La Grotte des Sorcières de Zugarramurdi

La Fable des Sorcières et l'Inquisition…

Dans le nord de Navarre en Espagne, à quelques 5 kilomètres du pays basque français, se trouve un superbe petit village du nom de Zugarramurdi (prononcez «sougarramourdi»). Ce village très prisé par les touristes est connu pour sa beauté et son cadre fait de superbes vallées verdoyantes. Mais ce qui attire principalement les visiteurs sont sa grotte et son passé historique. Car en effet, Zugarramurdi s’est rendu célèbre au 17è siècle à cause d’une terrible chasse aux sorcières orchestrée par la «sainte» inquisition chrétienne. Au pays basque espagnol et en Navarre, ce début du 17è siècle connut une grande campagne haineuse dirigée par les autorités ecclésiastiques venues de Logroño. Quelques 7000 personnes furent arrêtées par l’inquisition. Quelques-unes furent relâchées, mais un grand nombre mourut en prison dans des conditions infra humaines après avoir été allègrement torturées par les prêtres chrétiens. Nombreux furent aussi les bûchers sur lesquels ont brûlé des femmes et des hommes accusés de sorcellerie. Les victimes furent principalement des femmes. Rien que pour le tout petit village de Zugarramurdi, l’inquisition condamna 11 personnes au bûcher les 7 et 8 novembre de l’an 1610, ceci afin de complaire à leur dieu unique et jaloux venu d’Israël. L’inquisition ne faisait en cela que suivre un commandement biblique qui dit «Tu ne laisseras point vivre la magicienne» (Exode chapitre 22, verset 18). 

 

Zugarramurdi avait jadis acquis une forte réputation comme village des sorcières. Cette réputation attira la curiosité d’un abbé du village voisin d’Urdax qui dénonça les pratiques «sataniques» du village à la «grande justice» de l’ignoble inquisition catholique. À même pas 100 mètres du village se trouve une grotte magnifique, longue de 120 mètres et haute d’une trentaine de mètres. Juste à l’entrée de cette grotte se situe un grand pré sur lequel se seraient tenus des akelarres, un terme basque désignant des messes noires également connues sous le nom de sabbat satanique. Le sabbat des sorcières, à ne pas confondre avec le jour de repos de la religion juive, fut un terme volontairement choisi par l’inquisition chrétienne afin de diaboliser les juifs, car ces derniers étaient devenus depuis longtemps gênants pour la mauvaise conscience des chrétiens qui voulait effacer de sa mémoire le fait que toute l’histoire religieuse chrétienne prenait sa source dans celle du peuple juif et de son obscurantisme typiquement monothéiste. Il faut dire que les juifs avaient comme toujours réussis à se faire détester en raison de leur vile habitude d’usuriers sans foi ni loi envers les goïms (les non-juifs). Contrairement à la propagande démocratico-bien-pensante de nos jours, cette tradition de l’usure financière n’est pas née au moyen âge, mais remonte bien à l’antiquité des juifs, car leur propre dieu dut leur donner un commandement afin de remettre un peu d’ordre dans cette passion qu’ils ont pour l’usure. La bible dit en effet dans le livre du Deutéronome au chapitre 23, versets 19 et 20 ) «Tu n'exigeras de ton frère (de sang) aucun intérêt, ni pour argent ni pour vivres, ni pour rien de ce qui se prête à intérêt. Tu pourras tirer un intérêt de l'étranger, mais tu n'en tireras point de ton frère». 

 

Mais revenons-en à nos sorcières de Zugarramurdi qui célébraient sur le pré à l’entrée de la grotte des sabbats. Aux dires des rapports de l’inquisition, les sorcières s’y rendaient à pied sous la tutelle d’une «sorcière en chef», ou bien par les airs en chevauchant divers animaux à la réputation satanique. Tout comme le montre la célèbre peinture de Goya (en bas à droite sur la photo), le sabbat des sorcières était présidé par un démon du nom d’Aker ou Akerbeltz, des noms basques qui désignent en fait un bouc. Au cours de leurs rites diaboliques, les sorcières auraient offertes à Aker des enfants, et auraient pratiqué des rituels étranges avec un balai après s’être enduit le corps avec des potions à base de bave de crapaud qui leur permettaient de se transformer en animal. Cette transformation en animal s’effectuait aussi grâce à des champignons aux propriétés hallucinogènes. De plus, elles avaient pour coutume d’ingérer des plantes qualifiées de diaboliques par l’inquisition, des plantes comme l’aconit, l’absinthe, le céleri, la belladone, la cigüe, le chanvre, l’hellébore, la digitaline, la mandragore, la noix, le persil, ou encore de l’if. Les sorcières furent également accusées de pratiquer des rites orgiaques durant ces akelarres. Les dates auxquelles s’effectuaient ces sabbats sataniques auraient eu selon l’inquisition comme but de plagier les «saintes fêtes» chrétiennes. Le vendredi était selon les écrits chrétiens le jour favori des sorcières de Zagarrumurdi, car c’est le jour que Judas trahit Jésus. Pâques aurait été une date particulièrement prisée par les sorcières, ainsi que la nuit des rois mages, la toussaint, et la nuit de la Saint-Jean. 

