Galdrastafir - Le Vegvisir

Le Vegvisir, le grand guide

L’Islande au-delà de sa christianisation en l’an mil conserva de nombreuses traces de son passé païen. Cela ne se fit pas sans heurts car le christianisme condamna encore et toujours les coutumes issues du paganisme. C’est ainsi par exemple qu’en 1626 en Islande, 22 personnes furent brûlées vives. Elles furent condamnées par l’église chrétienne au bûcher pour pratiques de sorcellerie. La première de ces personnes à mourir sur le bûcher de l’inquisition chrétienne le fut parce qu’on avait trouvé sur elle un signe runique. Pour la simple possession d’une seule rune, l’église chrétienne, dans son obscurantisme total et sa haine aveugle des racines païennes, envoyait à la mort de pauvres innocents. En 1639, les autorités ecclésiastiques d’Islande interdirent définitivement l’utilisation des runes. La grande partie des islandais qui avaient maintenu en secret les anciennes coutumes païennes s’empressa de détruire toute trace de leur "péché" étant donné que la menace d’une mort sur le bûcher "purificateur" n’était pas une perspective véritablement réjouissante. 

Cette magie islandaise du moyen âge était issue de leur passé païen. "Sorcellerie" fut le terme que les chrétiens utilisèrent pour qualifier cette magie. Cette magie islandaise s’exprima de diverses manières. Les Galdrastafir sont l’une d’elles. Ce terme de Galdrastafir se traduit par "bâtonnets, ou baguettes magiques". Ces Galdrastafir sont la plupart du temps des évolutions graphiques à partir des anciennes runes islandaises. Leurs combinaisons donnèrent le jour à de puissants talismans dont la finalité était très variée. Certains de ces talismans avaient pour fonction la protection, d’autres la malédiction, ou tout simplement l’aide dans certaines entreprises concrètes. Dans toute une série d’articles, nous verrons quelques-uns de ces bâtonnets magiques.

 

Nous commencerons ici par le talisman connu sous le nom de Vegvisir. Il est représenté au centre sur la photo. Le terme islandais de Vegvisir se retrouve dans une autre langue germanique, en allemand, où on le nomme "Wegweiser", ce qui se traduit par «celui qui indique le chemin». Et c’est là justement sa fonction, celle de guider et de permettre de trouver la voie. Par mauvais temps et durant une tempête, il fallait porter ce symbole afin de ne point se perdre. Celui qui portait sur lui le Vegvisir était protégé de manière magique contre toute possibilité d’égarement. 

 

Comme on peut le constater, ce symbole n’est pas composé de runes à proprement parler, mais par des signes dont le graphisme rappelle certaines runes ou autres symboles païens. Les huit branches qui forment le support cruciforme sont à mettre en parallèle avec la roue solaire à 8 branches. Cette roue solaire indique les deux solstices et les deux équinoxes ainsi que les célébrations intermédiaires telles qu’elles furent connues par la tradition celtique (Imbolc, Lughnasad, Samhain, Beltaine). Le rapport avec un «guide des chemins» semble plutôt évident lorsqu’on se rappelle que la roue solaire, tout comme une boussole moderne, est un symbole qui révèle le chemin du soleil dans sa course quotidienne ou annuelle. On pourrait le qualifier ainsi de véritable "guide des cycles". 

Les extrémités de ces branches trouvent très certainement leur origine dans la rune Man du Futhark récent, dont le graphisme est identique à l’ancienne rune Algiz du Futhark germanique commun. La rune Man est celle de l’homme réalisé, ce qui se comprend ici comme l’homme protégé dans sa quête afin qu’il ne perde point son chemin et la voie à suivre. 

Certains symboles qui croisent les bâtonnets rappellent des croissants de lune. Ces symboles lunaires seraient un appel à la puissance de la lune afin qu’elle soit une aide dans la quête du bon chemin. Tout comme le soleil, elle sert de guide. Elle éclaire les chemins dans l’obscurité de la nuit. 

Sous les extrémités des «runes» Man se trouvent 9 petites barres rectilignes, un chiffre qui n’est pas sans rappeler les 8 branches de notre roue solaire plus son centre. Par ailleurs le chiffre 9 est symboliquement mis en parallèle avec un nouveau cycle, ce qui se comprend ici comme une nouvelle voie qui s’apprête à s’ouvrir. 

 

Voilà en gros ce que l’on peut dire du Vegvisir du point de vue symbolisme païen. Les secrets liés à sa conception originelle resteront quant à eux à tout jamais un mystère étant donné que l’église chrétienne a fait détruire une grande majorité des documents anciens qui auraient pu nous éclairer sur la question. 

 

Hathuwolf Harson

 

Sources :

Heilige Runen, Géza Von Neményi

Symboles Magiques Islandais

Huld Manuscript of Galdrastafir Witchcraft Magic Symbols and Runes

 

Jeudi 29 Juin 2017

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