La Loi, l'État et l'Empire dans la Tradition Païenne...

Quelques réflexions politiques et philosophiques sur paganisme et «fascisme»…

Les neuneus gauchisants modernes n’aimeront certainement pas cet exposé car il nous démontre que le paganisme historique n’est pas fait de bisounours qui vivraient dans un univers tout rose où tout le monde ferait ce qui lui plait. Loin de cette niaiserie universaliste, la réalité historique nous rappelle que les paganismes reposaient sur des sociétés structurées, très hiérarchisées, élitistes, ethnocentriques, et guerrières. Dans les traditions païennes d’Europe, cette réalité s’exprima de manières différentes tout en conservant une démarche semblable reposant sur un même fond hérité de la vision religieuse et politique de nos lointains ancêtres indo-européens. Dans les traditions païennes originelles comme celles des Germains ou des Celtes, on ne peut bien-sûr pas parler d’état ou d’empire, cependant, les clans de ces sociétés étaient organisés selon des lois et des hiérarchies guerrières très rigides qui n’ont rien de commun avec un monde imaginaire de neuneus bisounoursiens. Dans les traditions païennes méditerranéennes comme celles des Grecs et des Romains, la société connut une évolution vers un système de cités-états, puis vers un régime impérial que l’on pourrait qualifier de fasciste. Le régime de Benito Mussolini qui fut à plus d’un titre un exemple de droiture pour le reste de l’Europe, s’inspira d’ailleurs grandement de l’ancien empire romain. Un auteur païen et fasciste comme Julius Evola nous rappela dans ses superbes ouvrages les nombreuses connexions qui existent entre la tradition païenne primordiale et le régime impérial. Voyons donc à présent quelques notions importantes qui sont le fondement même de la vision du monde de nos ancêtres païens, une Weltanschauung qui serait certainement une bouffée d’air pur si nous pouvions introduire quelques-uns de ses éléments dans notre Europe décadente en complète perte de ses valeurs originelles. 

 

Dans le paganisme, il existe une bipolarité, certes, mais elle ne repose point sur l’invention monothéiste du bien absolu et mal absolu. Le Mal et le Bien comme valeurs absolues sont des inventions issues des cultures sémitiques, et sont de ce fait à l’origine étrangères à l’Europe et aux peuples de race blanche. La société païenne s’articule sur une opposition entre Ordre et Chaos. Ceci est de très haute importance car ce sont deux visions du monde complètement différentes. Dans toutes les traditions païennes, le plus grand souci des Dieux et des hommes, est de préserver l’Ordre, l’ordre cosmique et l’ordre terrestre. Sans ordre, la grande loi divine des cycles ne pourrait plus exister, tout s’effondrerait et tomberait dans le néant. La loi des cycles naturels est celle qui génère l’ordre, un ordre qui permet la vie selon la sagesse primordiale des cycles Vie-Mort-Renaissance. Cet ordre s’exprime symboliquement par une roue, comme la roue solaire, une roue qui est construite sur la base de deux axes, l’un horizontal, l’axe du devenir, et l’autre vertical, l’axe de l’être. Ceci est comparable aux dimensions physiques et métaphysiques, ce qui est mortel et ce qui est immortel. 

 

L’homme moderne ne croit que ce qu’il voit, et ne voit que ce qu’il croit. Sa sensibilité se réduit à l’unique axe du devenir. Pour atteindre un état de conscience supérieur, l’homme doit se reconnecter avec la dimension spirituelle, avec la verticalité de l’être. Car dans le devenir, tout est soumis au changement. Seule la dimension verticale nous relie à la réalité immatérielle de l’Ordre cosmique des choses. C’est une connexion qui mène vers une union des forces, une unité qui rassemble en son sein les valeurs divines et humaines. Politiquement parlant, cette unité se reflète et se concentre dans la tradition. 

