La Barque Solaire

Des Rasoirs Sacrés et le Voyage Mythique du Soleil...

Sur la photo se trouvent quatre images numérotées de 1 à 4. Ce sont des rasoirs de l’âge du bronze proto-germanique. Cela permet d'observer quelques rasoirs parmi les très nombreux qui furent découverts. Ils datent entre les 12è et 9è siècles avant l’ère actuelle. Sur ces rasoirs furent gravés des scènes mythologiques de cette lointaine époquepour laquelle nous n’avons que l’archéologie comme source. Heureusement les études comparatives de l’archéologue danois Flemming Kaul du musée national de Copenhague ont permis de mieux comprendre cette vision religieuse de nos lointains ancêtres païens de l’âge du bronze. Il fut d’ailleurs un des spécialistes qui ont étudié et déchiffré les messages symboliques du disque céleste de Nebra. 

 

Comme nous l’avons vu pour ce disque céleste, à l’âge du bronze proto-germanique apparaît une nouvelle vision mythologique, celle de la barque solaire. Cette vision symbolique se basait sur le voyage du soleil, celui que réalisait chaque nuit l’astre-roi aux travers des ténèbres de la nuit. Ce voyage il l’effectuait sur un bateau, d’où le nom de barque solaire. Mais le bateau ne représentait qu’une partie du voyage cyclique du soleil, car nous allons voir qu’entrent également en scène des animaux à forte valeur symbolique comme le poisson, le cheval, et le serpent. 

Ce mythe de la barque solaire puise sa connaissance dans la conception cyclique du temps, l’éternel retour, l’équilibre et la renaissance des forces vives. Ce symbole de la barque solaire se retrouve aussi dans l’Égypte ancienne, fait assez étrange car les historiens sont convaincus qu’il n’y a jamais eu de contacts entre les cultures du bronze germano-nordique et l’Égypte de l’antiquité. 

 

Une autre question vient bien-sûr à l’esprit en voyant ces objets. Pourquoi graver des représentations mythologiques sur des rasoirs?… La réponse est plutôt simple et nous l’avons déjà vu pour plusieurs inscriptions runiques. Il s’agissait de magie. Ces représentations sacrées étaient censées porter chance à leur propriétaire, et pour qu’elles agissent de manière effective, il fallait qu’elles soient d’une manière ou d’une autre en contact physique avec la personne. Les objets de la vie courante comme les rasoirs ou les peignes se prêtent perfectement à la réalisation de cet objectif qui est le contact physique entre personne et représentation symbolique. 

 

LE RASOIR DU JÜTLAND ET LA MAGIE DE L’AUBE… (photo nº1)

Sur ce rasoir on peut distinguer le soleil tout à fait à gauche accompagné d’un poisson. On reconnaît également deux barques dont une plus grande que l’autre. La grande barque fut interprétée comme étant la barque de la nuit tandis que la petite barque représente la barque de l’aube.

 

Le soleil sur cette scène change de barque. Il sort de la barque nocturne pour se rendre dans celle de l’aube. Pour cela il est tiré par un poisson mythique à travers le monde obscur des profondeurs océanes. Alors que la barque de la nuit repart vers la gauche, celle de l’aube empruntera son chemin vers la droite. 

 

Dans les anciens textes indo-aryens, le poisson est la monture du Dieu Varuna, car il est l’animal qui justement est associé aux notions de renaissance et de restauration cyclique. Ces notions qui se manifestent à la surface des eaux chaque matin, coïncident parfaitement avec notre soleil qui rejoint la barque de l’aube afin de renaître pour un nouveau jour.. 

 

Quant-au symbole de la barque, dans de très nombreuses sources indo-européennes, il est lié à la notion de voyage du mort vers l’au-delà, vers les autres mondes. C’est ainsi qu’on retrouvera bien plus tard chez les vikings des tombes en forme de bateaux. Lorsque le Dieu solaire Balder meurt, sa dépouille fut mise sur un navire auquel on mit le feu. Après un séjour au royaume des morts, le Dieu Balder renaît tout comme le soleil qui revient après chaque aube. Il semble clair que le mythe germano-nordique du Dieu Balder est la continuation logique de la conception religieuse de la barque solaire de l’âge du bronze. 

 

LE RASOIR DE NEDER HVOLRIS ET LE CHEVAL SOLAIRE… (photo nº2)

Sur ce rasoir on reconnaît à gauche la barque solaire de l’aube. Mais le soleil ne s’y trouve plus car on peut le distinguer derrière un cheval. Voici une photo détaillée de cette scène=> http://www.guderoggrave.dk/tema/1027470.jpg. Ce cheval mythique vient sortir de la barque de l’aube le soleil afin de l’élever vers les cieux dans sa course au zénith. Le soleil tiré par un cheval rappelle bien-sûr le Char Solaire de Trundholm. De plus cette image mythologique nous renvoie aussi à celle de la Déesse du soleil Sunna / Sól qui chevauche les cieux sur un char tiré par deux chevaux.

