Les Guanches...

Symbole d'un Mystère Ethnique...

Au XVè siècle, lorsque furent (re)découvertes les îles Canaries au large du Sahara Occidental, grande fut la surprise des conquérants européens en constatant que ces îles étaient habitées par une population de race blanche vivant à l'âge de pierre. Cette population, parmi laquelle la présence de yeux clairs et de cheveux blonds n'était pas rare, allait ouvrir la porte à bien des interrogations. Malheureusement, pendant l'époque de la conquête, l'étude de cette mystérieuse population ne fut pas une priorité. Au nom de la "civilisation" chrétienne, les Guanches furent en grande partie exterminés ou bien réduits en esclavage. Ici aussi, le christianisme a laissé de sanglantes traces d'une évangélisation forcée. Les aborigènes des îles Canaries qui ne furent pas tués ou envoyés à l'étranger comme esclaves, furent soumis à une destruction presque totale de leur culture millénaire et obligés de renier leurs anciens Dieux. De plus, le mélange ethnique avec les conquistadors finit par achever ce qui subsistait de leur identité. Ce n'est qu'à la fin du XXè et en ce début de XXIè siècle que des études sérieuses furent entreprises sur l'origine des Guanches. L'archéologie, la lingüistique, l'étude des pétroglyphes, ainsi que des études raciales comparatives grâce aux momies guanches, ont permi de se faire une meilleure idée sur la question des origines. Les études raciales ont démontré des origines cromagnoïdes et méditerranéennes. Les études lingüistiques et celles de certains symboles ont permi de constater des origines berbères qui remonteraient au 5è siècle avant notre ère (rappelons au passage que les Berbères d'avant la conquête musulmane étaient des populations de race blanche).

 

Il semblerait qu'il faille considérer deux origines, et même trois origines possibles pour les Guanches. La plus ancienne pourrait remonter à une vague d'immigrants qui seraient venus du Sud de l'Europe par les côtes atlantiques. Cette population serait directement venue de la civilisation mégalithique européenne, certains disent même qu'ils l'auraient fuit. La civilisation mégalithique en Europe était très fortement implantée sur la façade atlantique. L'île la plus occidentale des Canaries, La Palma, présente de très nombreux pétroglyphes avec des symboles très proches de ceux qu'on connaît du Néolithique européen: spirales, cercles concentriques et symboles solaires. Voir photos=>http://s5.wklcdn.com/image_5/155338/1894512/1452235.jpg

http://www.bienmesabe.org/revista_uploads/Petroglifo.jpg

http://sobrecanarias.com/wp-content/uploads/2009/06/la-zarza-6.jpg

Une deuxième vague d'immigrants aurait pu venir durant l'antiquité, c'est celle qui correspondrait à des personnes d'origine méditerranéenne, tels que grecs ou phéniciens. Mais comment et pourquoi ils seraient venus, reste un mystère, surtout si l'on tient compte du fait que les Guanches ne connaissaient pas la navigation en haute-mer. 

Une troisième vague serait celle qui correspondrait aux Berbères venus par l'Afrique du Nord, des Berbères qui n'avaient pas encore connu d'invasions arabes. Cette vague est celle qui aurait été la plus importante. On ne possède que très peu de vestiges lingüistiques, mais le peu qui a pu survivre indique clairement une origine berbère. Par ailleurs, les études archéologiques ont constaté que les Guanches utilisaient une écriture rudimentaire dont les signes gravés sur différents rochers montrent de très fortes similitudes avec l'écriture lybico-berbère=> http://fr.wikipedia.org/wiki/Tifinagh

Voir photos pour ces exemples aux Canaries=>

http://www.arqueomac.org/descargas/Yacimiento_rupestres.pdf

http://mdc.ulpgc.es/cgi-bin/showfile.exe?CISOROOT=%2Faguayro&CISOPTR=1660&filename=1661.pdf

 

Notons au passage qu'il existe de nos jours un petit groupe qui tente de faire revivre les racines païennes des Guanches parmi la population canarienne actuelle=> http://fr.wikipedia.org/wiki/Église_du_Peuple_Guanche

 

Pour plus de renseignements sur les Guanches, voir liens suivants :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guanches

Très bon documentaire (en español) sur les Guanches=> https://www.youtube.com/watch?v=Gp9wbKg4p-U

 

Hathuwolf Harson

 

Vendredi 13 Juillet 2018



Le Mythe Guanche de Gara et Jonay...

Eau et Feu...

Le Mystère des Origines...

