L'Identité collective vs. l'Identité individuelle...

Mécanismes de la décadence...

 

Nous allons nous pencher ici sur la question primordiale de l’identité collective vue selon la tradition païenne. C’est une question qui a une importance conséquente, un sujet qui se doit d’être connu car il existe encore trop de gens égarés qui voudraient croire à des valeurs purement universalistes en ce qui concerne le paganisme. Or, rien n’est plus faux, car le paganisme a toujours été identitaire, et celui qui nie cet état de fait va à l’encontre des réalités historiques. 

 

Qu’est-ce que l’identité collective ? C’est une conformité avec autrui, avec un groupe spécifique.

L’identité-ressemblance est le premier aspect. C’est une homogénéité, une similitude dont tous les éléments relèvent d’une même nature. Même si la forme est différente, le fond est le même. C’est ici que se place par exemple l’identité physique, c'est-à-dire raciale et/ou ethnique. Malgré les variations physiques, les hommes se reconnaissent dans une parenté physique, qui elle-même véhicule avec elle les éléments d’une culture propre. Les gènes préservent ainsi la culture, ce qui implique à son tour que la culture préserve les gènes. 

À l’opposé de l’identité collective se trouve l’identité-différence, un aspect qui représente la fidélité d’un être à lui-même dans le temps, où l’assimilation aux autres n’est pas prioritaire. Cette différence permet à un être d’affirmer sa place particulière au sein d’un groupe. Elle favorise une originalité de caractère dans l’individualisation de l’être, mais toujours dans le cadre d’une communauté de personnes. Dans ce cas, l’identité est ce qui est avant tout propre à chaque individu. Dans notre société actuelle où les valeurs communautaires sont dénigrées en permanence par les pouvoirs universalistes qui tentent de nous manipuler à tous les niveaux, il est clair que l’unique identité qui est retenue est celle de l’identité-différence, une individualisation poussée à son extrême où l’on voudrait faire disparaître tout aspect pouvant relier à l’identité-ressemblance. Les familles, les clans, et les ethnies sont ainsi divisées et réduites à leur plus simple expression : l’individu. Diviser pour mieux régner… C’est une guerre ouverte contre l’identité collective car cette dernière implique une aspiration à l’identité-ressemblance. 

 

L’identité collective est un problème qui apparaît à chaque fois que l’on commence à sentir la perte de cette identité. Cette perte est en général accompagnée d’une rupture avec la tradition et avec l’identité ethnoculturelle. Le «nationalisme», qu’il soit en lien avec un pays, une ethnie ou clan, est la pierre angulaire de toute sauvegarde d’une identité collective. Il est un garde-fou contre toute menace extérieure. Lorsque ce nationalisme tend à disparaître et que l’on ne respecte plus l’héritage des anciens, alors se réveillent les universalistes de tous poils qui par exemple se mettent à parler d’ouvrir toutes les frontières afin de générer un brassage exagéré qui mène inévitablement à la perte de tout héritage ethnoculturel. Dans ce cas, seul l’individu isolé importe, et uniquement lui. Famille, clan, et ethnie sont dénigrés et considérés comme des contre-valeurs. La tradition y est vue comme l’ennemi numéro un qu’il faut abattre. L’identité collective devient alors un tabou, ce qui génère immanquablement une perte de références pour les individus, une désorientation, et un désordre collectif. L’individu est livré à lui-même, sans lien avec sa communauté de sang. Cet éclatement de la société humaine est le rouage même de la décadence. Or, les traditions païennes nous ont depuis longtemps révélé que l’identité véritable d’un individu ne se révèle véritablement que dans le cadre de la collectivité, celle de la communauté de sang et de culture. 

 

L’identité collective implique une hiérarchie, une échelle des valeurs, fondement de tout ordre nécessaire au bon fonctionnement d’une famille, d’un clan, ou d’une ethnie. L’égalitarisme à tous prix de nos sociétés gauchisantes est une agression contre cet ordre tellement nécessaire au bonheur collectif. L’égalitarisme à outrance est une utopie dangereuse car il s’oppose à la nature même de l’être humain. Il rompt le lien sacré entre l’individu et ses semblables, il mène à la perte des repères qui sont le socle d’une société saine. Abolir la hiérarchie traditionnelle, c’est dissoudre toute identité, c’est perdre l’individu au sein d’une masse humaine sans fond et sans forme. Et, une telle masse humaine individualisée à son paroxysme est facilement manipulable, ce qui est évidement dans l’intérêt des requins de la finance qui tirent les fils véritables du pouvoir dans les sociétés décadentes. 

 

L’identité collective se base sur une pluralité des membres qui s’identifient à quelque chose de commun, à une force qui dépasse le particulier. C’est au sein d’une telle société, basée sur le respect des valeurs ancestrales, que l’individu se sent pleinement réalisé. Sans ses profondes racines, l’arbre ne peut croître en hauteur. S’attaquer aux racines d’un arbre, c’est menacer l’existence même de cet arbre et sa survie en tant qu’espèce. Il en va de même pour l’être humain. Le futur se construit sur le passé, la nouveauté naît de l’ancien, l’avenir vit de son héritage. L’ordre quant-à lui exprime l’union des différentes consciences individuelles, un système qui organise la société selon les principes immuables de la tradition et de la conscience collective. L’identité collective, au-delà de toute rigidité excessive, invite ses membres à des rapports équilibrés, qui n’excluent nullement un esprit sain de compétition, car cette identité collective assure la cohésion entre les individus et leurs groupes respectifs. À travers l’espace et le temps s’établit ainsi une force typiquement païenne : un lien sacré entre l’être et le devenir.

 

Hathuwolf Harson

 

Samedi 14 Juillet 2018