 

LE RASOIR DE VANDLING, LE VOYAGE CONTINUE… (photo nº3)

Sur ce rasoir on distingue dans une barque le soleil à gauche, et à droite ce qui est interprété comme un cheval atterrissant dans la barque. 

Selon les analyses des spécialistes, cette scène mythologique représente le moment où le cheval solaire atterrit sur la barque nocturne afin d’y déposer le soleil. Ceci est donc la continuation cyclique de ce voyage du soleil. 

 

LE RASOIR DE ROSKLIDE…LA BOUCLE EST BOUCLÉE… (photo nº4)

Sur ce rasoir on peut observer la conclusion de ce voyage mythique du soleil. Sur la gauche de la barque nocturne on peut observer 2 soleils. Cette double représentation est une marque de la régénération cyclique, le soleil qui renaît de lui-même, l’éternel retour, comme l’oiseau phénix qui renaît de ses cendres. 

À droite on distingue un grand serpent. C’est ce serpent qui vient chercher le soleil afin de le mener vers l’infra-monde, le monde de l’obscurité, monde duquel le soleil reviendra au matin suivant. Ainsi se boucle cette belle scène mythologique venue du plus profond des âges. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources : 

 

Liens : 

  

Mardi 27 Novembre 2018


Les Barques Solaires de Kalnes

Ceci sont des gravures rupestres de l'âge du bronze nordique. Ce sont celles de Kalnes, Sparsborg en Norvège. Elles présentent une grande quantité de barques solaires, motif très en vogue lors de cette période très marquée par les symboles solaires. La période se situe entre 1800 et 500 avant notre ère.

 

En bas à gauche se trouve un symbole qui est un signe proto-runique, très certainement à relier avec l'archétype du Dieu Tiwaz.

 

Hathuwolf Harson

 

 

Vendredi 7 Décembre 2018


Des Rasoirs Sacrés et le Voyage Mythique du Soleil...

Partie 01/05

À continuation se trouvent quatre photos numérotées de 1 à 5 de rasoirs de l’âge du bronze proto-germanique. La photo de ce fil permet de découvrir quelques rasoirs parmi les très nombreux qui furent découverts. Ils datent entre les 12è et 9è siècles avant l’ère actuelle. Sur ces rasoirs furent gravés des scènes mythologiques de cette lointaine époque pour laquelle nous n’avons que l’archéologie comme source. Heureusement les études comparatives de l’archéologue danois Flemming Kaul du musée national de Copenhague ont permis de mieux comprendre cette vision religieuse de nos lointains ancêtres païens de l’âge du bronze. Il fut d’ailleurs un des spécialistes qui ont étudié et déchiffré les messages symboliques du disque céleste de Nebra. 

 

Comme nous l’avons vu pour ce disque céleste, à l’âge du bronze proto-germanique apparaît une nouvelle vision mythologique, celle de la barque solaire. Cette vision symbolique se basait sur le voyage du soleil que réalisait chaque nuit l’astre-roi aux travers des ténèbres de la nuit. Ce voyage il l’effectuait sur un bateau, d’où le nom de barque solaire. Mais le bateau ne représentait qu’une partie du voyage cyclique du soleil, car nous allons voir qu’entrent également en scène des animaux à forte valeur symbolique comme le poisson, le cheval, et le serpent. 

 

Ce mythe de la barque solaire puise sa connaissance dans la conception cyclique du temps, l’éternel retour, l’équilibre et la renaissance des forces vives. Ce symbole de la barque solaire se retrouve aussi dans l’Égypte ancienne, fait assez étrange car les historiens sont convaincus qu’il n’y a jamais eu de contacts entre les cultures du bronze germano-nordique et l’Égypte de l’antiquité. 

 

Une autre question vient bien-sûr à l’esprit en voyant ces objets. Pourquoi graver des représentations mythologiques sur des rasoirs ?… La réponse est plutôt simple et nous l’avons déjà vu pour plusieurs inscriptions runiques. Il s’agissait de magie. Ces représentations sacrées étaient censées porter chance à leur propriétaire, et pour qu’elles agissent de manière effective, il fallait qu’elles soient d’une manière ou d’une autre en contact physique avec la personne. Les objets de la vie courante comme les rasoirs ou les peignes se prêtent perfectement à la réalisation de cet objectif qui est le contact physique entre personne et représentation symbolique. 