Avant de commencer à présenter ce mythe, voici un petit rappel de qui étaient les Guanches. Ces derniers sont un des mystères ethniques de l'histoire. Les Guanches (prononcer "gouantchess") étaient la population aborigène des îles Canaries. Bien que ce terme ne désignait à l'origne que les habitants de l'île de Tenerife, il est devenu le mot générique pour tous les anciens habitants des 7 îles canariennes, archipel qui se trouve dans l'océan atlantique au large des côtes du Sahara. Lorsqu'au 14è siècle le normand Jean de Béthancourt au service de la couronne d'Espagne découvrit les îles Canaries, la surprise fut énorme car ces Normands se trouvèrent face à une énigme de l'histoire: les îles étaient peuplées par des gens de race blanche vivant à l'âge de pierre. Ces Guanches présentaient des caractéristiques raciales similaires aux Européens, mais leur culture relevait de la préhistoire. Ils ne connaissaient pas le métal, vivaient d'élevage, de pêche côtière, de cueillette, et d'une agriculture très rudimentaire. Ils vivaient en harmonie complète avec la nature, une nature qui n'était d'ailleurs pas toujours très clémente étant donné que ces îles sont régulièrement la proie d'éruptions volcaniques. Les Guanches étaient organisés en clans (menceyatos) dirigés par des rois (menceyes). Ils étaient païens et croyaient en des Dieux comme Achamán (le Dieu céleste), Magec (le Dieu du soleil), Guayota (le dieu-démon du feu, très lié à l'activité volcanique), Chaxi-Raxi (la Déesse-Mère). Les conflits entre clans n'étaient pas rares. La grande question se posa depuis le début: d'où venaient-ils? Quelles étaient leurs origines? 

 

Bien des théories farfelues furent avancées durant 5 siècles: descendants d'Atlantes, de Germains, de Vikings, d'esclaves grecs abandonnés sur les îles, d'Égyptiens (car les Guanches momifiaient leurs morts), de Phéniciens, etc... Toutes ces théories n'ont jamais tenu la route car d'énormes incompatibilités historiques ont été depuis mises à jour. Si les Guanches avaient survécu à la conquête espagnole, avec leur langue, leur religion et leur culture, tout eût été beaucoup plus simple. Hélas, ce ne fut pas le cas. Avec les "conquistadores" arriva le plus terrible fléau pour une culture païenne: les chrétiens et leurs hordes de prêtres inquisiteurs. La conquête dura en gros un siècle, et pour les Guanches le résultat fut dramatique: une bonne moitié fut exterminée (ceux qui ne sont jamais soumis au dieu exclusif et jaloux des chrétiens), de la moitié qui resta en vie, une grande partie fut envoyée à l'extérieur en esclavage, et ceux qui purent rester furent presque complètement soumis à la loi ravageuse des conquérants. L'assimilation culturelle et le mélange racial avec les Européens ne laissèrent que peu de vestiges authentiques parmi ces autochtones. Ce n'est qu'à la fin du 20è siècle qu'enfin eurent lieu des études sérieuses pour comprendre l'origine de ces Guanches. 

 

L'étude des rares restes de leur langue et de leurs symboles gravés sur des roches ont permis d'entrevoir un début d'explication. Les restes archéologiques semblaient confirmer cette nouvelle théorie: les Guanches seraient arrivés aux îles vers 1000 avant notre ère en venant d'Afrique du Nord. Ils seraient en grande partie des descendants de populations berbères. Rappelons que les Berbères sont à l'origine eux aussi de race blanche et appartiennent au grand groupe ethnique des peuples antérieurs aux Indo-Européens, ceux-là même qui peuplèrent le Sud de l'Europe et toute la façade atlantique de l'ancienne Europe du néolithique. Les correspondances entre Berbères, Ibères, Irlandais et Bretons de l'époque mégalithique ou pré-mégalithique, et Guanches, sont trop nombreuses et ne peuvent pas être le fruit de coïncidences. Les pétroglyphes guanches en écriture lybico-berbère confirment cette relation très étroite. Mais, il y a toujours un "mais", de très récentes études raciales grâce à l'ADN remettent encore une fois en question l'origine des Guanches. L'étude ADN a en effet démontré que les Berbères ne pouvaient être qu'une partie de l'explication, car les Guanches possédaient un profil génétique qu'on ne retrouve pas chez les Berbères. On pourrait presque dire que l'on se retrouve à la case départ. Conclusion de cette présentation ethnique des Guanches: ils étaient de race blanche, ils ont été avant leur arrivée aux îles en contact culturel très étroit avec les anciens Berbères, mais ne partagent pas les mêmes origines. D'où venaient-ils? Mystère...

