Le Tambour Rituel de Balkakra

Bien plus qu'un Tambour...

Ceci est le tambour de Balkåkra en Suède. Il date de l’âge du bronze proto-germanique ; on ne connaît pas sa date exacte de fabrication, par contre on connaît la date jusqu’à laquelle il fut utilisé : 1600 avant l’ère présente. Cet objet possède un frère jumeau daté de la même époque. Il fut trouvé à la frontière entre l’Autriche et la Hongrie à Haschendorf. Pour les archéologues il ne fait pas de doute que ce tambour de Balkåkra est un objet rituel employé lors de cérémonies religieuses. La partie supérieure du tambour était recouverte d’un disque présentant un grand symbole solaire dont voici une photo. Les tambours furent depuis toujours les instruments utilisés lors de certains rites, en particulier ceux liés aux cultes de type chamanique. De nos jours encore les chamanes de par le monde marquent au son du tambour un rythme monotone et envoûtant afin d’entrer dans un état de transe qui permet au chamane de voyager vers le monde des Esprits, des Ancêtres, ou bien celui des Dieux. En observant cet objet de culte de Balkåkra, en plus du symbole solaire de la partie supérieure, on remarque aussitôt les roues solaires qui se trouvent sur la partie basse tout autour du tambour. La présence de tant de symboles solaires sur ce tambour paraît étrange, et incita un spécialiste de l’âge du bronze comme Thomas Lorenz à se poser des questions. Ce tambour n’aurait-il pas aussi eu d’autres fonctions que celle d’un instrument rituel ? Ne serions-nous pas encore une fois en présence d’un calendrier occulte ?

 

Observons pour cela de plus près la partie supérieure de l’objet. Ce disque solaire est composé de motifs en zig-zag sur 5 cercles concentriques. Les doubles cercles de séparation sont au nombre de 6. Ce qui nous donne donc 12 cercles concentriques. Avec ce chiffre 12 nous avons une première indication qui pourrait être reliée aux douze mois de l’année. Ensuite si on part du principe que chaque trait des motifs en zig-zag représente un jour, on arrive à une conclusion intéressante. Il faut pour cela travailler avec la semaine de 8 jours tel que nous l’avons vu auparavant pour le site de Goseck. En comptant les jours sur cette base, on tombe sur 45 semaines de 8 jours, ce qui nous donne une année de 360 jours. Quant-aux jours restants, ils font justement coïncider le cycle solaire et le cycle lunaire avec ses 13 lunaisons qui génèrent ainsi 19 jours de plus que le calendrier solaire. Étonnant ! Et ce n’est certainement pas dû au hasard… 

 

À continuation observons la photo de ce fil qui présente l’objet de profil. Les clous qui se trouvent sur le haut du tambour, marqués sur la photo par un point rouge, sont au nombre de 40. Si l’on rajoute 40 jours à une des 4 fêtes du cycle solaire, on tombe à chaque fois sur la fête annuelle médiane que célèbreraient plus tard les Celtes dans leur calendrier. On obtient donc : Solstice d’été + 40 jours = Lughnasad ; Équinoxe d’automne + 40 = Shamain ; Solstice d’hiver + 40 = Imbolc ; Équinoxe de printemps + 40 = Beltaine. Dans ce cas aussi, le hasard ne semble pas avoir sa place…

On peut de la même manière constater que sur la partie centrale de l’objet se trouvent des trous, des orifices en forme de disque. Ils sont marqués par un point vert sur la photo. Ces trous sont au nombre de 30…30 comme les jours qui composent un mois solaire.

Alternés avec ces trous, on peut constater la présence de grands clous en forme de cônes. Ils sont marqués par un point jaune sur la photo. Ces clous sont au nombre de 20. Le chiffre 20 quant-à lui possède également une fonction de calendrier dans les anciennes sociétés polythéistes. Car selon ces anciens calendriers, 20 sont les jours qui séparent le début d’un mois solaire et un nouveau signe astrologique. De nos jours encore c’est autour du 20 de chaque mois que commence la période d’un signe astrologique. Encore un hasard ?…

Ensuite, tout autour de la partie basse du tambour, se trouvent des roues solaires, des symboles qui ressemblent à ce qu’on appelle des croix celtiques, bien qu’à cette lointaine époque on ne puisse pas encore parler de Celtes. Les Celtes, tout comme les Germains, seront quand-même les héritiers de cette fantastique connaissance de l’âge du bronze. Ces roues solaires du tambour sont au nombre de 10. Dix jours séparent justement le début d’un signe astrologique et la fin d’un mois solaire. De plus, 10 est également le nombre de jours qui sépare le Solstice d’hiver du début de la nouvelle année solaire. Les hasards s’accumulent…

Et pour finir la série des « hasards », on remarque que ces roues solaires forment au centre un petit cercle au lieu de se croiser en deux perpendiculaires. Ceci donne comme résultat qu’au lieu de 4 « trous » (ou « espaces libres »), chaque roue solaire possède 5 « trous ». Le chiffre 5, comme nous l’avons vu pour le site de Goseck, correspond aux 5 jours intercalaires de l’année solaire, 360+5=365 jours. 

 

Certains ont voulu voir dans ce tambour rituel de Balkåkra, une autre fonction possible, celle d’un trône sacré. Cette hypothèse n’est bien-sûr pas à écarter, bien que celle du tambour paraît plus logique. Dans tous les cas de figure, cet objet sacré hérité de nos lointains ancêtres de l’âge du bronze, nous démontre une fois de plus que nous pouvons être fièrs de cet héritage païen et européen, et que d’aucune manière nous devrions continuer à considérer cette période comme une époque sombre pleine de barbares sans cervelle. 

 

Hathuwolf Harswon 

 

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Dimanche 9 Décembre 2018