Origines Païennes de Rouen

Rouen, future capitale de la Normandie, était peuplée durant les trois premiers siècles de notre ère par des Celtes (Gaulois). Son nom originel est Ratomagos. Cette période, bien que définie comme gallo-romaine, resta tout de même sous influence majoritairement celte. Mais cette période gallo-romaine est aussi celle qui commence à voir les premières campagnes de christianisation. À partir des 3è et 4è siècles, cette région allait changer profondément son substrat culturel et ethnique. L’arrivée massive de Germains, principalement des Francs, modifia les données de cette région, comme d’autres grandes parties de la Gaule, à tel point que le pays tout entier finira par s’appeler France, le pays du peuple germanique des Francs. L’installation et l’enracinement de ces Germains donna au début un nouveau souffle à la tradition païenne, car les Francs restèrent au tout début fidèles à Wodan, Tiwaz, Donar, et Frea, les Dieux de leurs ancêtres. Mais hélas, le vent tourna subitement lorsque pour des raisons politiques et stratégiques, les Francs se convertirent en masse au christianisme. Ces conversions étaient toujours imposées par le roi de tribu suite à sa propre conversion. Cette campagne de conversion atteindra son point culminant avec celle du roi Clovis 1er à la fin du 5è siècle. . .

 

Mais revenons en arrière à notre bonne ville de Rouen, vers 260 de notre ère. C’est l’époque où un chrétien fit parler de lui, un certain Mellon de Rouen, il deviendra le premier archevêque de Rouen et fut ensuite appelé Saint-Mellon. Des écrits du moyen-âge expliquent que ce saint-Mellon fonda le premier temple chrétien de la ville à l’endroit où il fit détruire l’idole (le Dieu païen en langage chrétien) de Roth. Ce Dieu Roth semble avoir été le nom local d’un Dieu celte dont les racines seraient à chercher dans les traditions locales d’origine indo-européenne. L’étymologie du nom originel de Rouen est l’unique indication qui nous permet d’entrevoir qui était ce Dieu. Car en effet « rato » (de Ratomagos) remonte à une racine indo-européenne « *ret(h) et qui veut dire « aller en char » utilisant la même racine que le mot Roue (Rad en allemand, Roth en vieil irlandais, Rhod en gallois, Rota en latin). Or, la Divinité celte associée au symbole de la Roue est le Dieu Taranis, le Dieu de la foudre. La deuxième racine du nom de Rouen (Ratomagos) est « magos », mot gaulois qui veut dire « champ ». Selon les différentes versions, l’ancien nom de la ville de Rouen pourrait donc être traduit par :

  • "Le Champ du Dieu Roth (Taranis)", terme qui pourrait être mis en parallèle avec le champ de Mars, le Dieu Romain, désignant ainsi un lieu de culte réservé au Dieu Roth ; mais ce terme pourrait également être compris comme "Clairière Sacrée du Dieu Roth". Les clairières étaient en effet d’importants lieux de culte chez les Celtes païens. 
  • "Le Champ de la Roue", terme qui pourrait faire référence à des courses de chars très prisées chez les Celtes, et qui se célébraient en l’honneur d’un Dieu. 

 

Durant une visite de cette très belle ville de Rouen, il serait donc juste de se souvenir que tout ne se résume pas à une cathédrale, car son âme véritable se cache au plus profond de ses racines païennes. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • «Histoire secrète de la Normandie », Jean Mabire
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Rouen#Toponymie

 

Lien :

  • Les Francs: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=289523121186503&set=a.305629736242508.1073741840.230064080465741&type=3&theater

 

Samedi 7 Avril 2018