 

Voyons maintenant un des mythes guanches qui a pu survivre à la conquête ravageuse des chrétiens. Il s'agit d'une belle histoire d'amour chargée de valeurs symboliques qui remontent à des archétypes typiques de la période du néolithique européen. C'est le mythe de Gara et Jonay (prononcer RRonaï, le "RR" représentant le son J en espagnol, ou le son CH en allemand comme dans "auch"). Gara était une noble guanche vivant sur l'île de La Gomera. Elle était princesse d'un endroit nommé Agulo. Ce lieu était en relation très étroite avec l'Eau vu que 7 belles cascades d'eau fraîche parcouraient la localité. Rappelons que l'eau est une denrée plutôt rare aux Canaries. Cette eau venant des forêts montagneuses du Cedro ont donné à Agulo une réputation de terre fertile et bénie des Dieux. Tout le clan d'Agulo se préparait pour le Beñesmén, la grande fête de la récolte. On attendait l'arrivée des Menceyes (rois) de l'île voisine de Tenerife afin de célébrer ensemble les rites de cette fête. L'île de Tenerife se caractérise au niveau symbolique par un élément de taille: le volcan Echeyde (nommé de nos jours le Teide). Ce dernier culmine à 3718m d'altitude, et à l'époque de ce mythe il crachait régulièrement d'énormes coulées de lave et ses éruptions étaient fréquentes. Ceci convertit Tenerife au niveau symbolique en île du Feu. L'ancien du village, du nom de Gerián, avait averti de forme énigmatique la belle princesse Gara: "ce qui doit arriver, arrivera; tu dois fuir le feu ou sinon le feu te déverora". 

 

Lorsqu'enfin arrivèrent les rois de Tenerife, les jeux et les rites du Beñesmén purent commencer. Lancer de poids et lutte étaient au programme, ainsi que des offrandes aux Dieux et à la Déesse Chaxi-Raxi. Gara remarqua aussitôt un jeune prince, le fils du Mencey du clan d'Adeje, localité au sud de Tenerife. Ce prince se nommait Jonay. Il ne fallut pas attendre longtemps pour que Gara et Jonay tombent amoureux l'un de l'autre. C'est ainsi que s'enlacèrent le prince du feu et la princesse de l'eau. Mais cette relation ne pouvait pas et ne devait pas continuer, car l'ancien l'avait dit: "le feu recule devant l'eau, et l'eau se consume dans le feu". Comme pour confirmer la crainte de l'ancien du village, Gerián, le volcan de Tenerife, le Teide, se mit à cracher plus que jamais du feu venu du plus profond des entrailles de la Terre. C’était un signe des Dieux. Les parents respectifs de Gara et Jonay prirent la décision d’interdire cette relation impossible. Cette furie volcanique ne se calma que lorsque prirent fin les festivités du Beñesmén et que les Guanches de Tenerife retournèrent à leur île. 

 

Mais Jonay ne put pas oublier la belle Gara... Son coeur était conquis par elle et toutes ses pensées se tournèrent vers elle. Un poids terrible emplit son esprit, l'amour qu'il sentait pour Gara était immense. Sur l'île de la Gomera se produisit bien-sûr le même tourment pour Gara. Malgré la malédiction qui pesait sur leur relation, Jonay décida de retourner secrètement à l’île voisine de La Gomera. Il attacha à sa ceinture deux vessies d’animal gonflées d’air et nagea ainsi de Tenerife à La Gomera. Épuisé par les 40 km qui séparent les deux îles, Jonay parcourut tant bien que mal le chemin jusqu’au village d’Agulo. Là il retrouva la belle Gara. Lorsqu’ils s’embrassèrent et s’enlacèrent, emplis d’une passion amoureuse sans limites, Gara commença à se consumer, le feu de la prédiction entama ainsi son processus destructeur. Pour échapper aux parents qui tentaient de les retrouver et de les pourchasser, Gara et Jonay prirent la fuite en passant par la profonde forêt du Cedro. De là ils remontèrent vers les hauteurs de l’île pour finir par atteindre le sommet le plus élevé. Comprenant qu’ils ne pourraient pas échapper à la malédiction des anciens, les amoureux décidèrent de se donner la mort plutôt que d’être séparés. Jonay affila un bout de bois sur ses deux extrémités, plaça celui-ci entre eux deux, les pointes contre le coeur de chacun, et dans un grand élan mutuel réalisant ainsi une ultime étreinte, le Feu et l’Eau purent s’unir. Gara et Jonay moururent le coeur transpercé. Les deux corps semblèrent se fondre l’un dans l’autre, ils ne seraient plus jamais séparés. C’est ainsi que les parents de Gara et tous les anciens les trouvèrent au sommet de la montagne. L’endroit ne serait plus jamais le même et devint le symbole de l’union impossible des contraires. Cette montagne et tout le massif qui la compose porte depuis un nom qui honore la mémoire du prince du feu et de la princesse de l’eau: il se nomme Garajonay. 

 

Chanson d'un groupe français (Féloche) en l'honneur de La Gomera : 

 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • "Ritos y leyendas guanches", Sabas Martín.
  • http://es.wikipedia.org/wiki/Leyenda_de_Gara_y_Jonay

Chanson d'un groupe français (Féloche) en l'honneur de La Gomera: 

 

 

Vendredi 13 Juillet 2018