La Corne de Wismar

Ses Symboles... Et son Mystérieux Calendrier...

C’est à Wismar dans le Nord de l’Allemagne que furent trouvés les restes d’une corne richement décorée. Il apparut aussitôt qu’il ne s’agissait pas d’une corne à boire, mais d’un instrument, d’un cor. Cette corne fut datée entre 1000 et 1400 avant notre ère, elle nous plonge donc en plein âge du bronze proto-germanique. En tant que tel, ce cor peut être rattaché aux instruments rituels qu’étaient les lures. La corne de Wismar appartient ainsi au même cadre culturel et religieux que le disque céleste de Nebra ou le char solaire de Trundholm. Et tout comme ces derniers, la corne de Wismar va nous démontrer à quel point l’âge du bronze fut une époque charnière pour nos ancêtres païens, car tout indique que les connaissances que possédaient les élites de l’âge du bronze, dépassent de très loin les clichés académiques de nos jours admis pour cette période historique. 

 

Les dorures et les très nombreux symboles qui couvrent la corne ont permis d’établir que cet objet devait servir à des fins cultuelles, pour des rites religieux. Le clan qui possédait cette corne devait la considérer comme quelque chose de hautement sacré, car aucun objet de la vie courante n’était aussi richement décoré. Comme on peut le voir sur la photo, ce sont des symboles typiques de l’âge du bronze germano-nordique que l’on retrouve sur la corne de Wismar. Les barques solaires et les roues solaires en tant que symboles nous rappellent que l’âge du bronze fut très fortement influencé par l’héritage indo-européen et ses cultes célestes. Les spirales quant-à elles sont le reflet d’un héritage plus ancien, celui qui nous relie aux cultes chtoniens de la plus haute préhistoire. 

 

Tous ces symboles de la corne semblent avoir été disposés d’une manière très précise sans laisser de place au hasard. On constate lorsqu’on observe les différentes lignes de décoration qu’il existe une séquence plus ou moins régulière dans la disposition des symboles. Ces séquences sont selon plusieurs spécialistes le reflet de conceptions cycliques liés aux mouvements solaires et au culte qui s’y rattachait. Un auteur comme Thomas Lorenz va même plus loin, puisqu’il avance l’idée que ces séquences reflètent en fait les données d’un ancien calendrier. C’est cette théorie du calendrier que nous allons voir d’un peu plus près. 

 

Thomas Lorenz avait déjà fait une analyse poussée de sites préhistoriques comme Goseck ou de pièces archéologiques comme le disque céleste de Nebra ou le tambour rituel de Balkakra. La corne de Wismar selon lui porterait également les marques d’un calendrier. Le principal message et la clé pour comprendre le rapport avec un calendrier serait le bandeau du bas. Il reposerait sur un cycle de 4 années. Le problème qu’ont eu toutes les civilisations pour mesurer le temps et ses cycles, fut d’ajuster le calendrier solaire et le calendrier lunaire. Ces deux mesures du temps ne fonctionnant pas sur le même rythme cyclique, un réajustement est nécessaire afin d’éviter un décalage trop important entre les séquences luni-solaires. De plus, au sein même du seul calendrier solaire, un décalage se produit en raison de la durée réelle des cycles astronomiques par rapport aux cycles annuels. Ceci est toujours vrai de nos jours puisque tous les 4 ans on rajoute un jour au calendrier afin de corriger les 365,2422 jours moyens du calendrier astronomique, ce sont les années bissextiles. Le bandeau du bas sur la corne de Wismar montrerait donc cette séquence de 4 années avec un jour intercalaire. Sur la gauche de ce bandeau se trouve une barque solaire qui marquerait une année réajustée, c'est-à-dire l’année où cycles solaires et lunaires sont en harmonie avec le cycle astronomique. Les 4 losanges qui suivent seraient la marque du cycle de 4 années qui est nécessaire afin de réadapter les divers cycles avec entre autres un jour intercalaire, jour qui est figuré par le guerrier à la lance portant un bouclier solaire (symbole avec cercles concentriques). La barque solaire suivante marque ainsi le début d’un nouveau cycle de 4 années. Ce concept cyclique est également reproduit sur le bandeau du haut avec les 4 barques solaires qui se suivent. 

 

Le réajustement des calendriers solaire et lunaire selon certains éléments issus de l’âge du bronze se base sur un cycle de 19 ans, temps nécessaire pour que les deux calendriers soient à nouveau en harmonie parfaite. C’est ce cycle de 19 ans qui serait figuré par le symbole tout à fait à droite sur le 3è bandeau. Ce symbole est en effet composé d’un cercle (symbole solaire) entouré de 6 petits symboles formés chacun par 3 traits. Si l’on fait la somme des données graphiques de ce symbole, on tombe sur le nombre 19, 3x6=18, 18+1(cercle)=19. Les 4 roues solaires qui précèdent ce symbole seraient encore une fois la marque du cycle basé sur 4 années. 

 

Cette corne de Wismar semble posséder d’autres éléments symboliques liés à la mesure du temps, et pour ceux qui seraient intéressés par approfondir le sujet, je vous invite à consulter l’explication détaillée de Thomas Lorenz.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Liens :

 

Mercredi 28 Novembre 2018