 

Bien !... À présent il est grand temps de jeter de la lumière sur ces fables inventées par les cerveaux en délire malsain des inquisiteurs. Car nous allons voir en effet que tout est une odieuse invention chrétienne afin de faire croire aux gens parfois simplets et souvent très crédules de cette époque qu’il aurait existé des adorateurs de Satan, l’incarnation du Mal Absolu. 

Les sorcières n’étaient en fait rien d’autres que des sages femmes qui continuaient à observer des pratiques héritées des anciennes sagesses païennes, des rites hérités de la religion de leurs lointains ancêtres polythéistes. À travers la bible et l’histoire chrétienne, on connaît la profonde haine que vouait depuis toujours le christianisme envers les religions païennes qu’il qualifiait d’abomination idolâtre. Dieu répéta assez souvent dans la bible qu’il fallait exterminer tous les païens et détruire toutes leurs œuvres pour ne laisser aucune place au doute quant-à cette volonté massacrante typiquement chrétienne héritée de la tradition juive de l’ancien testament. Les inquisiteurs se sont fait forts de maintenir cet esprit biblique en détournant le sens profond des anciens symboles païens. Et pour preuve… tout dans l’affaire des sorcières de Zugarramurdi est d’origine païenne. Voyons cela en détails…

 

Tout d’abord la grotte elle-même, une grotte qui fut utilisée dès le néolithique, était connue pour avoir été en relation avec la grande Déesse des Basques, la Déesse Mari. Cette dernière était la Terre-Mère dans son aspect sacré antérieur aux Indo-Européens. Pour plus de détails sur la Déesse Mari, veuillez voir mon article en lien à la fin. Cette grotte est traversée par un ruisseau, ce qui nous rapporte à un élément symbolique vital dans les rites liés à la fécondité et fertilité, celui de l’eau. Possédant une ouverture des deux côtés lui conférant un aspect de tunnel, la grotte en elle-même est une image du vagin de la grande Déesse, une image de celle qui donne la vie. La prêtresse qui y pénètre, s’unit ainsi avec la grande Déesse.

Aker, le soi-disant démon, qui en fait est un grand bouc noir, n’est autre qu’un des animaux associé á la Déesse Mari, une donnée confirmée par les nombreuses références mythologiques basques. Le bouc symbolise la puissance fécondante, et la couleur noire est traditionnellement celle qui représente la Terre et ses obscures entrailles en relation avec le monde chtonien tellement mis en valeur par les cultures religieuses du néolithique. Rien de diabolique là-dedans !!!

Les champignons hallucinogènes ne relèvent point non plus d’une quelconque diablerie, mais bien d’anciens rites chamaniques tels qu’ils furent pratiqués par nos ancêtres païens. Les chamans se transforment au cours de leurs transes rituelles en un esprit-animal, ce qui leur permet de voyager spirituellement parlant au travers des différents mondes. Ces voyages chamaniques avaient en général comme but la connaissance de secrets cachés par l’esprit des ancêtres, ou encore de pouvoir chasser les mauvais esprits afin de guérir une personne malade. Aucun Mal là-dedans, si ce n’est dans l’esprit malade des inquisiteurs. 

Les plantes ingérées par les «sorcières» sont elles aussi connues des anciennes traditions païennes. Elles ont toutes une forte valeur symbolique et sacrée, ainsi que des propriétés hallucinogènes ou médicinales. Ici encore, il s’agissait de guérir, et non de faire un mal imaginaire. 

Le fameux balai des sorcières est un ancien symbole païen de fécondité et de purification, qui servait d’ailleurs à chasser les mauvais esprits tel le fameux Donnerbesen des Germains. Le balai chassait les mauvais esprits, et ne servait en aucun cas à les attirer contrairement aux divagations chrétiennes. La relation entre balai et fécondité est tout simplement le fruit de son aspect phallique. 

Le vendredi, jour préféré des sorcières pour plagier le nazaréen, est le jour de la Déesse Vénus, la Déesse de l’amour, de la beauté, et de la fertilité. Le mot vendredi vient d’ailleurs du nom de la Déesse Vénus, tout comme dans les langues germaniques «Friday-Freitag» vient de la Déesse Freyja. 

Ensuite, les soi-disantes fêtes chrétiennes sont en fait toutes des plagias d’anciennes fêtes païennes, ce qui nous permet d’affirmer que les «sorcières» observaient strictement les anciennes dates païennes pour célébrer entre autres la grande Déesse. Pâques est l’ancienne fête du renouveau printanier. La toussaint est la fête païenne dédiée au monde des morts et au renouvellement cyclique (il faut mourir pour renaître). La Saint-Jean est mondialement connue pour être la récupération chrétienne de l’ancienne fête païenne du solstice d’été, un hymne aux forces lumineuses du cycle solaire. La fête des rois mages est elle aussi la récupération d’une fête païenne, de la tradition romaine cette fois-ci. C’était la fête cyclique du Dieu bicéphale Janus, celui qui ferme et ouvre les portes de l’année solaire. 

 

Pour résumer, tout dans ces sorcières relève de l’héritage païen, un héritage condamné par la haine chrétienne d’inspiration biblique. L’obscurantisme chrétien mit tout en œuvre pour diaboliser de pauvres femmes qui voulaient tout simplement maintenir la connaissance de nos ancêtres païens. Zugarramurdi restera dans l’histoire un triste exemple parmi tant d’autres, de ce que fut capable l’obscurantisme chrétien afin d’assouvir sa haine des traditions païennes.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Liens :

 

Dimanche 19 Novembre 2017