  

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Jeudi 13 Septembre 2018


Le Rasoir du Jütland et la Magie de l'Aube...

Partie 02/05

 Sur ce rasoir on peut distinguer le soleil tout à fait à gauche accompagné d’un poisson. On reconnaît également deux barques dont une plus grande que l’autre. La grande barque fut interprétée comme étant la barque de la nuit tandis que la petite barque représente la barque de l’aube.

 

Le soleil sur cette scène change de barque. Il sort de la barque nocturne pour se rendre dans celle de l’aube. Pour cela il est tiré par un poisson mythique à travers le monde obscur des profondeurs océanes. Alors que la barque de la nuit repart vers la gauche, celle de l’aube empruntera son chemin vers la droite. 

 

Dans les anciens textes indo-aryens, le poisson est la monture du Dieu Varuna, car il est l’animal qui justement est associé aux notions de renaissance et de restauration cyclique. Ces notions qui se manifestent à la surface des eaux chaque matin, coïncident parfaitement avec notre soleil qui rejoint la barque de l’aube afin de renaître pour un nouveau jour.. 

 

Quant-au symbole de la barque, dans de très nombreuses sources indo-européennes, il est lié à la notion de voyage du mort vers l’au-delà, vers les autres mondes. C’est ainsi qu’on retrouvera bien plus tard chez les vikings des tombes en forme de bateaux. Lorsque le Dieu solaire Balder meurt, sa dépouille fut mise sur un navire auquel on mit le feu. Après un séjour au royaume des morts, le Dieu Balder renaît tout comme le soleil qui revient après chaque aube. Il semble clair que le mythe germano-nordique du Dieu Balder est la continuation logique de la conception religieuse de la barque solaire de l’âge du bronze. 

  

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Jeudi 13 Septembre 2019


Le Rasoir de Neder HVOLRIS et le Cheval Solaire...

Partie 03/05

Sur ce rasoir on reconnaît à gauche la barque solaire de l’aube. Mais le soleil ne s’y trouve plus car on peut le distinguer derrière un cheval. Voici une photo détaillée de cette scène=> http://www.guderoggrave.dk/tema/1027470.jpg. Ce cheval mythique vient sortir de la barque de l’aube le soleil afin de l’élever vers les cieux dans sa course au zénith. Le soleil tiré par un cheval rappelle bien-sûr le Char Solaire de Trundholm. De plus cette image mythologique nous renvoie aussi à celle de la Déesse du Soleil Sunna / Sól qui chevauche les cieux sur un char tiré par deux chevaux.

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • Flemming Kaul (archéologue danois, Musée national de Copenhague) in „Kleine Reihe zu den Himmelswegen“ „Die Himmelsscheibe von Nebra“ 
  • Faszinosum Lausitzer Kultur 

 

 

Lien :

 

Jeudi 13 Septembre 2018


Le Rasoir de Vandling, le Voyage Continue...

Partie 04/05

Sur ce rasoir on distingue dans une barque le soleil à gauche, et à droite ce qui est interprété comme un cheval atterrissant dans la barque. 

 

Selon les analyses des spécialistes, cette scène mythologique représente le moment où le cheval solaire atterrit sur la barque nocturne afin d’y déposer le soleil. Ceci est donc la continuation cyclique de ce voyage du soleil. 

  

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • Flemming Kaul (archéologue danois, Musée national de Copenhague) in „Kleine Reihe zu den Himmelswegen“ „Die Himmelsscheibe von Nebra“ 
  • Faszinosum Lausitzer Kultur 

 

 

 

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Jeudi 13 Septembre 2018


Le Rasoir de Rosklide... La boucle est bouclée...

Partie 05/05

Sur ce rasoir on peut observer la conclusion de ce voyage mythique du soleil. Sur la gauche de la barque nocturne on peut observer 2 soleils. Cette double représentation est une marque de la régénération cyclique, le soleil qui renaît de lui-même, l’éternel retour, comme l’oiseau phénix qui renaît de ses cendres. 

 

À droite on distingue un grand serpent. C’est ce serpent qui vient chercher le soleil afin de le mener vers l’infra-monde, le monde de l’obscurité, monde duquel le soleil reviendra au matin suivant. Ainsi se boucle cette belle scène mythologique venue du plus profond des âges. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

  • Flemming Kaul (archéologue danois, Musée national de Copenhague) in „Kleine Reihe zu den Himmelswegen“ „Die Himmelsscheibe von Nebra“ 
  • Faszinosum Lausitzer Kultur  

 

 

Lien :

 

Jeudi 13 Septembre 2018