Le Cercle de Pierres de Drombeg

Le Temple de Noël et le Saint-Graal...

Le cercle de pierres (cromlech) de Drombeg se trouve dans le comté de Cork en Irlande. La région sud-ouest de l’Irlande regorge de sites mégalithiques. Pour celui qui est passionné par le sujet, c’est un véritable paradis. Le seul comté de Cork compte plus de 1200 sites mégalithiques, dont 250 différents types de dolmens, 150 rangées de pierres levées, 800 pierres levées, et plus de 100 cromlechs. Si l’on rajoute les divers sites préhistoriques comme certaines roches gravées, on atteint 3000 sites qui vont de la première période du néolithique jusqu’à l’âge du fer. De plus, il faut tenir en compte que ces chiffres sont aléatoires étant donné qu’il est plus que probable que de nombreux sites ont disparu au cours des siècles, ce qui fait qu’à l’origine la quantité devait être très supérieure à celle de nos jours. Le cas irlandais est particulier car il existe de nombreuses preuves archéologiques qui démontrent que les sites mégalithiques n’étaient pas seulement utilisés pendant la période du néolithique, mais aussi à l’âge du bronze et à l’époque purement celtique. Ce qui permet d’affirmer que les druides irlandais ont tenu certains de leur rites sur les anciens sites mégalithiques, même si la plupart du temps ce n’était pas eux qui les avaient fait construire. 

 

Le cromlech de Drombeg que l’on peut voir sur la photo est un des plus célèbres du pays. Les archéologues ont pu établir que ce cromlech fut utilisé durant une période entre 1100 et 800 avant notre ère, ce qui nous renvoie à la période indo-européenne de l’âge du bronze. Il est connu sous le nom d’Autel des druides. Il est très visité. Il a été partiellement restauré. Des fouilles eurent lieu en 1950 qui ont mis à jour un excellent exemple de Fulacht Fiadh sur lequel nous allons revenir ci-dessous. Le cercle de pierres de Drombeg est composé de 17 pierres dont seulement 13 ont survécu. Une des pierres est nommée the recumbent stone (la pierre couchée) car en effet elle n’est pas dressée comme les autres. Comme on peut le constater sur la photo en haut à gauche, ce cromlech comme tant d’autres, possède une orientation astronomique bien précise, une orientation qui nous donne une indication sur l’utilisation magico-religieuse qui en était faite. Ces cromlechs étaient un lieu de culte solaire ce qui a pu être largement démontré par les archéo-astronomes.

  

Celui de Drombeg présente une orientation atronomique basée sur le solstice d’hiver. Au moment du crépuscule, les derniers rayons de soleil passent par les “pierres d’entrée”, les pierres nº 09 et 10, pour venir frapper un endroit précis de la pierre couchée qui se trouve juste en face. 

 

Cette pierre couchée est d’ailleurs la seule à posséder des marques qui témoignent de l’importance de celle-ci pour l’aspect rituel du cromlech. Une des marques rappelle une roue solaire, ce qui semble logique dans ce contexte de culte solaire. Cette roue solaire est prolongée sur le bas par des canaux gravés qui pourraient témoigner d’une adaptation précise aux ombres générées par le crépuscule du solstice d’hiver. Il faut noter aussi la présence de certaines cupules qui pourraient être une indication pour un possible lien avec un culte stellaire. Une photo des marques de la pierre couchée (avec un peu trop de luminosité, ce qui ne permet pas de distinguer tous les détails).


 

Le même phénomène peut s’observer pour le lever du soleil au moment du solstice d’hiver. Par contre pour l’aube du solstice d’hiver, nous avons bien les pierres d’entrée, mais la pierre qui est censée recevoir les rayons de l’aube est une de celles qui manquent. Il est intéressant aussi de noter au passage que les deux axes astronomiques générés par les phénomènes liés au soltice d’hiver, forment une croix celtique (une roue solaire), ce qui n’est évidemment pas dû au hasard. On peut donc parfaitement s’imaginer qu’au moment du solstice d’hiver un fantastique rite devait avoir lieu à cet endroit, célébrant la renaissance du soleil et la nuit la plus longue de l’année. On pourrait même qualifier le cromlech de Drombeg, de temple de Noël, vu sa relation très étroite avec la période solsticiale d’hiver. 

 

Comme nous l’avons vu dans l’introduction, les archéologues ont pu mettre à jour un Fulacht Fiadh qui peut se voir en bas sur la photo. Un Fulacht Fiadh est un aménagement en pierres fait dans le sol pour recevoir dans son intérieur du liquide. C’est de l’eau que l’on versait dans cette fosse aménagée. Parfois le Fulacht Fiadh pouvait être alimenté par une source naturelle. On portait l’eau à ébullition en y jetant des pierres chauffées préalablement dans un feu. Cette fosse servait en général pour bouillir des aliments. Elle remplissait dans ce cas une fonction de chaudron géant servant à préparer la nourriture pour tout le clan venu participer aux rituels qui se tenaient au cromlech. Cette fonction de chaudron à même le sol, donc en contact direct avec la Terre-Mère, nous mène inévitablement à un aspect fondamental de la symbolique magico-religieuse qui a survécu ultérieurement dans la mythologie celtique. C’est celle du chaudron du Dieu-druide connu sous le nom du Dagda. Il est un des Dieux les plus importants du panthéon celtique et fait partie de la famille divine des Tuatha Dé Danann. Ce Dieu possède en effet comme attribut majeur un chaudron enchanté, symbole d’abondance et de son pouvoir magique lié à la vie et à la mort. C’est ce même chaudron qui fut la préfiguration d’une célèbre légende du moyen âge celtique où se sont mélangés fables chrétiennes et mythes païens. C’est le célèbre mythe du Saint-Graal. Le chaudron du Dagda, celui des druides, est la véritable origine du Graal, et non cette obscure coupe imaginaire qui aurait reçu le sang d’un juif du nom de jésus cloué de manière infâme sur deux planches en bois. On peut donc affirmer de manière plutôt certaine que le Fulacht Fiadh fut l’archétype lointain du Graal via le chaudron des druides. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

 

Samedi 8 Décembre 2018