n’en citer que deux. 

 

Le Minotaure représente aussi l’inconscient refoulé de l’être humain, toue cette partie obscure et incontrôlée de l’inconscient. Le héros solaire à ce titre est une figuration du conscient et de la raison. Le fil d’Arianne symbolise quant-à lui l’aide spirituelle indispensable pour revenir à la lumière, il est le lien qui unit le héros et l’ordre ouranien. Par ailleurs, il est évident que le Minotaure a hérité en partie du symbolisme du taureau (voir lien à la fin).

 

Le symbolisme du labyrinthe est assez complexe et mérite un chapitre à part. Le labyrinthe est un enchevêtrement de chemins dont certains sont sans issue, à travers lesquels il s’agit de découvrir la route qui conduit au centre. Les plus anciens modèles de labyrinthes remontent aux grottes de la préhistoire, les reliant ainsi aux cultes de la Terre-Mère et au symbolisme de la grotte (voir lien à la fin). Le labyrinthe représente un voyage initiatique vers le centre spirituel. Pendant ce parcours, l’initié doit faire preuve de bonne intuition et faire confiance à son inconscient afin de surmonter les obstacles et les impasses. Une fois arrivé au centre, l’initié atteint un nouveau stade de conscience qui l’intègre aux secrets de la Terre-Mère et de son propre être. L’harmonie entre la grande Déesse et l’initié est alors accomplie. Le labyrinthe conduit également à l’intérieur de soi-même, principe selon lequel on rejoint la célèbre inscription du temple d’Apollon à Delphes : « Connais-toi toi-même, et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Le christianisme, fidèle à sa vile habitude, a récupéré le symbolisme du labyrinthe en faisant de lui une image du pèlerinage à Jérusalem en terre « sainte ». Comme on peut le voir, ici aussi, le christianisme a corrompu complètement le symbolisme en lui donnant une toute autre signification. Ce n’est donc pas parce que le christianisme récupère un symbole païen qu’il y a continuité de celui-ci. Bien au contraire, on peut parler de corruption, car la forme est conservée mais le fond est complètement altéré. Des exemples célèbres de cette récupération chrétienne se trouvent dans les cathédrales d’Amiens et de Chartres.

Dans l’antiquité, le labyrinthe fut également utilisé aux portes de certaines villes comme un système de défense, système qui annonce qu’en son centre se trouve quelque chose de précieux, mais que le cheminement ne se fait pas sans grandes difficultés, car il est réservé aux seules personnes autorisées. 

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

 

LIens :

 

Mercredi 28 Novembre 2018