 

La loi est ce qui permet de transmettre la juste vision des choses qui se fonde sur l’harmonie des forces qui préservent l’ordre cosmique et terrestre. La loi, c’est l’outil de la stabilité et de l’équilibre. Elle facilite le rattachement au monde de l’être. La loi n’est pas à l’origine le fait des hommes, mais celui des Dieux. La loi est donc immuable et inflexible car elle est issue des réalités cosmiques et cycliques. L’homme politique se devait d’être un pont entre les hommes et les Dieux. Ceux qui perdent de vue cette dimension tombent dans la pure horizontalité, ou pire encore lorsqu’on voit dans quelle déchéance nous ont menées les démocraties modernes, les ploutocraties de la décadence. L’ordre perdu des Dieux est un ordre qu’il faut rétablir. Ceci est une nécessité qui s’est transmise de façon variée dans les traditions païennes. Elle fut figurée par exemple avec le mythe de l’épée qu’un roi doit retirer d’un rocher afin que la nation retrouve l’ordre, car roi et terre ne font qu’un. C’est aussi le mythe de l’arbre cosmique qui doit reverdir afin que le monde retrouve son harmonie et sa stabilité. 

 

Le mot stabilité est à ce titre révélateur, vu qu’il est lié à l’idée latine de «status», l’état. Sans état, il n’y a point d’ordre, et sans ordre tout sombrerait dans le chaos. Ceci nous rappelle au passage l’incompatibilité absolue qui existe entre paganisme et anarchie. Les païens qui se disent anarchistes feraient bien de méditer cette question… L’état est le garant de la connexion avec la verticalité de l’être, de l’équilibre entre les valeurs macrocosmiques (Dieux) et microcosmiques (hommes). La lutte contre l’idée même d’un état relève de délires anarchistes déconnectés de la tradition primordiale. L’état est ainsi le point central dans la société, il est le centre du monde, symboliquement il représente le moyeu de la roue solaire. C’est bien pour cela d’ailleurs que le monde des hommes est qualifié dans les anciens mythes de «terre du milieu» (Midgard) ou d’empire du milieu comme en Chine. L’arbre cosmique comme l’Yggdrasil de la tradition païenne nordique est le garant de la stabilité universelle, et ce n’est pas pour rien que lui aussi se trouve au centre des différents mondes, il est lui aussi l’axe de l’ordre sur lequel tout repose. Il est la loi cosmique. On retrouve ceci aussi avec l’omphalos grec de Delphes. La notion d’état implique donc une vision de centralité, un centre autour duquel s’articule tout mouvement vital. Cet axe central se fonde sur l’autorité, car sans autorité l’ordre est impossible. L’autorité est une valeur sacrée qui se reflète dans le grand miroir de l’ordre divin. Lorsque l’autorité est perdue, l’axe est paralysé et emprisonné, tout comme le fut l’épée Excalibur figée dans la pierre. 

 

L’autorité quant à elle ne peut qu’émaner d’un chef de clan ou d’un chef d’état, qui lui-même est un pont entre Dieux et hommes. Les jacasseries modernes de nos parlementaires corrompus sont bien le reflet d’une société malade où règnent des centaines de partis politiques qui brassent du vent et rien de plus. Au commencement était l’action, et non le verbe… Une nation stable et juste n’a pas besoin de tant de partis qui se chamaillent en permanence sans rien produire. Une nation saine n’a besoin que d’une force et d’une vision qui sache guider le peuple sur la voie de la sagesse et sur le chemin d’un futur prometteur, un futur fondé sur l’ordre et le respect des racines. Ce dont un clan ou une nation a besoin, c’est d’un guide, car seul un guide comme pont entre hommes et Dieux est capable d’orienter correctement et de prendre les décisions qui s’imposent. Ce dernier point est en fait le grand point faible des ploutocraties, l’absence totale du pouvoir de décision. Car pour cela il faut un chef responsable qui puisse guider la société des hommes. Un tel chef brille par son absence de nos jours. Même l’antiquité le démontre avec la fameuse démocratie athénienne. Cette dernière n’avait pourtant rien de commun avec ses avatars modernes car elle reposait sur une représentation élitiste réservée à une minorité. Malgré cela, elle n’a jamais pu faire le poids face à la société païenne «fascisante» de la grande nation que fut Sparte. La guerre du Péloponnèse au 4è siècle avant «Jean-Claude» en fait foi. 

 

Une nation, un chef, une loi, sont le principe de la tradition originelle, une tradition qui garantit la stabilité, et permet à l’être humain de se surpasser et de surmonter sa condition de mortel en se connectant à l’ordre cosmique des Dieux.

 

Hathuwolf Harson

 

Samedi 14 Juillet 2018