Prier...

Visions Indo-Européenne et Sémitique....

Radicalement opposées...

Cet article ne parle pas de religion, mais de religiosité, terme qui désigne l’attitude adoptée face au divin. Nous allons voir le gouffre qui sépare la religiosité des Indo-Européens et celle des peuples issus des traditions sémitiques ou fortement influencés par celles-ci. Il existe un élément déterminant et très révélateur de cette grande différence : c’est la manière de prier. L’Indo-Européen de tradition païenne prie debout les bras levés vers la voûte céleste. Le monothéiste, dont la tradition plonge ses racines dans la religiosité sémitique, prie à genoux, et parfois même la face contre terre. Cette religiosité sémitique est celle qui a formé la religion juive, chrétienne, ou islamique. Elle est celle des hommes-esclaves, car leur dieu unique et jaloux exige une soumission totale et aveugle. C’est le principe même de la foi, mot qui implique une croyance basée sur une acceptation totale sans poser de question. C’est tout un système de dogmes qui ne permet aucune remise en question. 

 

Dans les langues sémitiques, le mot « prier » vient de la racine « abad » qui veut dire « être esclave ». Ceci est le fond même de la religiosité d’origine sémitique. On retrouve cette racine par exemple dans le prénom Abdallah qui signifie « esclave de dieu ». Dans les religions monothéistes, celui qui prie se place dans une attitude d’esclave face à son maître. Le fait de se mettre à genoux ou de mettre la face contre terre symbolise cette soumission totale. Lors de la christianisation des peuples païens d’Europe, la plus grande difficulté pour les évangélisateurs fut d’obtenir que le converti de gré ou de force accepte de se mettre à genoux. Cette attitude face au divin était inconcevable pour nos ancêtres païens. Ils étaient prêts à bien des sacrifices pour s’adapter à cette nouvelle religion étrangère imposée, mais se mettre à genoux, ça jamais ! Nombreux sont les exemples historiques qui nous parlent de païens condamnés à mourir pour avoir refusé de se mettre à genoux devant les symboles du monothéisme. Être soumis et esclave de son dieu était une attitude inconnue des Indo-Européens car ils ne percevaient pas leurs Dieux de la même manière. Fièrement debout, les pieds enracinés dans la terre, le regard vers le haut, les bras tendus vers le ciel, l’Indo-Européen païen invoque ses Dieux sans attitude servile. Son rapport avec ses Dieux et ses Déesses est basé sur l’amitié, c’est une relation de complicité comme celle qui peut y avoir entre deux bons amis ou membres d’une même famille. Lorsque le païen prie, il invoque ses Dieux afin de les honorer ou pour les remercier. Cette religiosité « fière et debout » cultive en l’homme des sentiments nobles de croissance et de grandeur. Les hommes et les Dieux sont soumis aux mêmes lois cycliques qu’ils partagent et réalisent selon le principe de l’harmonie. Et comme le dit si bien Hans F.K. Günther, « toutes les religiosités qui voudraient ôter quelque chose à l’homme, afin de le diminuer par rapport à une divinité devenue toute-puissante et opprimante, sont non indo-européennes. Toute religiosité qui considère l’une ou l’autre partie comme inférieure ou souillante, toute religiosité qui cherche à racheter l’homme et à le préparer pour des valeurs supra-terrestres ne sont pas spécifiquement indo-européennes. Chaque fois que ce monde se voit désacralisé au profit d’un autre monde, supposé contenir le « Bien éternel », nous quittons le domaine de la religiosité indo-européenne. La religiosité indo-européenne est, en conséquence, une religiosité de « l’ici-bas », de l’immanence. Toutes les formes dans lesquelles elle s’exprime l’attestent ». 

 

Hathuwolf Harson

 

Source : 

  • « Religiosité indo-européenne », Hans F.K. Günther

 

Vendredi 13 Juillet 2018