Citation Saga Erik Le Rouge, les Skraelingar...

Guerre entre Vikings et Amérindiens...

Le premier choc de Cultures et de Races en Amérique...

 

La citation de la photo est tirée de la Saga d’Erik-le-Rouge, une saga nordique qui fut rédigée aux 13è et 14è siècles, mais dont les faits remontent à l’an 1000 au moment où les Vikings venus du Groenland s’établissent quelques temps sur les côtes Nord-Est du continent américain. Si certains de nos jours prétendaient que les Vikings n’avaient aucune conscience raciale, il serait grand temps qu’ils révisent quelque peu leur posture infondée. Lorsque les Vikings disent que les Amérindiens «étaient des hommes noirs et hideux avec de vilaines chevelures», ils ne laissent aucune place au doute quant à leur vision de cette autre race humaine qu’ils voyaient ici pour la toute première fois. Les Vikings avaient donné un nom aux «Indiens», ils les appelaient les Skraelingar, terme nordique qui avec le temps est devenu synonyme de «sauvages», mais qui à l’origine signifie «débiles». Dans le même passage de la saga, lorsque les Amérindiens voient pour la première fois des Blancs, les Vikings Karlsefni et ses hommes, «ils restèrent là un moment, s’émerveillant des gens qu’ils avaient devant eux». Alors que les Vikings n’aiment pas du tout le type ethnique des Amérindiens et les considèrent même inférieurs avec leur terme de «Skraelingar», les Amérindiens, eux, semblent admirer l’aspect racial des Vikings. Bref, tout ça pour démontrer qu’une conscience raciale existait bel et bien jadis, il suffisait pour cela que se rencontrent les races. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette rencontre entre Vikings et Skraelingar ne fut pas marquée par la paix. On ne peut même pas dire que la guerre fût la faute des Blancs, car dans le cas présent, ce sont bien les Amérindiens qui déclarent les hostilités. Voyons donc ce que dit la saga à ce propos.

 

Karlsefni accompagné de Snorri, de Bjarni, et de quelques 40 autres Vikings s’arrêtèrent à un endroit de la côte canadienne qu’ils nommèrent Hóp. Ils avaient l’intention d’y passer 2 semaines car cette île dans l’embouchure de la rivière était riche en poissons, en céréales, et en vigne sauvage. Ils débarquèrent leur bétail. 

Un matin de bonne heure, ils virent une grande quantité de kayaks. Les occupants de ces barques agitaient des armes semblables à des fléaux, ils les faisaient tourner dans le sens de la marche du soleil. Snorri fils de Thórbrandr dit qu’il pourrait s’agir là d’un signe de paix. Lorsque les hommes des Kayaks accostèrent et vinrent à la rencontre des hommes du Nord, les uns et les autres s’observèrent. C’est ici que les Vikings font la réflexion que «c’étaient des hommes noirs et hideux qui avaient de vilaines chevelures. Ils avaient de grands yeux et des pommettes larges». [Les pommettes saillantes sont en effet une caractéristique raciale des Amérindiens et des Asiatiques dont ils descendent]. Après s’être observés ainsi durant un bout de temps, les Skraelingar repartirent et doublèrent le cap à la rame. Finalement les Vikings décidèrent de rester à cet endroit et d’y passer l’hiver. Grande fut leur surprise de constater qu’il n’y neigeait pas en hiver, ce qui permit que le bétail restât dehors tout l’hiver. Ils construisirent des baraquements sur les hauteurs dominant un lac. 

 

Un jour de printemps, les Amérindiens revinrent. Les kayaks et leurs hommes étaient tellement nombreux que l’on aurait cru voir une «baie parsemée de bouts de charbon» [La référence au «charbon» pour parler des Amérindiens serait certainement considérée de nos jours par les bisounours comme une remarque à caractère raciste…]. Arrivés à terre, ils firent comprendre qu’ils voulaient faire du troc. Ils avaient l’air particulièrement intéressés par de l’étoffe rouge. Pendant les échanges qui se faisaient de manière tendue, les Skraelingar faisaient pression car ils profitaient de leur supériorité numérique. C’est à ce moment qu’un taureau du bétail des Vikings apparut par derrière la colline. Il mugissait terriblement et son aspect était fort impressionnant. Les Amérindiens prirent peur et s’en allèrent pour ne plus revenir durant 3 semaines. Lorsque les Skraelingar finirent par revenir, ils agitèrent leurs armes dans le sens contraire de la marche du soleil et hurlaient en même temps. À peine débarqués, ils attaquèrent les Vikings sans autre forme de procès, il était clair que les Amérindiens étaient revenus pour faire la guerre. Le premier choc vit des Vikings fiers comme de bons guerriers qu’ils étaient. Mais très rapidement, la très large supériorité numérique des Skraelingar fit que les Vikings durent battre en retraite en remontant le long de la rivière qui dominait le lac. Ils se réfugièrent sur un rocher où ils leur fut possibles de se défendre. Freydis, une des femmes nordiques, sortit d’un des baraquements, et cria à ses hommes : «Pourquoi fuyez-vous en courant ces misérables bonshommes, des hommes de valeur comme vous, alors qu’il me semble que vous pourriez les abattre comme du bétail? Et si j’avais des armes, j’estime que je me battrais mieux que vous». [Plusieurs remarques: l’étymologie du nom de «Freydis» mérite un détour, car il signifie «la Dise du Dieu Freyr», une Dise étant en gros une Déesse mineure. Elle considère les Amérindiens comme de «misérables bonshommes», ce qui une fois de plus est révélateur du sentiment des Vikings à propos des gens de cette autre race. «Les abattre comme du bétail» équivaut à mettre la valeur guerrière des Amérindiens au niveau zéro, c’est-á-dire rien. Par ailleurs on voit ici toute la valeur guerrière que pouvaient avoir les femmes vikings lorsque le contexte l’exigeait].Bien qu’enceinte, Freydis réussit à rejoindre la forêt. Les Skraelingar la suivirent. Elle trouva le corps mort de Thorbrandr fils de Snorri. Il avait une pierre plate enfoncée dans le crâne [reste d’un tomahawk indien]. Elle prit son épée. Les Skraelingar se ruèrent sur elle, lorsque Freydis retira le haut de son vêtement pour brandir fièrement ses seins. Profitant de cet instant de surprise, elle les frappa avec son épée. La rage brillait dans ses yeux, et les anciens auraient dit d’elle que la force du berserker la possédait. Une grande peur s’empara des Amérindiens qui décidèrent alors de prendre la fuite. Mais les hostilités n’allaient pas s’arrêter là, elles continueraient jusqu’à ce que ces Vikings se vissent obliger de retourner vers le Groenland. Mais ceci est une autre histoire…

 

Hathuwolf Harson

 

Source :

  • «Saga d’Érik le Rouge, in Sagas Islandaises», Régis Boyer [Belles Lettres]

 

Lien :

  • Les Vikings en Amérique :https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305629736242508.1073741840.230064080465741/310923865713095/?type=3&theater

 

Vendredi 13 Juillet 2018