Hällristningar

Nos Anciens Symboles Païens d'Europe...

Des Runes avant les Runes...

Sur la photo on peut observer les symboles nommés Hällristningar. Ces symboles sont issus de l'âge du bronze germano-nordique et furent datés entre 1800 et 500 avant notre ère. Ils sont donc largement antérieurs aux runes qui apparaissent au 1er siècle de notre ère. Les Hällristningar sont révélateurs de cette époque où les Indo-Européens finissent leur enracinement sur le vieux continent. 

 

Sur la 1è ligne du croquis, on distingue de nombreux symboles solaires (roues solaires, cercles, swastikas,...), mais aussi deux croix à 4 branches égales qui sont des symboles liés à la Terre-Mère. 

 

Certains symboles sur la 3è ligne peuvent être associé à la pluie (1er et 3è symboles), au serpent chtonien (4è et 5è symboles), à la Terre (le carré avec la croix en son intérieur). 

 

Sur la 4è ligne, on retrouve des symboles guerriers (flèche, lance, hache), des symboles antropomorphes, ainsi que deux symboles (3è et 4è) qui pourraient figurer l'arc-en-ciel ou bien symbole féminin lié à la poitrine nourricière. 

 

Puis, il existe toute une série de symboles qui rappellent grandement les runes, lesquelles apparaîtront quelques siècles plus tard durant l'âge du fer germanique. Depuis quelques décennies déjà, les runologues débattent sur l'origine des runes. En tant que païens, nous savons que le Dieu Wodan / Óðin est à l'origine des runes, mais ceci reste à nuancer, car le Dieu ne les a pas inventé puisqu'il est dit dans les Eddas qu'il les ramassa durant son sacrifice initiatique à l'arbre cosmique. Elles existaient donc auparavant, elles sont antérieures à Wodan / Óðin. D'où venaient les runes alors?...

 

Certains spécialistes des années 60 comme Lucien Musset s'étaient acharnés à vouloir démontrer que les runes n'étaient pas d'origine germano-nordique. Ils attribuaient aux runes une origine purement méditerranéenne. Cette démarche relevait plus de l'idéologie germanophobe qu'autre chose, une démarche très à la mode dans les années de l'après-guerre... Ce même Lucien Musset disait d'ailleurs que les runes n'étaient qu'une simple écriture et rien d'autre. On aurait cherché à désacraliser les runes et à tuer leur identité, qu'on n'aurait pas mieux fait. Heureusement que l'archéologie a démontré que la réalité était toute autre.

 

À la vue des symboles Hällristningar de l'âge du bronze germano-nordique, on peut affirmer sans l'ombre d'un doute, que de nombreuses runes trouvent leur origine dans ces anciens symboles autochtones du grand Nord européen. On reconnaît en effet parmi les gravures rupestres de la photo des runes telles que Algiz, Tiwaz, Ingwaz, Dagaz, Hagalaz, ou encore þurisaz. Des symboles liés comme ceux de la 2è ligne sont très probablement à l'origne de runes telles que Fehu, Ansuz, Laguz, etc... 

 

Par ailleurs, il faut admettre que certaines autres runes peuvent avoir une origine méditerranéenne, en particulier issues de la culture étrusque. Le casque de Negau a démontré que les Germains avaient été en contact avec les symboles d'écriture étrusque, ce qui permet de penser que les Germains en ont intégré dans leur premier Fuþark. Des runes telles que Wunjo, Raido, Berkana, ou encore Kennaz, pourraient bien avoir une origine graphique issue des cultures méditerranéennes. Voici un tableau présentant les symboles étrusques et grecs de l'antiquité.

 

Mais, malgré un certain apport graphique venu du Sud, il est clair et évident que la grande majorité des runes prend ses racines dans la propre culture germano-nordique de l'âge du bronze, et n'ont pas eu besoin d'une importation étrangère.

 

Hathuwolf Harson

 

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Mercredi 28 Novembre 2018


Des Runes avant les Runes...

De l'Art Divinatoire...

Voici des petits morceaux de bois qui portent des signes gravés. Ils sont datés de l'âge du bronze. En bleu se trouvent les possibles évolutions runiques. Ces bouts de bois furent trouvés sur le site archéologique de Kelchalpe au Tyrol, dans l'actuelle Autriche. Ils proviennent exactement de ce que les historiens ont nommé la civilisation des champs d'urnes. Elle se situe sur la fin de l'âge du bronze, une époque donc pour laquelle on ne peut officiellement pas encore parler de l'existence de runes en tant que telles.

 

Ces bouts de bois étaient lors de leur découverte réunis par paquets de deux ou de quatre. Plusieurs types de bois furent utilisés pour leur création: sapin, sapin rouge, noisetier, et sorbier. Depuis longtemps déjà, des spécialistes de ce site archéologique comme Ernst Preuschen et Richard Pittioni (1931-1936), ont avancé l'idée que ces bouts de bois devaient très certainement être des "Loshölzer" des bouts de bois destinés à l'art divinatoire. Ils font le rapprochement avec le célèbre passage de Tacite lorsqu'au 1er siècle de notre ère il décrit que les Germains avaient l'habitude de graver des signes sur des petits bouts de bois qu'ils lançaient ensuite sur un tissu blanc afin de prédire l'avenir.

 

Il faut rajouter ici que certaines interpétations ont voulu voir dans ces signes de Kelchalpe des possibles chiffres. Mais ceci reste peu probable étant donné que cette théorie se base uniquement sur des suppositions. Le rapprochement de ces symboles avec les futures runes germaniques, lui par contre, semble être une évidence graphique. On reconnaît des runes comme Thurisaz, Gebo, Tiwaz, Uruz, Laukaz, Isa, et Kenaz. Sur la photo le lecteur appréciera la valeur de ces possibles rapprochements graphiques entre symboles de Kelchalpe et runes germaniques. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

 

Dimanche 9 Décembre 2018